Accueil ACTUALITÉ Saâdani se lâche, cru : «Belkhadem n’est qu’un serviteur »

Saâdani se lâche, cru : «Belkhadem n’est qu’un serviteur »

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Profitant de la réunion de la direction de son parti avec les responsables des mouhafadhas, tenue, avant-hier à Alger, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Amar Saâdani, a chargé Abdelaziz Belkhadem, son prédécesseur à la tête du FLN, qu’il accuse publiquement de servir une poignée de personnes qui fricotent des plans contre sa formation politique.

«Belkhadem comme son nom l’indique, n’est qu’un serviteur de ses maîtres, car sans eux, il ne peut bouger le petit doigt», l’a-t-il qualifié. Pour Sâadani, les intentions de Belkhadem relèvent d’un secret de polichinelle. En effet, comme pour battre en brèche ses « plans », il a précisé qu’à son retour de la Mecque la semaine dernière, l’ex-patron du FLN a invité des anciens ministres et cadres du parti autour d’une « Aqiqah», un diner offert en l’honneur de ses hôtes, laquelle réunion n’est réellement qu’un plan ourdi contre l’actuelle direction du parti, a révélé Sâadani. Ne voulant pas lâcher sa proie avant de l’achever définitivement, il a ajouté encore que Belkhadem n’est qu’un « arriviste » venu au FLN «sur le toit d’une voiture, a volé le parti au nom de la présidence de la République et est sorti par la petite porte», a-t-il ironisé. En revenant sur le parcours politique de son adversaire, Sâadani estime qu’il n’a rien apporté au FLN lorsqu’il était notamment aux fonctions organiques comme secrétaire général du parti, et officielles en tant que Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et conseiller du président de la République. «Nous sommes des vieux routiers, nous sommes suffisamment informés pour savoir ce qui se trame contre le FLN. Il a quitté ces fonctions sans rien faire», a-t-il reproché à Belkhadem. À la question de connaître qui sont les mentors derrière l’ex-patron du FLN, Sâadani a répondu que Belkhadem est motivé par les prochaines élections présidentielles de 2017. «S’il veut se présenter aux présidentielles, il est libre de le faire, mais pas au nom du FLN», a-t-il prévenu, et a, du coup, écarté toute « caution » de son parti pour le «futur candidat» au palais d’El-Mouradia. Amar Sâdani pense encore que les activités de Belkhadem sont dignes de celles « d’une chauve-souris qui ne sort que dans l’obscurité», a-t-il nuancé, non sans le comparer aux ex-secrétaires généraux ayant été à la tête du FLN, qui n’agissaient pas selon lui de la sorte. Il cite notamment, Ali Benflis, Boualem Benhamouda, Abdelhamid Mehri, Mohamed Cherif Messadia…qui « étaient tous au FLN pendant un moment et ont quitté le parti en rentrant tranquillement chez-eux, mais pas Bekhadem qui fait exception à la règle », ajoute Sâadani. Selon l’orateur, l’ex-secrétaire général déchu Belkhadem «veut avoir main-basse sur le FLN même en étant chez lui», estime encore Sâadani, avant de le prévenir d’observer des limites dans ses actions, et de respecter la discipline du parti. D’emblée le secrétaire général du parti, a assuré qu’«aujourd’hui, le FLN est entre les mains de la base militante. Ce sont les représentants d’un grand parti que certains estiment que notre démarche pour le renouvellement de ses instances est vouée à l’échec», en réponse à ses détracteurs qui ont misé, selon lui, sur le rejet par la base de l’opération de désignation de responsables de mouhafadhas, Sâadani argue que cette procédure est impérative, tant le parti a besoin de se redéployer à travers le territoire national, d’où ce nouveau découpage assurant plus de représentativité à cette formation politique. «L’Algérie de 2015, n’est plus celle des années 90, 80 et celle de 62, le pays a évolué et la population avec», a-t-il estimé. «A ceux qui croient que cette opération est diabolique, je réplique qu’elle n’est que l’aspiration de la base militante et que le 10ème congrès du parti sera celui de la base, qu’ils le veuillent ou non», a-t-il défié ses adversaires politiques. En réitérant son soutien au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, Sâadani a indiqué que le FLN « est le parti de l’État algérien et le garant de sa stabilité».

Le vœu du FLN : la Constitution puis le congrès
Lors de cette réunion, Sâadani s’est targué d’annoncer que la présence des représentants des mouhafadhas à travers le pays est assurée à 100%, comme pour dire partir, dores et déjà, la tête haute au prochain congrès, au détriment de ses adversaires qui prônent l’organisation de ce rendez-vous de l’instance suprême du FLN par le comité central (CC). En effet, Sâadani a annoncé la liste des membres du bureau politique du parti, qui auront la charge de mener les préparatifs du congrès au niveau des mouhafadhas. Ces mêmes délégués devront aussi installer les membres des commissions locales qui « ne sont autres que des cadres issus du CC », a assuré Sâadani. Enfin le premier responsable du parti a rappelé que le 10e congrès sera celui de la « réunification » et non celui de « l’exclusion», a-t-il prévenu ses cadres. En évoquant la question de la révision de la Constitution, et longtemps après avoir mené une compagne autour de la question, depuis notamment que le président de la République s’en est exprimé à ce sujet, Sâadani a émis le vœu d’organiser le congrès de son parti après la révision de la Loi suprême du pays. «Notre parti veut que la Constitution précède la tenue de notre congrès et cela pour des raisons de conformité avec les nouvelles dispositions de cette loi», a-t-il encore réitéré avant d’affirmer que le FLN prendra le temps nécessaire pour préparer son congrès, afin, semble-t-il observer une halte et attendre l’arrivée de la date de la révision. Enfin, interrogé sur les échéances, Sâadani ne semble plus tenir les mêmes déclarations à ce sujet, après avoir notamment assuré maintes fois que cette révision interviendrait « incessamment ou prochainement», il a fini par dire que cela relève exclusivement des prérogatives du président de la République.

« Le cercle présidentiel dans le viseur »
Le patron du FLN ne semble point être ébranlé par les récentes « révélations » contenues dans le livre «Paris-Alger : une histoire passionnelle», de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, qui citent de hauts responsables algériens détenteurs de biens dans l’hexagone. Sâadani affirme avoir lu ce livre « écrit par des Algériens, six mois avant sa sortie», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les accusations visent le cercle présidentiel. En effet, il a tenu à balayer d’un revers de main tout soupçon. Dans ses répliques, s’il ne s’est pas empressé à se défendre, bien qu’il soit au centre de la polémique, après avoir été notamment accusé de détenir des biens immobiliers en France. Il a préféré s’ériger en avocat de Abdessalem Bouchouareb, actuel Ministre de l’Industrie et des mines, et Cherif Rahmani, ex-ministre de l’Environnement, cité dans ce pamphlet.
«Ces ministres ont longtemps été hauts cadres de l’État, s’ils détiennent des biens, ils sont justifiés», a tenu à préciser Sâadani, qui ajoute qu’au lieu de s’attaquer aux Algériens, les auteurs de ce livre devront plutôt enquêter et faire des révélations sur les responsables les massacres des Algériens pendant les événements du 8 Mai 1945…sous les applaudissements d’une assistance composée des cadres du parti et des responsables des mouhafadhas.
Farid Guellil

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