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Tentative de rabibochage

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Il y a, si ça se trouve, dans l’air et à pas feutrés, une amorce de réconciliation entre l’Algérie et la France. Les relations entre les deux pays, déjà traversées par des tensions cycliques, se sont exacerbées à la fin du mois de juillet 2024. La date à laquelle le président français Emmanuel Macron a déclaré reconnaitre la « marocanité » du Sahara occidental. Ce pari très risqué allait sérieusement plonger l’Algérie et la France dans la plus grave crise en cours depuis 1962. Les tensions et les incidents diplomatiques se sont multipliés. En un mot, les relations ont touché le fond. On ne comptait plus le nombre des rappels et convocations, d’un côté comme de l’autre, des ambassadeurs des deux pays. À cela s’ajoutait une cascade d’expulsions de diplomates. Pendant toute cette période, une violente campagne politico-médiatique a été animée par la nébuleuse raciste de l’extrême droite et dirigée contre l’Algérie. Brunot Retailleau, pour ne citer que le représentant attitré de l’aile dure et anti-algérienne du gouvernement français, était le fer de lance. Mais depuis sa mise à l’écart après l’échec de tous les leviers qu’il aurait activés, lui et ses semblables, comme l’affaire Sensal, les OQTF, les visas… l’espoir d’un apaisement et d’un retour à des relations normales était envisageable. Arrivée comme une lumière, en fin janvier 2026, à Alger, Ségolène Royal, la présidente de l’Association France – Algérie, a porté un sacré coup aux lobbies qui travaillent contre la réconciliation des mémoires entre les deux pays. Après un séjour long et dense à Alger où elle était porteuse d’un message de réconciliation entre les deux pays, Mme Royal a fait la promesse de rentrer à Paris avec l’idée d’aller voir le président Emmanuel Macron à l’Élysée pour le convaincre de faire un premier geste d’apaisement en accédant aux exigences mémorielles de l’Algérie. Un premier pas qui devrait, selon la candidate aux présidentielles de 2007, débloquer le dialogue politique entre deux pays. Après Mme Royal, c’est le ministre français de l’Intérieur, le très officiel, Laurent Nunez, de débarquer à Alger. Il faut dire qu’au-delà de l’agenda de cette visite qui consistait à rétablir la coopération sécuritaire et celle ayant trait à l’immigration, la démarche d’apaisement prônée par Nunez a joué en faveur d’une amorce du dialogue. Les autorités françaises ont-elles, enfin, compris qu’il faut respecter la souveraineté de l’Algérie et arrêter les manœuvres, et les provocations à son égard pour espérer, avec la bonne foi requise en pareille situation de crise, reprendre des relations normales ? Dimanche, place au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de prendre attache, par téléphone, avec son homologue algérien, Ahmed Attaf. Signe de la fin de la brouille diplomatique ? Les deux ministres ont, en tout cas, discuté des relations bilatérales, dans leur état actuel et leurs perspectives. Attaf et Barrot ont aussi parlé des dossiers internationaux comme la situation prévalant dans la région sahélo-saharienne et le conflit explosif au Moyen-Orient.

Farid Guellil

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