José Manuel Albares
José Manuel Albares

RÉTABLISSEMENT DES RELATIONS AVEC L’ALGÉRIE : Encore un vœu « pieux » de Madrid

Des médias ont fait état d’une déclaration du ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération, José Manuel Albares, appelant à rétablir les relations avec l’Algérie et prétendant que l’Espagne aspire à avoir de bonnes relations avec notre pays. José Manuel Albares sait très bien quel chemin prendre pour y parvenir, sans tergiversations. Mais, il veut faire croire à l’opinion espagnole que lui et son Premier ministre, Pedro Sanchez,  font de leur  mieux pour renouer avec Alger, et que leurs interlocuteurs algériens seraient têtus. Il feint d’oublier les raisons qui ont amené l’Algérie a décidé le 8 juin dernier de procéder à la suspension « immédiate » du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d’Espagne. Pour rafraîchir la mémoire de José Manuel Albares, faut-il lui rappeler que tout a commencé avec le revirement surprenant, et pour le moins inamical, voire hostile à l’Algérie, du Premier ministre espagnol sur la question du Sahara occidental. Par cette attitude, l’ancien occupant colonial, l’Espagne, et l’actuel occupant colonial, le Maroc, se sont alliés pour maintenir le Sahara occidental en tant que dernière colonie en Afrique. L’Algérie a, dès le 19 mars, rappelé son ambassadeur dans l’attente d’une rectification par l’Espagne de sa position alignée sur le Maroc. Il n’en fut rien. Au contraire, les autorités espagnoles se sont enfoncées dans leur erreur de positionnement sur la question du Sahara occidental en confirmant leur plein soutien à la formule illégale et illégitime de l’autonomie interne préconisée par la puissance occupante, s’employant à promouvoir un fait accompli colonial en usant d’arguments fallacieux. Pour l’Algérie, cette attitude du gouvernement espagnol s’inscrit en violation de la légalité internationale que lui impose son statut de puissance administrante et aux efforts des Nations unies et du nouvel envoyé personnel du secrétaire général et contribue directement à la dégradation de la situation au Sahara occidental et dans la région. De temps à autre, des médias spéculent sur un retour rapide et miraculeux à la « normale » dans les relations entre l’Algérie et l’Espagne. Toutes les occasions sont bonnes pour remettre au-devant de l’actualité cette illusion. Cela s’explique par la crise énergétique en Europe qui se trouve aggravée par la persistance des tensions entre Alger et Madrid. Ce que veut l’Espagne à travers ses tentatives d’apaisement envers l’Algérie, c’est réanimer les projets qui feraient de ce pays le hub gazier de l’Europe alimenté par le gaz algérien. Les pays de l’Union européenne sont confrontés à un risque prochain de pénurie de gaz qui mettra à l’arrêt nombre de centrales électriques et d’usines et privera de chauffage les populations. La crise énergétique se complique et ce n’est nullement par des déclarations exprimant la volonté de l’Espagne de rétablir de bonnes relations avec l’Algérie, que l’impact de cette crise sera réduit. Surtout que l’on constate  que les pays de l’UE, même s’ils affichent en façade un effort commun pour l’approvisionnement de l’Europe en énergie, travaillent en réalité chacun pour soi et leurs dirigeants courent dans tous les sens pour assurer les besoins de leurs pays respectifs dans la crainte de la protestation  à venir des populations face un froid terrible, cet hiver aggravé par le rationnement en  gaz. Des médias ont fait état de nombreuses commandes de pays européens aux fabricants turcs pour la fourniture de fourneaux, du fait de l’inaccessibilité du gaz, à cause de son prix, pour de larges couches de la population dans ces pays. Frappés par la crise énergétique, les pays européens ont commencé à acheter en masse des poêles, relatent les médias. Dans cette situation, Madrid tourne en rond et alimente les spéculations sur la reprise des relations algéro-espagnoles, qui sont vite démenties par l’Algérie, par un communiqué ou par le silence.
M’hamed Rebah