Mouad Bouchareb

PRÉSIDENTIELLE 2019 : Le FLN maintient la stratégie du flou

Après avoir marqué une courte absence, Mouad Bouchareb a finalement décidé de sortir de son silence. Lundi dernier, le coordinateur de l’instance dirigeante du FLN a multiplié les déclarations en faveur de la «Continuité » et les gestes d’ouverture envers les initiatives des autres formations politiques, sans toutefois lever le voile sur les intensions du parti à l’approche de la présidentielle 2019.

Celui qui occupe également le poste de président de l’Assemblée populaire nationale (APN) s’est réuni avec les militants du parti à Alger, au «Dounia Parc » de Dely Brahim plus exactement. Officiellement, une sortie pour appuyer la campagne du candidat de la Capitale aux sénatoriales, Nacer Ben Chabbi, et aussi donner des instructions sur les préparatifs à cette échéance de ce 29 décembre. Mais, l’occasion aussi d’évoquer l’avenir du parti sur la scène politique et ses rapports avec le reste des formations composant l’Alliance présidentielle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton était à l’apaisement, notamment après des rumeurs sur une supposée rencontre, la semaine dernière, entre les partis de l’Alliance (FLN, RND, TAJ, MPA) et des ministres au gouvernement, à la résidence de Zéralda pour discuter du report de la présidentielle. « Nous avons toujours soutenu le programme du président de la République (…) je le rappelle : nous allons continuer à soutenir ce programme sans relâche et sans le moindre complexe », a rappelé Bouchareb, ajoutant qu’il ne fallait pas « oublier que 20 ans en arrière, l’Algérie vivait dans la division et la guéguerre ». Bouchareb a mis l’accent sur « la politique de la réconciliation nationale », grâce à laquelle « nous avons définitivement vaincu le terrorisme », en fustigeant « certain courant politique qui a dévié en mettant le feu en Algérie». Cependant, la sortie de Bouchareb n’a pas porté sur les questions d’actualité autour du FLN, son discours a beaucoup insisté sur le fait que « le FLN tend sa main à tous les courants politiques». «Nous sommes prêts à discuter avec tous les partis politiques, sans distinction, pour sauver l’Algérie», a fait savoir Bouchareb, poursuivant que son parti «est la première force politique du pays». Mais à aucun moment le premier responsable du FLN n’a évoqué l’élection présidentielle de manière directe et explicite. Une attitude qui rajoute au flou autour de la présidentielle de 2019 et donne un terrain fertile aux rumeurs de tous bords, notamment celles évoquant, avec force, un report de cette échéance. Quoi qu’il en soit, la sortie lundi dernier à Oran du SG de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, a sapé cette hypothèse, en espérant voir le président de la République se présenter une nouvelle fois en avril 2019. « Du port d’Oran, nous lançons un message fort des travailleurs et des syndicalistes, à leur tête, particulièrement les 2,9 millions d’adhérents de l’UGTA, pour un 5e mandat », a-t-il indiqué, à l’occasion du deuxième congrès de la Fédération nationale des travailleurs des ports d’Algérie (FNTPA), ajoutant : « En 2019, nous avons un grand rôle à jouer pour que le candidat de tous les Algériens soit réélu avec le plus gros pourcentage possible ». La date de la présidentielle est-elle d’ores et déjà fixée pour avril 2019 ? Ni Bouchareb, ni Sidi Saïd ne donnent plus de précisions, préférant attendre et voir le cours des choses. « Dans la période actuelle, le FLN se penchait sur les sénatoriales de ce 29 décembre, et ce n’est qu’après ça que les préparatifs pour l’élection présidentielle pourraient commencer au parti. Mais, au moment actuel, le parti n’est préoccupé que par les sénatoriales », a expliqué une source très proche de la direction du FLN, contactée hier par « le Courrier d’Algérie ». Sur l’éventuel report de cette échéance cruciale, notre source est peu convaincue : « Les gens en parlent souvent [de report de la présidentielle], mais il n’y a rien de nouveau. Pour moi, les élections se tiendront en avril prochain (…) pour l’instant, chacun y va pour sa propre version, mais rien n’est définitif. Il faut compter d’ici le 15 janvier, jusqu’à ce que le nouveau Sénat soit installé, pour que les choses se clarifient plus clairement ».
Hamid Mecheri