Un Palestinien a été assassiné et plusieurs autres blessés hier dans de nouvelles attaques menées par les forces d’occupation sionistes contre plusieurs secteurs de la bande de Ghaza.
Ces frappes interviennent alors que les violations du cessez-le-feu se poursuivent. Dans le même temps, l’Afrique du Sud a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) d’un nouveau dossier consacré au non-respect, selon Pretoria, des mesures conservatoires ordonnées par la juridiction internationale.
La violence n’a pas cessé dans la bande de Ghaza malgré le cessez-le-feu. Dimanche, les forces d’occupation ont de nouveau pris pour cible plusieurs zones du territoire, faisant au moins un mort et plusieurs blessés. Dans le quartier d’Al-Amal, à l’ouest de Khan Younes, dans le sud de la bande, le Palestinien Mohamed Chafii Nassereddine, âgé de 11 ans selon les informations communiquées, a été tué dans un bombardement sioniste. Ailleurs, les tirs ont également fait des victimes. Une fillette a été blessée par des tirs des forces d’occupation dans le camp de Jabalia, au nord de la bande, tandis qu’un jeune homme a été atteint par des balles dans la région d’Al-Tawam, au nord-ouest de la ville de Ghaza. Les bombardements ont touché plusieurs autres secteurs. L’artillerie sioniste a ciblé les environs est du camp de Jabalia et des zones situées au nord-ouest de Rafah, dans le sud du territoire. Dans le centre de Ghaza, des tirs provenant de véhicules militaires ont été signalés à l’est du camp d’Al-Bureij. Les forces d’occupation ont également procédé à une opération de dynamitage dans le nord de la bande. Ces attaques sont intervenues au lendemain de nouvelles violences. Samedi, quatre Palestiniens avaient été tués et plusieurs autres blessés dans des frappes et des attaques visant différentes parties du territoire.
Le cessez-le-feu toujours sous tension
Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, les Palestiniens de Ghaza continuent de vivre sous la menace des bombardements et des tirs. Les forces d’occupation sont accusées de multiplier les violations de l’accord, notamment à travers des frappes aériennes et des tirs d’artillerie contre différentes zones du territoire, y compris celles où se trouvent des personnes déplacées. Les opérations de destruction se poursuivent également à l’intérieur de la zone désignée comme la « ligne jaune ». Parallèlement, les restrictions concernant l’entrée des marchandises et de l’aide humanitaire, ainsi que les déplacements et les voyages, continuent de peser lourdement sur la population. Selon les chiffres du ministère palestinien de la Santé fournis dans le bilan, 1 315 Palestiniens ont été tués depuis le début du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025, et 4 361 autres blessés. Les équipes de secours ont par ailleurs récupéré 815 corps sous les décombres. Depuis le début de l’agression sioniste contre Ghaza, le 7 octobre 2023, le bilan communiqué fait état de 73 449 morts et 174 472 blessés.
Pretoria remet la question devant la justice internationale
Alors que la situation continue de se dégrader sur le terrain, l’Afrique du Sud poursuit sa bataille judiciaire contre l’occupant sioniste. Pretoria a transmis à la Cour internationale de Justice un dossier rassemblant, selon les autorités sud-africaines, des éléments démontrant le non-respect des mesures conservatoires ordonnées par la Cour dans le cadre de la procédure pour génocide engagée contre l’occupant sioniste. Dans un communiqué, le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération a rappelé que ces mesures sont juridiquement contraignantes. Pretoria estime que les ordonnances de la CIJ n’ont pas été suffisamment respectées et affirme vouloir poursuivre ses démarches pour obtenir leur application. L’Afrique du Sud souligne également que les Palestiniens qui ont survécu aux bombardements sont désormais confrontés à une autre épreuve : celle de vivre dans un territoire dont l’espace habitable ne cesse de se réduire, avec des conditions humanitaires toujours plus difficiles. Pour Pretoria, les mesures ordonnées par la CIJ doivent permettre de préserver les droits des Palestiniens protégés par la Convention de 1948 sur le génocide, dans l’attente d’une décision définitive sur le fond de l’affaire.
Une procédure qui dure depuis près de trois ans
L’affaire remonte au 29 décembre 2023, lorsque l’Afrique du Sud avait saisi la CIJ, accusant l’occupant sioniste de violer ses obligations au titre de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Face à l’ampleur des pertes humaines et à la gravité de la situation humanitaire à Ghaza, Pretoria avait demandé à la Cour d’intervenir rapidement et d’ordonner des mesures destinées à protéger la population palestinienne. La CIJ avait alors adopté plusieurs ordonnances de mesures conservatoires, notamment les 26 janvier, 28 mars et 24 mai 2024. La Cour avait notamment demandé à l’occupant sioniste de prendre toutes les mesures relevant de son pouvoir afin de prévenir les actes visés par la Convention sur le génocide et d’empêcher la commission d’actes de génocide contre les Palestiniens de la bande de Ghaza. L’Afrique du Sud continue aujourd’hui de s’appuyer sur ces décisions pour réclamer le respect des obligations imposées par la juridiction internationale.
Une reconstruction évaluée à 70 milliards de dollars
Au-delà des pertes humaines, l’ampleur des destructions laisse entrevoir une reconstruction longue et extrêmement coûteuse. Selon les chiffres communiqués, près de 90 % des infrastructures civiles de Ghaza ont été endommagées ou détruites depuis le début de l’agression. Les Nations unies ont évalué à environ 70 milliards de dollars le coût de la reconstruction du territoire, dans un contexte où les logements, les infrastructures, les services essentiels et les installations civiles ont subi des dégâts considérables. Le nouveau dossier transmis par Pretoria à la CIJ ne constitue pas une décision sur le fond de l’affaire. Il s’inscrit dans une procédure judiciaire toujours en cours et vise notamment à rappeler le caractère obligatoire des mesures conservatoires prononcées par la Cour. Sur le terrain, cependant, les bombardements et les destructions continuent de rythmer le quotidien des Palestiniens de Ghaza, donnant au cessez-le-feu un caractère de plus en plus fragile.
M. Seghilani












































