universitaire Abdelhafid Boussouf

PRÉVENTION CONTRE LE CORONAVIRUS À L’UNIVERSITÉ : Une instruction de la tutelle soulève des interrogations

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Chems Eddine Chitour, a adressé une instruction urgente aux directeurs des établissements de son secteur afin de prendre des mesures préventives pour éviter toute éventuelle propagation de coronavirus, qui aurait pour conséquences l’arrêt des études dans les universités nationales.

Dans une instruction portant un caractère urgent, datée du 29 février, Chems Eddine Chitour a ordonné aux directeurs d’universités d’instruire les enseignants et professeurs de télécharger les cours (TP et cours) sur des supports électroniques afin de permettre aux étudiants de les consulter en cas d’un évènement urgent qui pourrait interrompre les cursus universitaires.
Le ministre a prévenu de ne pas répéter le scénario de l’année dernière, où l’avènement du Hirak, et l’implication des étudiants dans ce mouvement, ce qui aurait, selon le ministre « interrompu le bon déroulement » des cours et des examens universitaires. Malgré que les autorités sanitaires n’aient pas enregistré de nouveaux cas de coronavirus, à part celui d’un ressortissant Italien qui a été rapatrié par son pays, l’instruction urgente du ministre de l’Enseignement supérieur soulève des interrogations et suscite l’inquiétude chez la famille universitaire. Ces mesures pourraient en effet impacter le planning des examens, surtout que Chems Eddine Chitour a fixé la date du 15 mars comme date limite de fin de la mise en ligne de ces cours.
Ainsi, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a exprimé sa désapprobation quant à une telle instruction dont les lectures l’assimilent à une tentative de « créer la zizanie » dans les campus universitaires. Dans un communiqué, le coordinateur national du CNES, Abdelhafid Milat, a indiqué que « l’Algérie recense aujourd’hui 0 cas de coronavirus après le rapatriement du ressortissant Italien, alors pourquoi toute cette amplification qui ne pourrait que rajouter de la peur et l’inquiétude dans le milieu universitaire ». Ajoutant, Milat a souligné que « des pays comptent des centaines de cas de coronavirus, mais sans prendre des mesures préventives similaires », insistant que « le rôle d’un responsable gouvernemental est de rassurer l’opinion publique et non pas de lui faire peur », a-t-il argumenté.
Yousra Hamedi