décharges anarchiques

Tamanrasset : Les décharges anarchiques, points noirs dans le paysage urbain

Le milieu urbain de la ville de Tamanrasset est confronté à des contraintes environnementales aggravées par la prolifération des décharges anarchiques constituant des points noirs altérant le paysage d’une région à vocation touristique.

Des rues et ruelles des quartiers Adriane, Sersouf, jouxtant l’Oued de Tamanrasset, ainsi que le centre-ville, le quartier populaire Sorro, les cités Essalem, la Concorde et In-kouf, ainsi que des endroits exploités pour le commerce informel souffrent de cette situation alarmante, au regard des tas de déchets ménagers jonchant ces lieux sous l’œil parfois indifférent des citoyens. Une situation similaire de délabrement est relevée au niveau du site d’abattage clandestin du quartier de Tihagouine, jouxtant le marché à bestiaux et qui connait l’abattage quotidien, loin du contrôle vétérinaire et sanitaire, d’un important cheptel, sans se soucier de la collecte des résidus des bêtes immolées et des conditions d’hygiène, faisant des lieux un foyer propice à la prolifération de vecteurs de maladies. Entre-autres facteurs de dégradation de l’environnement et du milieu urbain de la ville de Tamanrasset, l’on relève la conversion des berges et le lit du grand oued traversant la ville de Tamanrasset en décharges anarchiques des déchets et détritus, dont les répercussions et conséquences pèsent lourdement sur la santé des populations des sept quartiers jouxtant l’Oued. Les services de la commune de Tamanrasset déploient, en dépit des moyens limités dont ils disposent, de grands efforts en matière de nettoiement et d’hygiène, mais la situation demeure en quête de davantage d’interventions et de plans plus efficaces, estiment des responsables et des parties concernées par les questions de l’environnement. Par souci de préserver l’environnement et le milieu urbain local, plusieurs associations actives de la wilaya de Tamanrasset ont mis en avant la nécessité d’impliquer le citoyen dans les efforts pour la protection de l’environnement, en vue d’ancrer la culture de conservation d’un environnement salubre et sain en milieu urbain. Approchés par l’APS sur la dégradation de la situation environnementale à Tamanrasset, ces acteurs ont mis l’accent sur la nécessité d’associer le citoyen, considéré comme «maillon manquant» des programmes des pouvoirs publics, et les autres intervenants dans le volet de protection de l’environnement. Le président de l’association «Amis de l’Atakor», Bachir Arbaoui, a indiqué que les associations de quartiers et divers acteurs associatifs sont appelés à déployer davantage d’efforts pour sensibiliser le citoyen, en tant que «pièce maitresse», dans la contribution à l’ancrage de la culture environnementale et aux efforts visant la préservation du milieu. Selon M.Arbaoui, Tamanrasset est en bute à de sérieuses contraintes inhérentes à l’environnement, qui risquent d’hypothéquer sa belle image, telles que la prolifération des décharges anarchiques à travers ses rues, reflet d’un certain «manque de civisme». Il estime qu’il est du devoir des associations d’établir leurs programmes en fonction des efforts de la promotion de la culture environnementale en milieux sociaux, l’accompagnement des secteurs concernés pour répondre au développement et à l’extension urbain qu’a connus Tamanrasset ces dernières années et ayant donné lieu à la propagation alarmante de décharges anarchiques. Pour le responsable du bureau de l’Organisation de lutte contre la désertification et la protection de l’environnement de la wilaya de Tamanrasset, Cherif Limam, il appartient d’impliquer le citoyen aux différents programmes de protection de l’environnement, notamment urbain, à différents niveaux depuis la cellule familiale, jusqu’à l’école et l’entreprise, à travers des programmes de sensibilisation, d’organisation de campagnes de boisement et de nettoiement, à même d’accompagner les associations activant dans le domaine de l’environnement.

Efforts pour éradiquer les points noirs en milieu urbain
Face à la prolifération des points noirs altérant l’environnement, la Direction de l’environnement et des énergies renouvelables (DEER) de la wilaya de Tamanrasset a établi un ambitieux programme pour l’éradication de ces défigurations, axé notamment sur l’organisation, par le personnel du secteur, de sorties de terrain à travers les diverses rues et ruelles de la ville de Tamanrasset pour recenser les décharges anarchiques de déchets avant le lancement d’une opération visant leur éradication, a affirmé le DEER, Amar Bencheikh. Le plan en question a permis de recenser, suite aux sorties de terrain ou par dénonciation sparvenues de citoyens, pas moins de 30 points noirs et décharges anarchiques qui ont été dans leur majorité éliminés, à la faveur de campagnes de nettoiement d’envergure qui se poursuivent actuellement dans cette collectivité et qui ont donné lieu au ramassage des déchets détritus accumulés au niveau des lits des oueds de Tamanrasset et Sersouf. De nouvelles installations environnementales ont été retenues pour la wilaya de Tamanrasset ces dernières années, dans le but de garantir une «meilleure» prise en charge de l’environnement local et l’éradication des décharges anarchiques, selon des responsables du secteur de l’environnement. Elles consistent en la mise en exploitation dernièrement d’un Centre d’enfouissement technique (CET) dans la localité de Tazrouk, en plus de la réception dans les prochains mois de structures environnementales similaires au niveau des régions d’In-Salah, In-Ghar, In-M’guel, qui viendront conforter celui implanté au chef-lieu de wilaya et un autre d’accueil des déchets inertes. A ces structures appelées à accueillir quelques 80 tonnes/jour de déchets, viennent s’ajouter l’équipement de la Maison de l’environnement qui assure, entre-autres missions, l’encadrement des associations concernées par le domaine, le renforcement des activités de sensibilisation des citoyens, l’entrée en service d’une station d’observation environnementale chargée de la lutte contre la pollution de l’eau, l’air et le sol. Des mesures visant à protéger l’environnement et le milieu urbain dans la wilaya de Tamanrasset, menacé de dégradation engendrée par la conjonction de plusieurs facteurs, viennent d’être prises par les services de la commune pour la prise en charge des déchets et autres résidus polluants. Elles portent sur l’entrée en service il y a un mois d’une nouvelle entreprise d’hygiène «Tam-Net» chargée du ramassage et le transport des déchets vers le CET, doté en moyens humains nécessaires (60 travailleurs) et divers moyens matériels portant sur six camions à benne-tasseuses et 11 autres camions relevant d’entreprises de jeunes montés par le biais de différents dispositifs de l’emploi, et de trois autres camions relevant des services de la commune, avant d’être renforcée prochainement par 10 nouveaux camions, a fait savoir son gérant, Abdelkader Khilouli. Pour mener à bien sa mission de protection de l’environnement et faciliter la tâche de collecte des déchets, le programme de cette entreprise prévoit la répartition de la ville de Tamanrasset en quatre districts pour éradiquer les décharges anarchiques et assurer une vie salubre et saine aux habitants. Par souci de valoriser les tas de déchets collectés, l’entreprise vient de signer des conventions avec deux entreprises de jeunes spécialisées dans le recyclage et le tri de déchets, pour une ré-exploitation par des entreprises d’artisanat et une contribution ainsi à la création d’emplois. La nouvelle rentrée scolaire 2018/2019 a été marquée par la mise en œuvre du protocole préventif à travers les 208 établissements scolaires répartis sur le territoire de la wilaya de Tamanrasset, y compris ceux existants dans les régions enclavées et frontalières de Tin-Zaouatine et In-Guezzam, et portant sur le respect des normes d’hygiène et la dotation des structures en moyens et produits d’hygiène, a indiqué la directrice de l’éducation de la wilaya de Tamanrasset, Sektou Bousbiât. Ce protocole sera appuyé, selon la même responsable, par la sensibilisation de 61.706 élèves que compte la wilaya sur les meilleurs moyens de préserver l’environnement, et la dynamisation des clubs verts en milieu scolaire pour éveiller la conscience sur la prise en charge de l’environnement. Entre-autres actions préconisées pour la protection de l’environnement, le respect des normes de stockage et de contrôle de l’eau des citernes, l’hygiène et la salubrité des 137 cantines scolaires à la satisfaction de 35.292 bénéficiaires, en plus de l’ouverture de 789 postes d’emplois (gardiens, cuisiniers et personnels d’hygiène), pour une meilleure gestion environnementale des structures pédagogiques dans la wilaya de Tamanrasset, selon la source.