PROCÈS DE RIMA HASSAN : La défense dénonce une tentative d’intimidation politique

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Poursuivie en France pour « apologie du terrorisme » à la suite d’une publication sur la résistance palestinienne, l’eurodéputée LFI a exercé son droit au silence lors de son procès, les 19 et 20 octobre à Paris. L’audience a été marquée par de vives tensions entre la défense et les parties civiles, sur fond de débat autour de la liberté d’expression et du soutien à la cause palestinienne.
Vêtue d’un pull rouge et d’un keffieh, l’eurodéputée française Rima Hassan a dénoncé, le 19 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, une « tentative d’intimidation et de mise sous silence d’une élue de l’opposition ». Poursuivie pour « apologie du terrorisme », elle a choisi d’exercer son droit au silence après une brève déclaration, se présentant comme « l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République en raison de ses opinions politiques ». Au cœur de la procédure figure un message publié en mars dernier sur les réseaux sociaux, puis supprimé, dans lequel l’élue citait Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque menée en 1972 contre l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv. Le texte incriminé évoquait l’engagement en faveur de la cause palestinienne et affirmait que, face à l’oppression, « la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ». Cette publication a conduit à l’ouverture de poursuites pour « apologie du terrorisme », dans le cadre d’une procédure engagée après un signalement du ministre français de l’Intérieur. La défense conteste le caractère et le fondement de ces poursuites, dénonçant une instrumentalisation politique de la justice et une atteinte à la liberté d’expression.

Une audience sous tension
Les débats ont rapidement dégénéré en affrontement entre les avocats de la défense et ceux des parties civiles. L’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a quitté la salle après les propos de Me Galina Elbaz, représentant notamment la Licra, qui a évoqué des « tropes antisémites » dans le cadre de sa plaidoirie. Plus tôt, un autre avocat des parties civiles avait reproché à la défense d’avoir suggéré une « double allégeance ». « On m’insulte ! On me menace ! », s’est insurgé Me Brengarth, affirmant avoir été traité de « salopard ». Plusieurs suspensions d’audience ont été nécessaires pour permettre la reprise des débats dans un climat moins tendu. La défense a également soulevé des exceptions de nullité portant notamment sur les conditions de la garde à vue et contesté le nombre de parties civiles impliquées dans la procédure. Elle estime que les poursuites dépassent le cadre strictement judiciaire pour s’inscrire dans une confrontation politique autour de la question palestinienne. En marge du procès, un individu aurait par ailleurs proféré des menaces à l’encontre de l’eurodéputée, ajoutant aux tensions entourant cette affaire.

La résistance palestinienne au cœur des débats
Les débats ont également porté sur la qualification de l’attaque de 1972 citée dans la publication. L’ancien journaliste Alain Gresh, entendu comme témoin, a contesté la qualification de « terrorisme » appliquée à cet événement, contribuant à élargir les discussions aux enjeux historiques et politiques entourant la lutte palestinienne. Au-delà du cas de Rima Hassan, cette affaire intervient dans un contexte de mobilisations internationales en faveur du peuple palestinien et de dénonciation de l’occupation sioniste.
M. Seghilani