REGARD DE LA CLASSE POLITIQUE ALGÉRIENNE SUR LA QUESTION MIGRATOIRE : «Les partis politiques ne s’y intéressent malheureusement pas»

La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Nous en sommes loin! En Algérie, nos malheurs viennent des partis politiques et de leur logique purement électoraliste.
C’est le système politique tout entier qu’il faut repenser. Pour assurer sa survie et l’élection ou la réélection des siens, chaque parti se bat pour garder tous ses moyens. Cette lutte mercantiliste, sur fond de clientélisme et de calculs électoraux, ne cesse d’opposer violemment les algériens.
Et du coup, les politiciens refusent d’entendre les préoccupations des Algériens, en léguant au second plan les questions sociales d’actualité. Pour le docteur et spécialiste des questions de migration, Mohamed Saïb Musette, les partis politiques algériens ne portent pas les questions sociales et notamment le phénomène de harga qui s’est accentué ces dernier temps au cœur de leurs programmes politiques. Ce directeur de recherche au Cread, qui est revenu hier sur ce fléau, concernant les Subsahariennes ou les Algériens, a répondu sur une question sur le regard des partis politiques sur ce phénomène. « Aucun pacte sur l’immigration illégale n’est évoqué par les partis politiques en Algérie. Les questions sociales n’intéressent pas les politiques. C’est pourtant leur mission de placer l’intérêt général comme leur premier souci car ils représentent le peuple. On n’en sait pas pourquoi », a déclaré cet expert, reconnu par les universités britanniques Cambridge University et London Oxford University.
Cela est intolérable, d’autant que, souligne Mohamed Saïb Musette, « les partis politiques ne s’intéressent pas du tout aux questions sociales », alors que toute la société en parle et que l’on assiste quotidiennement à des vagues de départs de harraga des côtes algériennes. Un problème qui fait suite à l’accumulation de beaucoup de problèmes tels que le chômage, la mal-vie, le manque de prise en charge sanitaire et la frustration généralisée. Saïb Musette regrette qu’en dehors des organisations des droits humains, point de ces problèmes sociaux dans les discours des partis, si ce n’est pour les détourner pour des visées électoralistes.
Face au déclin et des indicateurs au rouge vif, l’état actuel du pays interpelle aujourd’hui un changement de mentalités afin que ces partis politiques retrouvent leur place au sein de la société. Selon Saïb Musette, sur le fond, le plus important c’est qu’« il faut sensibiliser d’abord les acteurs politiques sur la nécessité de s’intéresser aux questions et fléaux sociaux ».
Hamid Mecheri