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21 février 2024
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Sénatoriales, constitution et article 51 : Ouyahia réplique à Saâdani

La guéguerre qui sévit entre le RND et le FLN, il ya quelques mois déjà, relève désormais du secret de Polichinelle. Même lorsqu’il s’agit des sujets «brûlots» qui divisent les deux partis majoritaires. Le ton des discours échangés entre les leaders des deux formations politiques est enclin à la mue et s’accentue au fil de l’actualité. Même si, de son côté, Amar Saâdani n’a jamais été frugal. dans ses déclarations assénées à son rival. Se rachetant de son long silence dû à son éclipse de la scène médiatique prolongée de plusieurs jours, Ahmed Ouyahia rest revenu, hier, à l’occasion de la tenue de la 5e session du conseil national de son parti, pour «corriger» son adversaire. Jusque-là prudent dans ses déclarations, il se gène plus, aujourd’hui, à critiquer vertement son alter égo. Un petit saut rétroactif dans le passé récent, fera rappeler que le bal des hostilités a été inauguré par la question de la formation d’une coalition de soutien au programme politique du président de la République, où le divorce a fini par être consommé entre les deux frères-ennemis. L’enjeu était de taille. Chacun des deux rivaux a tenté d’exploiter au mieux cette question pour le besoin de faire rallier le plus de soutiens politiques, voire même partisans, possibles, à même de capitaliser les dividendes des échéances à venir, qui ont marqué tout récemment la scène nationale. Ce sont au moins deux haltes, importantes soient-elles ou pas pour l’avenir du pays, et lesquelles ont relancé à nouveau ce qui s’apparente à un processus semé de toutes sortes d’hostilités échangées entre les deux partis à coup de déclarations tonitruantes. Ce sont les élections sénatoriales et le projet de la révision constitutionnelle, pour n’en citer que ces événements saillants, ajoutés au texte de loi le plus controversé qu’il soit, la LF-2016 notamment. Lors de l’entame de son discours devant les membres du conseil national de son parti, Ouyahia a relevé son satisfécit pour ce qui est des résultats obtenus du dernier scrutin sénatorial, qui a vu le RND reconquérir encore une fois la majorité à la première chambre parlementaire. Selon les résultats validés par le Conseil constitutionnel, au total, le RND sort vainqueur dans la course avec 43 sièges contre 40 qui reviennent au FLN, des résultats à la faveur desquels, Abdelakader Bensalah qui est d’obédience RND a été reconduit à la tête du sénat. Mais, en mauvais perdant, Saâdani n’a pas digéré sa défaite et est allé jusqu’à réclamer 47 sièges, si l’on prend en compte les 7 élus issus de la liste des indépendants dont le patron de l’ex-parti unique s’adjuge de l’adhésion. Ayant perdu d’avoir la présidence tant réclamée du Conseil de la nation, Saâdani et son équipe n’ont pas baissé les bras et se sont lancés en bataille pour se placer dans le bureau de cette assemblée. Le pressing mené a d’ailleurs payé, puisque la deuxième vice-présidence leur été accordée, après qu’Ouyahia concède au bout de quelques jours de lutte sans relâche. Pour le premier responsable du RND, cette concession trouve sa justification par «l’esprit de responsabilité», afin, a-t-il indiqué, de pallier à tout «blocage» de la chambre haute du Parlement national. Mais, Ouyahia n’a pas manqué le lendemain de tirer sur son rival. En employant des termes à peine voilés, il a laissé entendre que contrairement au FLN, son parti à obtenu des résultats «propres», grâce à la «mobilisation de nos propres élus», a-t-il répliqué à Saâdani, qui, lui, a dû faire appel aux élus indépendants qui ont renforcé son groupe parlementaire pour pallier à la longueur d’avance prise sur lui par le RND.

L’autre point de discorde que partagent les deux rivaux, est la révision constitutionnelle, sur laquelle le chef de la deuxième force politique s’est attardé pour encenser un projet ayant répondu selon lui, à toutes les aspirations de la société et ayant donné une réponse à la classe politique et précisément devant les recommandations émises lors des consultations qu’il avait lui-même pilotées, en tant que directeur du cabinet de la présidence de la République. à ce titre, l’orateur a tenté de faire taire les critiques de l’opposition en estimant que le chef de l’état a tenu ses engagements quant à opérer une profonde réforme de l’état, selon les promesses faites en avril 2011. Mais là aussi, Ouyahia n’a pas manqué de répliquer à son adversaire qui a dénoncé la disposition incorporée dans la mouture du projet, celle traitant notamment de la question de binationaux. En effet, jugé «discriminatoire» envers la communauté binationale résidente à l’étranger, l’article 51 a été fortement critiqué par Saâdani, accusant même son rival du RND d’en être l’auteur de cette disposition qui n’a pas figuré selon lui dans les recommandations des participants à l’élaboration du texte de la première loi du pays. Devant la furie suscitée par l’article controversé, Ouyahia, en quelque sorte, apporte de l’eau au moulin de son adversaire, puisque l’ex-chef du gouvernement a défendu bec et ongle la mesure en question. Ainsi, devant la furie suscitée, il tente de dissiper les ardeurs en estimant que l’article 51 vise «tout simplement» à prémunir le pays contre toute ingérence étrangère. Et d’ajouter qu’il s’agit par cette mesure de garantir à l’Algérie qu’elle soit représentée au sommet des niveaux de responsabilité par ses enfants, parmi ceux exclusivement qui lui sont, envers elle seule, loyaux, a-t-il expliqué, pour lever toute ambigüité quant aux amalgames qu’aurait suscitée une telle disposition. En effet, après avoir étudié le texte de la nouvelle Constitution en Conseil des ministres, le président de la République avait décidé d’amender l’article 51, par l’élaboration d’un avant-projet de loi, où le Parlement a été invité à définir la liste des hautes fonctions au sein de l’état qui seraient concernées par cette mesure. Les débats sur cette question s’annoncent d’ores et déjà houleux avant le jour «j». Et pour cause, Ouyahia met au grand jour sa position et fixe d’emblée une ligne rouge à ne pas franchir. Pour lui, un binational qui ambitionne de postuler à la fonction, à titre d’exemple de wali, à entendre jusqu’au sommet de la hiérarchie étatique, n’a qu’à renoncer à sa nationalité étrangère. Du coup, l’on sera tenté d’affirmer que Saâdani ne pourrait se passer d’une telle déclaration sans en rajouter une couche, à une polémique ayant déjà atteint son paroxysme.
Farid Guellil

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