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QUESTION DE SOUVERAINETÉ NATIONALE : L’Algérie ouvre une enquête sur la Pegasusgate

Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’existence d’un système d’intelligence informatique d’écoute et d’espionnage ayant visé les intérêts de l’Algérie, mais aussi des citoyens  et des personnalités algériennes, a indiqué jeudi un communiqué du Parquet général près la Cour d’Alger.

Cela intervient au moment où le Maroc tente de préparer sa contre-attaque pour vêtir l’habit de la victime et fuir ainsi sa responsabilité dans la plus vaste entreprise d’espionnage depuis la fin de la guerre froide.
Le royaume alaouite est aujourd’hui face à « ses crasses », et il devra rendre des comptes puisque plusieurs capitales occidentales, ont sommé Rabat de fournir des explications. Il faut reconnaitre ici que des pays comme la France, ont toujours entretenu des relations privilégiées avec le Maroc et son mentor Israël et la réaction du quai d’Orsay laisse perplexe quand on sait que dans le cadre de la politique «Françafrique» prônée depuis le Premier ministre Jacques Rocard  du temps du général de Gaule et la vague de décolonisation de certains pays africains, le Maroc a toujours servi de relais à cette stratégie.
Paris a toujours couvert les errements du Palais et les frasques de la famille royale et a assisté ses barbouzes dans les assassinats d’opposants. L’affaire Ben Barka garde toujours ses secrets et à ce jour, aucune enquête sérieuse n’a été décidée par les autorités françaises.
La réaction de l’Algérie qui a ordonné l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur l’affaire Pegasus est une décision qui renforce la souveraineté nationale. L’attaque contre le système de téléphonie algérien, laisse supposer l’existence d’une cellule miroir qui aurait fourni l’aide et l’assistance aux concepteurs de cette opération. Dans le monde du renseignement, la présence de relais locaux est primordiale pour établir la véracité des informations recueillies. Pour identifier le propriétaire d’un numéro de téléphone, le recours à des logiciels informatiques est certes primordial mais l’accès à la banque des données d’un opérateur nécessite des complices.
L’enquête ouverte par le parquet pourrait mettre la lumière sur cette agression contre l’Algérie. « Étant directement concernée par ces attaques, l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte et se tient prête à participer à tout effort international destiné à établir collectivement les  faits et à faire la lumière sur la matérialité et l’ampleur de ces crimes  qui menacent la paix et la sécurité internationales, ainsi que la sécurité  humaine », indique le communiqué du parquet.
Cela suppose que l’Algérie ne va pas rester les bras croisés et va répondre, avec des moyens appropriés, à cette agression caractérisée. Mieux encore, elle met la communauté internationale devant ses responsabilités pour décider d’une riposte collective à la mesure du crime commis. Mais ce qui étonne dans cette histoire est l’attitude du Makhzen qui tente de renverser la vapeur en se livrant à une attaque en règle contre Amnesty international et contre le consortium réuni autour de Forbidden Stories.
Ce n’est pas la première fois que Rabat est pris la main dans le sac, notamment en matière de négation des droits de l’Homme. La répression qui s’abat depuis quelques mois contre les opposants a pris de l’ampleur notamment contre les militants amazighs compagnons de Zefzafi et Sahraouis.
Rabat s’est fait l’allié du diable en se mettant sous les ordres de Tel-Aviv.  Il espère récolter les fruits de sa servilité en disposant de soutien dans sa guerre d’occupation des territoires de la RASD, dans ses élans belliqueux contre l’Algérie et pour s’offrir une place de gendarme des puissances occidentales en Afrique et dans la région du Maghreb.
Le Makhzen se trompe de cible car en s’attaquant à l’Algérie, il ne pourra pas l’affaiblir. Bien au contraire, l’affaire Pégasus et les déclarations du représentant marocain aux Nations unies concernant le prétendu droit à l’autodétermination de la région de la Kabylie, ont permis aux Algériens de faire bloc et de se déclarer prêts à défendre le pays contre toute attaque d’où qu’elle vienne. Le Makhzen est averti, le peuple algérien saura lui creuser le tombeau de ses velléités expansionnistes.
Slimane B.