Sahli

RÉÉLU À LA TÊTE DE L’ANR, SAHLI FAIT UNE RÉVÉLATION : «L’opposition m’a invité pour contribuer à l’élaboration d’une feuille de route»

Après avoir déposé sa démission il y a deux semaines, de cela, à la tête de son parti de l’Alliance nationale républicaine (ANR), pour «laisser place aux jeunes » comme il l’avait expliqué, le secrétaire général, Belkacem Sahli, a annoncé qu’il a été réélu, hier, pour continuer à la tête de la direction de l’ANR. Son bureau national s’est réuni, hier, pour trancher sur la question, et la décision a été annoncée par Sahli, lui-même, hier, lors d’une conférence de presse animée, au siège de son parti, à Alger.
Le secrétaire général de l’ANR a révélé à la même occasion que «l’opposition l’a invité pour discuter autour d’une table afin d’élaborer une feuille de route commune », sans avancer de plus amples informations, sur le parti ou la personnalité politique qui lui a lancé l’invitation, dont il fait part, demeurant avare dans ses déclarations sur ces éléments et détails. En relançant son appel à «un dialogue inclusif urgent et national avec la participation de tous les acteurs de la scène politique et nationale», cette déclaration du premier responsable de l’ANR, (parti de l’alliance présidentielle) renvoie, à la conférence nationale,  contenue dans le message du chef de l’État. En expliquant que ce dialogue « doit se maintenir avant le 28 avril prochain» date de fin de mandat du chef de l’État, à la tête de la Présidence. Pour le chef de file de l’ANR, la fin du mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika « était le 11 mars dernier » lorsque le chef de l’État, poursuit Sahli «a annoncé sa feuille de route» en faisant fi, que celle-ci ouvrait la voie au président Bouteflika, à proroger son mandat, au-delà du 28 avril, après avoir renoncé au 5ème mandat. Pour le SG de l’ANR, sa formation politique « doit faire partie des acteurs devant mener la période de transition» notamment en participant, comme il l’a précisé, hier, «à dégager des solutions de sortie de crise» a-t-il lancé. Faisant fi, aussi sur ce point, du refus, depuis le 22 février dernier, du mouvement populaire pacifique pour le changement du système politique en place, de tous les partis et des figures du système tant rejetées par le peuple, à travers ses manifestations, dans tout le pays, dont son sixième vendredi, avant-hier. Saluant plus loin dans ses propos, la feuille de route de l’opposition qui, d’après lui, «n’exclut aucune personnalité et aucun parti politique y compris ceux de l’alliance» et qui semble ne pas satisfaire, dans tous ses points, Belkacem Sahli a dévoilé, hier, sa feuille de route de sortie de crise, alors que pour les slogans des rendez-vous de vendredi « la solution émane de ceux qui n’ont pas été à l’origine de la crise», lit-on sur les pancartes des manifestants, à travers le pays. Sahli soumettra sa feuille de route à ses « nouveaux » partenaires, ceux composant le camp de l’opposition.
Il dira que sa feuille de route « sera discutée avec l’opposition afin de dégager une solution commune, en vue de la soumettre par la suite au peuple» a-t-il soutenu. Confiant, le patron de l’ANR ira jusqu’à affirmer que le contenu de sa feuille de route «dégage les mécanismes nécessaires qui permettent au peuple d’exercer sa souveraineté», a-t-il ajouté, alors que la mobilisation populaire pacifique, du sixième vendredi, a appelé à l’application de l’article 7 de la Constitution. Le SG de l’ANR n’a pas manqué, également, d’avancer la proposition de «la formation d’un gouvernement consensuel» qui selon lui devrait être «présidé par une personnalité nationale et crédible» outre de mettre en place «une instance indépendante pour organiser les élections présidentielles, après des changements sur la loi electorale». Belkacem Sahli a appelé, entre temps, à ce que les manifestations populaires, entamées le 22 février, à ce jour cessent, en invitant, déclare-t-il «l’arrêt du mouvement populaire commencé le 22 février pacifiquement à travers tout le pays» et ce, selon lui « pour passer à une période de transition» devant être dirigée par avance-t-il, «les intellectuels, les représentants des partis politiques de l’opposition et de l’alliance » selon lui.
Le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine qui, avant le report des élections présidentielles, a fait le choix de la continuité, en soutenant la candidature du président Bouteflika, expliquant que la continuité garantira la transition générationnelle et la poursuite des réformes, a annoncé, hier qu’il « assume ses propos avant et après le 22 février » sans plus. Un repositionnement que cherche à assurer l’ANR, sur fond de l’avenir de la scène politique nationale, qu’impose le mouvement populaire pacifique, par sa revendication principale; le changement du système politique en place et l’édification d’un État de Droit.
Sarah Oubraham