Rumeurs sur un projet complémentaire à la LF-2018 : Louisa Hanoune se donne raison

À peine que des informations faisaient écho d’un projet de loi de finances complémentaire pour 2018 en préparation, la SG du Parti des travailleurs s’en saisisse pour émettre des propositions. Au plan politique, Hanoune se voit renforcée dans sa position par rapport à un texte duquel elle a relevé des écarts sur le plan socio-économique. À souligner que jusque là, aucun membre du gouvernement, ni le gouvernement lui-même d’ailleurs, n’ont confirmé ou infirmé cette information. Se trouvant dans une rencontre régionale des cadres de son parti, samedi dans la wilaya d’Oran, Louisa Hanoune appelle le gouvernement à axer le travail d’élaboration du projet, s’il viendrait à être confirmé, sur les deux volets : social et économique. Pour ne pas dire revoir en profondeur le projet de LF-2018 ? «Nous avons appris que la Loi de finances complémentaire 2018 est en préparation et espérons qu’elle apporte des correctifs à la Loi de finances 2018 sur le plan socio-économique», a plaidé la patronne du parti, qui a joué un rôle d’opposant pendant tout le processus de présentation et puis de l’adoption parlementaire de ce projet controversé. Tout comme d’ailleurs tous les projets financiers des derniers exercices dont le PT a toujours critiqué les orientations. Encore une fois, de retour à la LF-2018, Hanoune la qualifie d’«injuste» et d’une loi qui «n’a pas été à la hauteur des aspirations des couches sociales les plus démunies». Politiquement, s’il s’avère que le projet d’une loi complémentaire existe, Hanoune entend par sa réaction se donner raison. Et pour cause, lors de son adoption à l’APN fin novembre 2017, les députés du PT ainsi que ceux de l’opposition ont voté contre le texte du gouvernement. Depuis lors, le parti trotskiste n’a cessé de plaider l’élaboration d’un projet complémentaire à l’effet de «corriger les anomalies». Sur ce, «il est du devoir de l’État de soutenir le pouvoir d’achat», rappelle Hanoune son crédo de toujours. Ainsi, anticipant sur toute décision du gouvernement en ce sens, la SG du PT dira que «nous nous attendons à une LFC sociale pour renforcer la sécurité nationale et la cohésion sociale», et «l’État doit parer à la vulnérabilité de la structure sociale par diverses mesures». Il reste à s’interroger à présent sur les intentions du gouvernement s’il juge nécessaire d’élaborer un projet de LF-2018 ou pas. Une hypothèse plausible, sachant que la situation socio-économique a connu un développement depuis le début de l’année. Dès lors, le Premier ministre Ouyahia entend-t-il revoir sa copie ?
R. N.