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RÉPRESSION DE LA MARCHE DES ÉTUDIANTS : Politiciens et avocats appellent à la continuité des marches facifiques

Des partis politiques et avocats ont réagi à la répression de la marche des étudiants, hier à Alger-centre, manifestant contre le système et contre la nomination de Bensalah au poste de chef de l’État par intérim. Contactés par téléphone, nos interlocuteurs ont condamné le recours à la force publique qui, selon eux, présentent une violation des droits de l’homme, appelant à se mobiliser, vendredi prochain, pour demander la liberté de manifester.

Hakim Belahcel PS du FFS : «Le départ du système ne sera pas une mission facile»
Hakim Belahcel, Premier secrétaire du FFS, a considéré la répression de la marche des étudiants comme un «coup d’état du pouvoir dans la rue» au moment où «Bensalah vient d’être nommé Chef de l’État», a indiqué le dirigeant du vieux parti d’opposition qui estime ces pratiques comme une «réponse de ce pouvoir autoritaire au peuple algérien en utilisant la force pour le disperser». Belahcel a fait savoir que «le départ du système ne sera pas une mission facile », ajoutant que «le pouvoir algérien détient toujours la force en utilisant ce genre de coups d’état dans la rue». Le PS du FFS a appelé le peuple «à sortir ce vendredi, massivement, pour dénoncer les pratiques du pouvoir.»

Sadat Fetta, députée RCD: «Une violation de la souveraineté populaire»
Pour Fetta Sadat, députée du RCD, la répression de la marche des étudiants répond à «une feuille de route du régime en place qui considère avoir trouvé le procédé le plus efficace pour se régénérer». Selon notre interlocutrice, cette répression, qui coïncide avec la réunion du Parlement et la désignation de Bensalah à la tête de l’État, «est une violation des droits de l’homme et de la souveraineté populaire», en appelant à ce que la mobilisation de la rue se poursuive «jusqu’à satisfaction des revendications du peuple.»

Djilali Sofiane, président de Jil Jadid: «Une dérive sécuritaire»
Pour sa part, le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, condamne la répression de la marche des étudiants à Alger, en la considérant comme une «dérive sécuritaire», ajoutant que «si les Algériens se sont débarrassés du régime de Bouteflika, ce n’est surtout pas pour avoir un régime liberticide». Djilali Sofiane, parlant du régime, dira que ce dernier n’«a pas l’intention de changer», sans manquer de souligner qu’il s’agit d’une «tromperie vis-à-vis du peuple.»

Dahi Fahem, SG du MDS: «Le pouvoir reprend ses pratiques traditionnelles»
De son côté, le SG du MDS, Dahi Fahem, a condamné, hier, la répression de la marche des étudiants, en affirmant que le pouvoir essaie de «pousser les gens à rentrer chez eux et arrêter le mouvement». Pour Dahi, il ne faut pas baisser les bras «il faut rester unis et continuer à manifester pacifiquement» a indiqué notre interlocuteur, qui nous explique qu’à travers la répression «le pouvoir reprend ses pratiques traditionnelles.» Selon le SG du MDS, ce mode opératoire a commencé vendredi passé en fermant les accès routiers vers Alger et lors de l’arrestation de militants et activistes, le lendemain, lors des rassemblements dans la capitale.

Le PT dénonce la répression de la marche
Le Parti des travailleurs (PT) a dénoncé le recours de la police au gaz lacrymogène et au canon à eau pour empêcher les manifestations des étudiants qui ont eu lieu à Alger. «Nous avons appris le recours de la police à la violence contre la marche des étudiants manifestant à Alger- Centre. Le PT dénonce et avertit les autorités contre le recours à ces pratiques de répression qui pourraient ouvrir la voie à des dérapages dangereux. Le PT appelle au respect du droit de manifester pacifiquement », a écrit le parti dans un communiqué publié sur sa page facebook.

Abdelghani Badi, avocat : «Une tentative de dévier les acquis du mouvement»
L’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Abdelghani Badi, a estimé que la répression, les arrestations comme moyens utilisés par les pouvoirs publics sont des «dépassements dangereux contre le droit de manifester». Selon notre interlocuteur, le pouvoir a une volonté de «dévier les acquis du mouvement populaire pacifique entamé le 22 février dernier». «C’est une violation flagrante de nos droits », affirme Badi, qui insiste à ce que les citoyens restent vigilants et continuent de sortir pacifiquement jusqu’à l’aboutissement de toutes les revendications. «Vendredi prochain devra être plus mobilisateur que jamais» pour «scander la liberté de manifester», lance le défenseur des droits de l’Homme qui condamne dans ses déclarations «les pratiques de la police» qui ont utilisé les canons à eau pour disperser les étudiants qui ont manifesté  pacifiquement à Alger-centre. «J’appelle la police à appliquer la loi et non pas des instructions données par téléphone» met-il ainsi en garde.

Bouchachi insiste sur le maintien du caractère pacifique des actions
L’avocat et militant des droits de l’Homme, Mustapha Bouchachi, insiste sur la nécessité de maintenir les manifestations pacifiques et ne pas provoquer des contacts directs avec les forces de l’ordre. « Je déplore ces agissements. Mais je dis que ce n’est pas parce qu’il a des tentatives pour réprimer ces manifestations que celles-ci vont s’arrêter. Au début, au lendemain du 22 février, nous avons dit que les manifestations étaient pacifiques et qu’elles devaient le demeurer. Si tentative de perturber ce mouvement citoyen il y a, il ne faudra pas répondre aux intimidations et nous devons rester pacifiques», suggère Bouchachi.
S. O.