Tahar Hadjar persiste et signe : « Le Cnes doit résoudre d’abord ses conflits internes »

Désormais, le torchon brûle encore entre le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) et leur ministre de tutelle, Tahar Hadjar. La dernière sortie médiatique du ministre du secteur de l’Enseignement supérieur ne laisse pas croire à une accalmie entre les deux parties. Ce dernier a, en effet, jugé qu’il est impératif pour le Cnes de résoudre ses problèmes internes avant de se pencher sur les problèmes de l’Université algérienne. « Le Conseil national du supérieur doit d’abord résoudre ses problèmes internes avant de songer dialoguer avec la tutelle », a déclaré le ministre, lors d’une visite d’inspection du pôle universitaire sis à la ville nouvelle de Sidi Abdallah, du projet de réalisation de 8 000 places pédagogiques à l’Université d’Alger 2, ainsi que du projet de réalisation de 4 000 lits à Bab Ezzouar. Et pour cause, « il n’y pas un seul Cnes mais bien plusieurs », a souligné le ministre. Interrogé sur la question de la réouverture du dialogue avec le Cnes, le ministre tempère en indiquant que « chaque chose en son temps ». Néanmoins, tant que le Cnes n’aura pas régler ses problèmes internes, le ministre exclut toute éventuelle réouverture du dialogue. à noter que la crise de légitimité au sein du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) remonte à plusieurs années. En effet, deux ailes se disputent la représentativité de ce syndicat, tandis que la tutelle se veut catégorique en affirmant que seules les lois de la Républiques seront appliquées.
D’ailleurs, le ministre du secteur a souvent affirmé qu’il « ne reconnaissait pas ce syndicat ». Pour rappel, deux ailes principales se disputent le leadership au sein du Cnes. Il s’agit d’Abdelhafid Milat et Abdelmalek Azzi. Plusieurs tentatives de rapprochement pour resserrer les rangs ont été lancées mais en vain. Chacun croit dur comme fer qu’il a la légitimité, pendant que la tutelle est catégorique et appelle à se conformer aux lois régissant l’activité syndicale.
Interrogé, par ailleurs, sur l’épineux dossier des soutenances des thèses de doctorat retardataires, le ministre a affirmé que chaque université « avance considérablement et le nombre de thèses soutenu augmente de manière satisfaisante ». Selon les chiffres, plus de 50 000 thèses attendent d’être soutenues, prenant ainsi, en otage la Recherche scientifique dans le pays. « Chaque universités établit son planning de soutenances en fonction des disponibilités », a affirmé le ministre, à cet effet, avant de noter qu’un « nombre important de thèses a été discuté cette année ». Autrement, le dossier sera clos dans les plus brefs délais. Pour rappel, le ministère de l’Enseignement supérieur a décidé de prolonger les délais de dépôt des thèses de doctorat et de magistère pour les retardataires. Le secrétaire général du ministère a adressé, le 18 juillet dernier, une instruction aux présidents des conférences régionales des universités portant prolongement de ce délai jusqu’à nouvel ordre.
La décision de prolonger, réclamée par les étudiants en post-graduation de l’ancien système (licence, magister, doctorat) a été déjà annoncée par le premier responsable du secteur, avant sa formalisation par l’envoi de l’instruction. Le délai de dépôt des thèses de doctorat pour les retardataires, fixé initialement au 30 juin, a été prolongé, a annoncé, fin juin, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar.
Lamia Boufassa