Sortie du Royaume-Uni de l’UE : le discours haineux et raciste de l’extrême droite conforté en Europe

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, (UE) aussitôt annoncée, très tôt hier matin, avec 52% de voix, a fait réagir les principaux acteurs politiques de l’extrême droite des pays membres de l’UE, appelant à la tenue d’un même référendum, dans leurs pays respectif. Pour l’extrême droite en Europe, la raison principale des conditions socio-économiques difficiles et des problèmes dont fait face l’UE, ne sont pas le résultat de la crise économico-financière de 2008, dont son impact est toujours en cours, mais celui de l’immigration et de la diversité culturelle, discours, qui a fortement nourri, ces dernières années, la xénophobie, le racisme et islamophobie, dans les pays membres de l’UE, dont le Royaume-Uni, qui, depuis, hier, n’en fait plus partie de cette union. La présidente du parti de l’extrême droite en France, sans surprise, a vite fait de réagir en saluant sur son compte Twitter, hier matin, une «victoire de la liberté » après le vote des Britanniques, en faveur de leur sortie de l’UE, réclamant, «le même référendum en France » a ajouté Marine le Pen , ainsi que «dans les pays européens » a-telle déclaré. L’ascension du souverainisme de droite, dans l’espace européen, remet à l’ordre du jour, la doctrine, qui au début des années 1950, soit cinq ans, faut-il le rappeler, après la fin de la deuxième guerre mondiale, s’était fortement exprimé dans le refus de ratifier la création de la CED (l’UE : NDLR). Rejetant tout ce qui peut, ce qu’une certaine droite européenne, et l’extrême droite en particulier, considèrent être une « menace » pour leur identité nationale. Discours qui a eu des échos dans l’espace européen, sur fond des conséquences dramatiques de l’ultralibéralisme, générant une mondialisation sauvage, Alors que pour les représentants de la société civile, en charge des questions des droits de l’Homme, notamment ceux activant dans le domaine du respect des droits socio-économiques, considèrent que l’UE s’est construite en « favorisant», le monde des finances, du capital et donc la libre circulation des marchandises, au détriment des aspirations des peuples et de leurs attentes respectives quant à leur adhésion à l’UE. Au discours précité de l’extrême droite européenne, celui de la gauche sur l’UE, s’était axé, en général, sur le transfert de l’exercice du pouvoir vers le centre de l’UE, à Bruxelles, par des hommes et des femmes non élues, générant ainsi «un déficit démocratique» mais aussi une distance non moindre des aspirations des peuples des pays membres de l’UE. Fonctionnement qui n’a pas été sans conséquences, sur la société européenne, notamment en matière de mesures et décisions dans le domaine socio-économique, dont les conditions de l’UE pour traiter la crise économico-financière en Grèce, a plongé celui-ci et son peuple dans une spirale, après avoir fermé longtemps ses yeux sur les dépenses faramineuses de son budget, au profit des détenteurs d’importantes fortunes, faussant l’économie réelle de la Grèce, qui s’écroule depuis sous des dettes colossales. Ces raisons parmi d’autres, ne figurant pas, sans surprise, dans le discours propagandiste de l’extrême droite en Europe, laquelle préfère mettre en avant, la diversité culturelle et la venue d’étrangers, dans l’espace européen, comme étant les raisons principales des difficultés notamment économiques dont fait face l’UE et la menace terroriste qui demeure présente, comme le soulignent les leaders européens, alors que le terrorisme frappe partout dans le monde, et le plus grand nombre de ses victimes sont les pays arabes et musulmas,-Afghanistan, Irak, Syrie,Yémen, Égypte, Liban, Tunisie, Somalie, Libye, Nigeria et le Mali, pour ne citer que ces pays. L’extrémisme qui se nourrit incontestablement d’un autre extrémisme, celui du terrorisme, l’extrême droite européenne, et après la décision des Britanniques de sortir de l’ UE, va accentuer son action et son discours politique, sur les questions qui font son agenda, l’immigration et l’Islam ainsi que le multiculturalisme en discourant, comme à ses habitudes sur l’insécurité et le terrorisme, , en entretenant l’amalgame entre l’Islam et le terrorisme. C’est sur ces questions précisément, que l’extrême droite à travers l’Europe s’appuiera davantage pour attirer vers elle, notamment les conservateurs, déçus de l’incapacité des responsables européens à répondre à leurs attentes et préoccupations, en matière d’emploi, notamment au regard de l’impact de la crise économico-financière dans ces pays riches, ayant pour conséquence non moindre, le repli sur soi, sentiment favorisant la poussée de l’extrême droite. La mondialisation sauvage a poussé au devant de la scène la préférence nationale, laquelle dénonce le cosmopolitisme, le multiculturalisme et pointant du doigt la présence des étrangers, faisant fi du rôle joué durant des années par ces différentes générations pour que la machine économique des pays européens, se classe au premier rang des pays riches et puissants, pour ne citer que le Royaume-Uni. Et si les avancées de l’extrême droite britannique demeurent encore faible, les conditions de les voir plus importantes, sont malheureusement réunies en l’absence de réponses effectives à l’impact de la crise économico-financière, toujours en cours dans les pays riches dont ceux de l’UE. . Et pour occulter les vraies raisons de cette crise, qui mieux que l’extrême droite pour tenir des discours haineux et racistes, au devant de la scène politico-médiatique, pour responsabiliser les étrangers dans la crise de l’emploi, et ceux parmi eux de confession musulmane, sont perçus comme « étant des terroristes potentiels», ainsi que pour les européens musulmans. Et c’est par crainte de voir cet extrémisme prendre davantage d’ampleur et d’impact au sein de la société au Royaume uni, que le Conseil des musulmans britanniques (MCB), que préside Omer El Hamdoon, a averti, jeudi, jour de la tenue du référendum que «sortir de l’UE, c’est courir le risque de perpétuer les clivages dans la société », ce qui augmenterait, a-t-il ajouté , « les niveaux de crimes haineux contre les musulmans britanniques ».a déclaré le président du (MCB).
Karima Bennour