Saidi au forum du Courrier d'Algérie

Réactions à l’ouverture des grands dossiers de corruption

Fetta Sadat, membre du secrétariat national du RCD :
“Ce qu’on a beaucoup dénoncé est le fait qu’on est toujours loin d’avoir un État de droit. Or, un véritable État de droit est symbolisé par la garantie de l’indépendance de la justice. Ce que l’on veut, nous, en tant que Forces de l’alternative démocratique, une force de propositions, c’est l’instauration d’une justice indépendante et non pas une justice aux ordres et une justice spectaculaire qui fait dans le spectacle, dont, malheureusement, l’objectif essentiel visé par les tenants de l’actuel pouvoir est de faire une diversion”, a réagi hier Fetta Sadat, membre du secrétariat national du RCD, contactée par téléphone. “Donc, essayer de programmer ce genre de procès actuellement, à la veille d’un scrutin présidentiel, c’est pour faire croire aux Algériens et même à l’opinion internationale que le système en place veut lutter contre la corruption. Pour nous, la revendication essentielle du peuple algérien qui sortait en masse depuis le 22 février, est de dire : « système dégage », que l’on aille vers la construction d’une nouvelle Algérie sur de nouvelles bases, à savoir redonner au peuple algérien la libre expression de sa souveraineté (…) Ce n’est pas maintenant en convoquant des figures de l’ancien système devant les tribunaux que l’on va faire oublier que ce système veut redorer son blason d’une part et faire oublier au peuple algérien ses revendications sereines depuis le déclenchement de la révolution du sourire à ce jour qui sont le changement du régime en place qui tente de perdurer et se régénérer à travers ce scrutin présidentiel”, a-t-elle ajouté.

Abderrahmane Saïdi, cadre du MSP :
“Sur la forme, il est évident que le procès a pris beaucoup de temps. il était prévu que le procès débute avant ce jour [hier] car depuis l’arrestation de ces prévenus avec les procédures légales, cela aurait dû intervenir avant ce jour. Mais je crois que cela relève aussi de la complexité de ce dossier et les enquêtes qui se poursuivent toujours. Selon le ministre de la Justice, ce dossier concerne uniquement le montage automobile. Les dossiers lourds prennent toujours du temps”, a réagi hier, Abderrahmane Saïdi, cadre du MSP. Il a ajouté : “Sur son timing précédant la date de 12 décembre, je pense que cela est beaucoup plus pour donner une crédibilité aux procédures prises contre ces responsables. car s’ils restent sans jugement, alors les gens commenceront à se faire des doutes, et dire que s’il le reportent à l’après-élections, le futur président pourra clore ce dossier. Mais aussi si le procès a été programmé avant les élections, il est évident que le processus continuera par la suite”.

Sofiane Djilali : «Un faux début »
Le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, a qualifié hier, le premier procès des anciens hauts responsables de l’état de «faux début» après avoir été reporté pour demain. «On ne sait pas dans quelles conditions ce procès va s’ouvrir réellement. Il faut attendre, car là, on ne peut pas préjuger des évènements qui n’ont pas commencé ou qui ont commencé mal», nous a-t-il déclaré hier de l’autre bout du téléphone.

Lakhdar Benkhalef : «Il y a volonté de lutter contre la corruption»
Pour le député du Front El Adala, Lakhdar Benkhalef, le procès des anciens hauts responsables qui s’inscrit dans le cadre du dossier de montage de véhicules  est, malgré son report, « un bon début pour lutter contre la corruption qui traduit la bonne volonté » affirmant que  son parti « a, depuis le début, incité à l’arrestation et le jugement des corrupteurs » souhaitant que cette opération puisse se poursuivre.
Propos recueillis par Hamid Mecheri et Sarah O.