Sami Agli

SAMI AGLI, PRÉSIDENT DU FCE : «Notre engagement est apolitique»

Sami Agli, le nouveau patron promu, le 24 juin dernier, à la tête du Forum des chefs d’entreprise, croit pouvoir soustraire l’organisation patronale à l’influence des forces politiques, auxquelles elle était soumise depuis sa création en 2000.

Invité hier au forum du quotidien El Moudjahid, le PDG du groupe familial Igli, issu de Biskra, tient à priori à ce défi nécessaire à une remise du FCE sur de bons rails. «L’engagement du Forum est apolitique. Nous n’empêcherons aucun adhérent (du FCE) de faire la politique, mais qu’il le fasse en dehors (de l’organisation)», a-t-il répondu à la question de savoir si le FCE ne risquerait pas de prendre la même trajectoire que durant sa direction par un certain Ali Haddad, aujourd’hui incarcéré à la prison d’El Harrach pour des faits liés à la corruption. En effet, le FCE, a défaut de jouer le rôle d’une organisation patronale à mettre à profit de l’économie nationale, a été un instrument mis au service du régime de Bouteflika, l’ex-président de la République déchu. Un changement de vocation qui a donné les résultats qu’on lui a connu aujourd’hui pour son chef d’alors, Haddad qui, comme tant d’autres hommes d’affaires impliqués jusqu’au cou dans de grosses affaires de corruption et de détournement de l’argent public, est accusé de conflit d’intérêts. C’est en tout cas un retournement de situation qui fait qu’un puissant homme d’affaires se retrouve, du jour au lendemain, incarcéré à El Harrach, sur laquelle ne voudrait plus entendre parler au sein du FCE, l’actuel chef en poste, Igli qui veut tourner la page. Preuve en est, il défend, en tant qu’organisation convertie en syndicat de défense des intérêts des patrons, le privé national qui ne doit plus être «diabolisé, mais encouragé» pour le faire participer dans le développement de l’économie nationale.
Autre question sur laquelle a répondu le jeune homme d’affaires de 40 ans ; la proposition d’allégement de la loi régissant les investissements étrangers 51/49, à travers le projet de loi de Finances 2020. «Le FCE est pour l’abrogation de la règle 51/49. Ces mesures sont donc insuffisantes, mais c’est un signe positif, un premier pas», recommande le chef de la puissante centrale patronale. C’est en tout cas un chef d’entreprise qui défend une vision «ouverte» de l’économie nationale et qui doit être affranchie du «protectionnisme» actuel. Et pour cause, avance comme argument Agli, «le modèle de fermeture a prouvé son échec».
Farid Guellil