Salles de cinéma en Algérie : négociations avec un partenaire franco-belge pour leur restauration

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a annoncé l’engagement par son département ministériel de négociations avec un partenaire franco-belge en vue de la réhabilitation et la restauration de salles de cinéma des grands centres urbains.
« Nous sommes en négociation avec un partenaire franco-belge afin de restaurer certaines salles », a indiqué Mihoubi en marge d’une visite de travail effectuée ce lundi dans la wilaya de Béjaïa. « L’opération (de restauration) sera conduite de façon progressive. Elle concernera d’abord, Alger, Oran et Sétif et sera étendue ultérieurement à d’autres centres urbains dont Béjaïa », a-t-il précisé. « Toutes les salles visées seront pourvues de conditions de projection optimales et dotées de moyens techniques performants », a précisé le ministre, soulignant la volonté de son département de réhabiliter le cinéma en général qui, a-t-il déploré, « connaît une marginalisation qui perdure depuis un quart de siècle ». Cette opération, en fait, s’inscrit dans un cadre global et dans un projet d’ensemble, visant à terme, la mise sur pied d’une vraie industrie cinématographique, qui ne reposera plus sur le seul apanage des pouvoirs publics, mais qui sera ouverte à l’investissement privé, appelé a y jouer un rôle prépondérant. Mihoubi, révélera à ce titre que le ministère de la Culture a déjà reçu une ombelle de dossiers d’investissement portant sur la réalisation de salles ou de studios de cinéma, se réjouissant de l’existence d’un « engouement certain » pour le créneau et des possibilités économiques qu’offrent le cinéma en général. Étayant sa vision des choses, le ministre a relevé que « beaucoup de pays vivent des prestations et des revenus de leurs produits culturels. Certains en puisent l’essentiel de leurs rentrées », dira-t-il, citant l’exemple de certains pays Européens et africains, notamment le Nigeria qui « couvre 40 % du marché Africain » dont le succès peut constituer, en l’espèce, un exemple à méditer. A l’évidence, pour le ministre cette vision des choses n’a de chance de se matérialiser sans la reconsidération des accès aux spectacles et leur contrepartie financière. « Il faut reconsidérer les entrées gratuites », a-t-il affirmé, notant au demeurant que lorsque la qualité est là, le public forcément ne rechigne pas a payer la contrepartie. Pour s’en convaincre, Mihoubi a mis en exergue un récent spectacle de musique classique au TNA qui a vu 700 billets se vendre en un temps éclair, malgré le prix relativement cher, 300 à 400 dinars par place. « C’est un signe positif », a-t-il soutenu, soulignant qu’une réflexion est engagée dans ce sens. Lors de cette visite à Béjaïa, le ministre a donné le coup d’envoi pour la réhabilitation de la salle de cinéma « El-Khalifa » de la ville de Kherrata, inauguré le nouveau siège de la direction de la culture de la wilaya, une galerie de peinture dans les sous-sols de la maison de la culture de Béjaïa, et la grande bibliothèque de la ville dont les apports sont de nature à donner un vigoureux coup de fouet à la vie culturelle locale.