Prix du baril de pétrole : Riyad risque un retour de boomerang

L’Arabie saoudite risque, sérieusement, un retour de boomerang conséquemment à sa politique pétrolière. En effet, et selon la presse britannique spécialisée, Riyad, principal producteur de pétrole de l’Opep, peut faire faillite avant la flambée de l’industrie pétrolière américaine, titrait le quotidien britannique «The Telegraph». La hausse des prix du pétrole a boosté le développement des énergies alternatives, notamment l’énergie solaire, ainsi que de l’extraction des hydrocarbures non conventionnels (gaz et pétrole de schiste). Ainsi, ce développement menace l’économie saoudienne, dont l’état serait aggravé par la chute des prix de pétrole, provoquée, en grande partie, par la politique pétrolière des Saoudiens et l’indéboulonnable ministre saoudien de l’Énergie qui règne depuis deux décennies, et qui pense qu’il suffit d’inonder le marché pétrolier et d’ignorer les quotas-Opep pour préserver les immenses revenus de Riyad. Des revenus qui servent souvent pour arroser une clientèle politique et des pays pour qu’ils se soumettent à sa politique, plus favorable à Israël qu’au Monde arabe, au prétexte de contrer l’ennemi iranien. En décidant de maintenir son plafond de production, lors de la dernière réunion de l’Opep, le riche Royaume du Golfe avait permis l’accélération de la dépression des cours du brut qui ont perdu plus de 60% de leur valeur, en une année. Cette décision saoudienne, destinée, principalement, à étrangler les économies iranienne et russe, a été maintenue en 2015 pour briser l’essor du schiste américain. Or, l’exploitation des gaz de schiste ne s’en développe pas moins aux États-Unis, tandis que l’Iran, grâce à l’Accord sur le nucléaire iranien, du 14 juillet dernier, s’apprête à sortir de l’embargo imposé par la communauté internationale, depuis 2006. Les États-Unis sont devenus, en 2014, le premier producteur de pétrole au monde, grâce à leur production de pétrole de schiste. Le gaz de schiste a également de beaux jours devant lui, dans ce pays. La progression de la production énergétique américaine pourrait provoquer un changement radical dans le paysage économique du Moyen-Orient et les États pétro-rentiers. «Si le marché du pétrole reste dans sa situation actuelle, l’Arabie saoudite connaîtra des difficultés dans deux ans, et sera en crise existentielle d’ici la fin de la décennie», prédit «The Telegraph». Le Royaume saoudien a longtemps fait la pluie et le beau temps, dans les marchés pétroliers, mais il risque, aujourd’hui, d’en payer chèrement les conséquences. Son économie, peu diversifiée, est plus vulnérable à une baisse forte et constante des prix du pétrole, avance, de son côté, l’agence «Standard & Poor’s». Le pays maintient, cependant, le financement des projets d’infrastructure à coût élevé, tout comme les salaires du secteur public. À cela s’ajoutent les coûts de la guerre au Yémen, selon le «Financial Times». Les réserves de fonds monétaires saoudiens sont actuellement en baisse de 12 milliards de dollars par mois. Elles sont passées de 737 milliards de dollars (675 milliards d’euros), en août 2014, à 672 milliards de dollars (612 milliards d’euros) en mai dernier. Il est prévu qu’elles baissent jusqu’à 200 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2018. L’argent a commencé à fuir hors de l’Arabie saoudite, après le printemps arabe, avec des sorties nettes de capitaux atteignant 8% du PIB par an, avant même l’effondrement des prix du pétrole, selon «The Telegraph». Le journal affirme que «le gouvernement saoudien ne peut réduire les dépenses d’investissement», et «doit faire face à une austérité draconienne». De plus, les citoyens saoudiens ne paient pas d’impôts sur le revenu, intérêts ou dividendes en actions, et le prix de l’essence est très bon marché dans ce royaume (12 centimes de dollars le litre à la pompe).
Or, selon «The Financial Times», l’Arabie saoudite «a besoin d’un baril de brut à 106 dollars pour équilibrer le budget». Les difficultés budgétaires du Royaume seront aggravées par le fait que ses citoyens ne paient pas d’impôts sur le revenu, intérêts ou dividendes en actions.
M. B.

Un commentaire

  1. La politique de l’Arabie Saoudite risque de se retourner contre elle. Apres les printemps arabes c’est maintenant le tour aux printemps pétroliers.
    Le gaz de schiste, l’incohérence du monde arabe, la course au leadership de facette, au sein de l’OPEP, les disparités économiques et l’obsession du pouvoir, un signe particulier qui caractérise la mentalité, de la plus part des pays arabes sont les principaux éléments qui ont provoque cette série de malheur, injustifiés.
    L’offre et la demande c’est pour le moyen age. Il est temps d’établir un nouvel ordre énergétique mondial. Qui se définit par une fourchette de prix afin d’établir un équilibre économique entre les pays producteurs et les pays consommateurs.
    Cette marge de prix permettra de stabiliser l’économie mondiale, d’éviter les guerres inutiles et d’écarter définitivement le spectre de la Troisième guerre mondiale.

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