Premier salon national du hadj et omar : le pèlerinage 2016 sous le signe des TIC

Le pèlerinage aux Lieux saints 2016 se place sous le signe des technologies de l’information et de la communication (TIC). Le Salon national du Hadj et Omra, dans sa première édition, « l’organisation du Hadj et Omra face aux défis de la qualité », qui se tient du 17 au 23 juillet, au Palais des expositions des Pins Maritimes (SAFEX), vient de le mettre en relief.

Premièrement à travers l’allocution inaugurale du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohammed Aissa, qui a déclaré que, pour cette année, el Hadj sera intitulé Hadj El Karama, pèlerinage de la dignité. Tous les moyens ont été, semble-t-il, mis en place pour assurer un Hadj des plus confortables. Sur le plan médical, 70% des inscrits ont bénéficié des auscultations, indique le ministre. Cela leur permettra d’avoir un carnet de santé comportant toutes les données explicatives sur leur état. La nouveauté réside dans le fait que ce carnet sera transformé en carnet électronique. Le transport a été également amélioré au profit de la délégation des pèlerins. L’apport du ministère des Travaux publics et des Transports, à travers la mise à la disposition de l’aviation civile, a été mis en valeur par l’intervenant. Par ailleurs, il a été, pour cette année, introduit la possibilité de s’inscrire sur le Net pour bénéficier de l’hébergement collectif, avec le privilège pour le pèlerin de résider en compagnie des personnes de son choix, principalement ceux de sa région d’où il est natif. On ne peut ne pas en parler de la délégation médicale. Composée de 115 personnes, dont 38 femmes, formant l’ossature d’une équipe pluridisciplinaire, elle est devenue un ingrédient irremplaçable du pèlerinage. Les efforts qu’elle a déployés à la Mecque (1 unité centrale et 4 unités périphériques), à Médine (1 unité centrale et 2 unités périphériques) et à Djeddah (1 unité centrale), lui ont valu une distinction de la part du Royaume de l’Arabie saoudite. Elle n’est précédée en la matière que par le pays hote du Hadj. Pour plus d’efficacité dans la prise en charge, des imams ont été soumis à l’épreuve sportive. Une formation dans ce sens, sous la houlette du ministère de la Jeunesse et des Sports, a été lancée et sanctionnée par la sélection des 100 meilleurs imams, les plus aptes à faire preuve d’endurance.
L’amélioration sera constatée aussi, selon Mohammed Aissa, lors de la station de Arafat, ou généralement les pèlerins avaient l’habitude de s’endormir sur des tapis à ras le sol. Ils y passaient la nuit à la belle étoile. Pour 2016, c’en est fini. Des chapiteaux climatisés de marque allemande seront mis à la disposition des hadjis. On y sert, même, selon Aissa, des boissons fraiches et de la nourriture. Se voulant rassurant, et ce, en dépit du fait que les tarifs, VIP ceux-ci, du Hadj atteignent les 2 millions de DA (le minimum est de 500 000 DA), Mohammed Aissa affirme que ce chiffre ne prouve nullement la cherté de l’opération. Au contraire, l’Algérie applique les tarifs les plus bas à l’échelle mondiale, tout en ayant le nombre, deuxième mondialement, des pèlerins (362 000 font la OMRA annuellement). Chaque centime déboursé par le pèlerin algérien a une contrepartie en termes de prestations de services. D’autant plus que ce dernier est exonéré des frais de l’aéroport. Abondant dans le même sens, le représentant de l’Arabie saoudite déclare que le Royaume ne génère aucune recette des frais déboursés par le hadji.

La technologie au chevet des pèlerins
Le deuxième fait qui atteste de l’importance des TIC est lié au niveau d’innovation dont on fait preuve quelques exposants, au nombre de 50 dont 35 Agences. Seven Seas est une Agence qui active depuis 10 ans. Depuis quelques temps, elle est devenue Manasseek Support. Sa mission, qui est déjà dans l’appellation, consiste à concevoir des logiciels de gestion au profit des Agences versées dans le Hadj et l’Omra. Le but n’est autre que de faciliter et, surtout, accélérer la prise en charge des hadjis. Local Host est, quant à lui, un concepteur de sites Web. Celui d’expohadj en est l’une des ses créations. Cette année, Mobi Onen, l’un des distributeurs de Djezzy OTA vient de se distinguer à travers la mise en service de téléphone « intelligents » au profit de la catégorie des personnes âgées. Le moins cher exposé au cours de ce Salon est d’une valeur de 3900 DA, alors que le plus cher, un Android, flirte avec les 11 000 DA. Doté d’une touche SOS qui permet à son utilisateur, en cas de malaise, de seulement appuyer sur celle-ci pour que son correspondant, médecin ou membre de sa famille, de se manifester pour son secours. Au préalable, il faut que le numéro de téléphone de ce dernier soit, bien sûr, inscrit dans le répertoire. Écran incassable et touches géantes du clavier avec des chiffres d’une visibilité à toute épreuve. Pour sa part, un Algérien, neurochirurgien de son état, Boudmagh Abdeldjalil, qui a été derrière la mise au point d’un bracelet Bissalama de localisation et d’alerte médicale, compte révolutionner les domaines de la géolocalisation et du Call Center (centre d’appel). Belkaci Youcef, officieusement représentant de SwissCall, qui compte le commercialiser, nous explique qu’il suffit d’appuyer sur le bouton SOS pour pouvoir localiser le porteur du bracelet et l’équipe médicale qui l’accompagne. Le voyant rouge pour l’utilisateur et le bleu pour la délégation, doivent s’allumer sur la plateforme informatique installée quelque part pour pouvoir identifier les utilisateurs. Utilisant 5 langues, le français, l’italien, l’allemand, l’espagnol et l’anglais, le bracelet verra prochainement la langue arabe faire partie de ses moyens de communication. Le prix de sa vente est de 9300 DA dont 3000 DA d’abonnement annuel ; il est, nous explique Belkaci, comme l’un des plus bas à l’échelle mondiale. Aux USA, il est de 120 dollars dont 50 couvrant les frais d’abonnement. À Monaco, cette invention a été déjà distinguée. En Algérie, il faut sonder le marché pour pouvoir s’implanter et se doter d’un représentant. C’est la condition sine qua non pour que le bracelet soit à la portée des Algériens. À souligner que l’inauguration du Salon a été rehaussée par la présence des ministres des Travaux publics et des Transports, Boudjemaâ Talai, de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelwahab Nouri. Enfin, pour 2016, 62 Agences de voyages dont deux publiques ont été retenues pour l’organisation du Hadj 2016. Le premier départ de hadjis est prévu le 17 ou 18 août à partir d’Alger vers les Lieux saints. Le nombre de hadjis est de l’ordre de 16 360 hadjis, dont 12 400 pris en charge par les deux agences de voyages publiques, selon les chiffres de l’Office national du Hadj et Omra (ONHO).
Zaid Zoheir