«Rencontres Alloula» : le public oranais découvre le théâtre de Mostaganem et de Béjaïa

Les pièces « Hdar » de l’association culturelle El Moudja, de Mostaganem, et « L’Instit » de la coopérative artistique Masrah.Net de Béjaïa ont enchanté, vendredi, les spectateurs oranais au Théâtre régional d’Oran Abdelkader-Alloula, à l’occasion des « Rencontres Alloula » organisées du 10 au 12 mars.
La pièce « Hdar » a été spécialement écrite pour la deuxième édition des « Rencontres Alloula » et a été montée en moins d’un mois, ont indiqué les organisateurs de cette manifestation culturelle dédiée au 4ème Art et à la mémoire du défunt dramaturge Abdelkader Alloula. Ceci constitue une performance de la part des jeunes comédiens de cette troupe dont la moyenne d’âge ne dépasse guère les 20 ou 22 ans, ainsi que le metteur en scène Hanane Boudjemâa et sa co-metteur en scène Khaoula Boudjemâa dont c’est la première expérience de mise en scène. Il faut dire que ces jeunes artistes viennent d’une ville où le théâtre est roi et qui a enfanté un grand festival de théâtre amateur devenu légendaire. La pièce, écrite par Djillali Boudjemâa, Mustapha Kessasi et Mohand Kacemi, d’après un texte d’Abdelkader Alloula, entre dans la catégorie des « drama dance » combinant jeu théâtral et chorégraphie. Elle focalise sur les déboires d’un jeune écrivain fauché et éternel contestataire portant un certain regard, très critique au demeurant, sur la politique et les politiciens, ainsi que sur la société, d’une manière générale. Montée en moins d’un mois, la pièce est perfectible, car les promesses de la mise en scène et les capacités intrinsèques des comédiens font que ce spectacle peut aller plus loin, car déjà favorablement accueilli par un public très enthousiaste. Pour sa part, « L’Instit » (l’instituteur) est un monologue décapant d’Ahcène Azezni, qui associe le public à sa performance, à la manière d’Abdelkader Alloula et du principe du goual, met le doigt sur le calvaire quotidien d’un instituteur algérien confronté à un travail harassant et ingrat, soumis également aux rumeurs et aux attaques d’une certaine presse. Plein de dérision, la pièce est une caricature du comportement d’un enseignant dans sa classe en face de ses élèves et de la société entière. Mais au-delà de l’hilarité provoquée par le jeu du comédien Ahcene Azezni, la pièce est en quelque sorte un appel au secours d’un enseignant confronté à la malvie et aux multiples marasmes de la société actuelle. La seconde journée des « Rencontres Alloula » avait été entamée, dans la matinée, au cimetière d’Aïn El-Beida où les membres de la fondation Alloula et les amis et admirateurs du défunt se sont recueillis sur la tombe du dramaturge, à l’occasion du 22ème anniversaire de son assassinat (10 mars 1994). Le théâtre régional d’Oran abrite, du 10 au 12 mars, la deuxième édition des « Rencontres Abdelkader Alloula », organisée par la fondation éponyme du dramaturge assassiné par les terroristes un soir de Ramadhan, le 10 mars 1994. Jeudi soir, juste après le coup d’envoi officiel de cette manifestation, le public a assité au spectacle de la halqa, production du café littéraire de Sidi Bel-Abbès. La création musicale figure également dans le programme de cette manifestation. Le public découvrira, ou redécouvrira, samedi, durant la troisième et dernière journée de cette manifestation, Ramy Maâlouf, un talentueux flutiste Libanais vivant entre Oran et Beyrouth. Il proposera une composition à partir du texte de feu Alloula de sa célèbre pièce Al Ajouad.
La clôture, en début de soirée de samedi, sera assurée par Taferka, un groupe musical oranais inconnu du grand public. Parallèlement, une exposition de caricature et une autre de photos meubleront le hall du TRO où a lieu cette manifestation. C’est Max, alias Belghomari Noureddine, qui assure l’exposition des caricatures. Karim Sidi Attalah propose une exposition de photos en noir et blanc sur le thème « El Guesba wel guellal ».