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Session de rattrapage du DEMS : Les résidents dénoncent une «guerre psychologique» de Hadjar

Alors que des assemblées générales auront lieu aujourd’hui et demain, pour statuer quant à un éventuel boycott de la session de rattrapage du DEMS, prévue du 1er au 19 juillet prochain, les médecins résidents se disent disposés à relancer les négociations avec le gouvernement.

Face à la nouvelle tournure qu’a pris le conflit des médecins résidents, après l’annonce du ministère de l’Enseignement supérieur d’organiser une session exceptionnelle du DEMS, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra ) a dénoncé une « guerre psychologique visant à diviser les médecins résidents ». Pour le Dr Meriem Hadjab, membre du bureau national du Camra, qui s’exprimait, hier, lors d’une conférence de presse, « la tenue des examens de première année, ainsi que le DEMS n’est qu’une énième provocation qui vise à diviser les résidents ». « On dénonce l’attitude du ministère de l’Enseignement supérieur, qui n’a pas participé aux négociations et n’a pas fait d’efforts pour débloquer la situation », a déclaré la résidente qui accuse le département de Tahar Hadjar d’« œuvrer à envenimer la situation davantage ». Selon la représentante du Camra, « cette note ministérielle est une façon de vouloir enterrer le mouvement et nier la légitimité de sa revendication ainsi que des luttes menées par ses membres depuis sept mois ».
Pour sa part, le Dr Mohamed Taileb a qualifié ces examens de « moyen de chantage », or que les examens sont sensés être un « moyen d’évaluation ». D’autre part, les représentants du Camra ont tenu à préciser que deux demandes d’audiences ont été déposées hier au niveau des départements de Tahar Hadjar et de Mokhtar Hasbellaoui. Répondant à une question, si la nouvelle session du DEMS, sera boycottée à nouveau, les représentants du CAMRA ont fait savoir que des assemblées générales auront lieu aujourd’hui et demain pour se décider. En effet, les résidents en fin de formation post-graduée pourront à eux seuls prendre la décision.
Néanmoins, les conférenciers tiennent à dénoncer le fait que cette démarche n’a pas respecté le délai réglementaire d’annonce de un mois, comme le stipule l’arrêté ministériel 1137 de novembre 2015 portant organisation et modalité d’évaluation et de progression du cycle de formation en vue de l’obtention du DEMS. Ce n’est pas tout, puisque ils accusent la tutelle d’exercer des pressions sur les inscriptions. « Les réinscriptions au DEMS sont accompagnées de mesures d’intimidations, puisque les résidents sont contraints de signer un engagement pour ne pas boycotter l’examen à nouveau », explique de son côté le Dr Khebraoui.

On est prêts à faire des concessions….
Pour sa part, le Dr Zahra Afiri a regretté le blocage de la situation, dénonçant que la tutelle ait fait la sourde oreille à la proposition de reprendre les gardes en contrepartie d’une invitation au dialogue.
« Le blocage ne vient pas des médecins résidents », a précisé le Dr Afiri qui note que « les résidents étaient prêts à mettre un terme à la grève rien que pour décrocher une réunion avec la tutelle ». « On a utilisé tout les moyens pour provoquer une simple réunion. Mais on n’a rien eu. Aucune nouvelle proposition n’a été formulée depuis des mois, malgré le fait qu’on a tendu la main à la tutelle », a-t-elle déploré. Dans le détail, elle rappellera que le ministère de la Santé a formulé des propositions aux grévistes, contrairement au ministère de l’Enseignement supérieur qui n’a cessé d’adopter le « discours des sanctions». Plus loin, la représentante affirme que «les résidents sont toujours aussi déterminés et solidaires », annonçant à cet effet, que les futurs spécialistes sont «ouverts au dialogue et à faire des concessions ». Toutefois, la seule concession que le Camra n’est pas prêt à faire est celle de « laisser un résident abandonné et encaisser à lui seul le préjudice de cette grève ».
Lamia Boufassa