Tebboune

« LE TRAIN DE LA RÉFORME NE S’ARRÊTERA PAS ! » : Le Président dénonce la « issaba » et secoue les walis

Dans son discours d’ouverture de la réunion gouvernement-walis, la deuxième en date sous sa présidence consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre des dernières orientations émises lors de la première, tenue février 2020, notamment la prise en charge des zones d’ombre, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dénoncé un complot visant la déstabilisation du pays mené par les résidus de la bande.

Une « issaba » qui aspire à revenir aux commandes, mais qui a eu la réponse sèche et cinglante du chef de l’État : « Le train de la réforme et de la rupture avec les anciennes pratiques s’est mis déjà en branle et ne s’arrêtera jamais désormais ». « Sommes-nous face à une contre-révolution menée par des forces occultes qui ne veulent pas la stabilité du pays » ?, S’est interrogé le président Tebboune. Et de répondre : « Il y a une complicité à l’intérieur du pays, mais nous menons aussi des enquêtes pour les débusquer. Plus de 80% des Algériens sont conscients du danger qui guette le pays et, aujourd’hui, ils sont contents de la paix sociale, et ceux qui continuent à gesticuler çà et là, sont ceux qui dorlotaient sur des milliards, dans un passé pas lointain, et qui sont à présent en prison, mais continuent à verser des milliards à l’étranger », a enchaîné le président Tebboune pour accabler la bande dans son ensemble. Et non sans donner preuve à l’appui puisque les faits sont là.

Tebboune réagit à l’affaire Ali Haddad-Lobbyiste américain
Début de ce mois, l’homme d’affaires Ali Haddad, agissant depuis sa cellule de prison à El-Harrach, on ne sait par quel moyen, a engagé un lobbyiste américain, par l’intermédiaire de sa conseillère particulière à partir de Paris, contre une somme pharamineuse de 10 millions de dollars. Une énigme sur laquelle le chef de l’État se demandait comment l’argent a-t-il pu sortir, ou encore qui en a ordonné l’opération ? Pour illustrer cet état des lieux et le sabotage que subit le gouvernement dans son action, et qui cible par ricochet le Président lui-même et son programme, Tebboune a évoqué les récents dysfonctionnements constatés dans la distribution de l’eau, les coupures d’électricité, le sabotage des projets, les retards dans la distribution des primes engagées, ou sous formes d’aides pour les personnes impactées par le Covid-19, que le Président met également à l’actif de ces « nostalgiques » de l’Algérie d’avant le 22 février.

« Prenez garde, il y a des forces contre la stabilité du pays »
« Trois mois après, les primes ne sont pas versées, c’est la contre-révolution? C’est le blocage? », interroge le président de la République, avant d’avertir les walis sur les dangers qui guettent le pays. « Prenez garde, il y a des forces qui sont  contre la stabilité du pays, il y a des complicités  à l’intérieur de l’administration, il y a des enquêtes pour savoir qui a fait quoi », insiste le Président sur un ton ferme. « Le principe du dialogue social et de la concertation est une vertu, une garantie pour asseoir la stabilité et éloigner le spectre des turbulences  sociales à laquelle n’ont de cesse d’appeler certains  qui cherchent à porter atteinte à la stabilité du pays », a-t-il encore dit, évoquant certains mouvements sociaux qui sont instrumentalisés pour alimenter la colère des citoyens afin de  les priver en réalité de leur droit au changement profond. « Certains rêvent d’un retour  au passé. Nous allons éradiquer les résidus de la Issaba (la bande) ou on va lamentablement échouer », a averti le président Tebboune. Le chef de l’État a appelé, par ailleurs, les premiers magistrats de wilaya à se préparer en vue de la tenue du referendum sur la nouvelle Constitution pour permettre aux Algériens d’accomplir leur devoir électoral dans de meilleures conditions, sans toutefois donner la date exacte de ce rendez-vous crucial pour l’avenir du pays.

« La nouvelle Algérie a besoin de fondements solides »
« Il faut se préparer à la tenue du prochain référendum sur la Constitution et offrir les conditions idoines pour que le citoyen puisse se prononcer sur l’avenir de son pays pour un changement pacifique et profond.
Cette nouvelle Algérie a besoin de fondements solides  qu’elle puisera dans la nouvelle constitution qui s’appuiera sur la déclaration du 1er novembre », a déclaré, à ce sujet, le chef de l’État en s’adressant directement aux walis. Le chef de l’État a tenu, en outre, à saluer tous ceux, entre société civile, partis politiques et toutes les forces vives du pays, ayant contribué à l’enrichissement de l’avant-projet de la constitution, affirmant que toutes les recommandations formulées sont étudiées par le Comité d’expert de Ahmed Laraba, mais seules celles disposant d’une majorité seront retenues dans le document final. Le président n’a pas omis de rappeler les walis sur la nécessité de prendre en charge les doléances de la population, de se consacrer, entièrement au service du citoyen, loin de toute démagogie, et le servir avec abnégation, ainsi que de lutter contre les disparités entre les régions du pays en travaillant de concert avec la société civile qui peut énormément contribuer à la réalisation des objectifs tracés et l’édification de la nouvelle Algérie. Pour rappel, cette réunion, deuxième du genre, durant l’année en cours, se tient au Palais des nations (Club des Pins), sous la présidence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, des membres du gouvernement, des cadres centraux et locaux et des élus.
Elle se focalise principalement sur l’évaluation des étapes de mise en œuvre du développement des zones d’ombre, l’évaluation de la mise en œuvre des mesures de prévention contre la propagation de la pandémie Covid-19, le développement économique local, la numérisation, les statistiques et la lutte contre la bureaucratie, ainsi que les préparatifs de la rentrée sociale et de la sécurité des biens et des personnes.
Ces thèmes seront débattus dans le cadre des ateliers interactifs, au niveau du Centre international des conférences, regroupant les différents participants et qui seront modérés par les walis d’une manière continue tout au long de cette rencontre. À l’issue des travaux, étalés sur deux jours (12 et 13 août), la rencontre devra déboucher sur une série de recommandations opérationnelles susceptibles de transformer la vision des pouvoirs publics en actions concrètes de développement dans tous les secteurs.
Brahim Oubellil