Taleb Omar

POUR L’AMBASSADEUR SAHRAOUI À ALGER : Le Maroc, derrière  le terrorisme au Sahel, le crime organisé et le trafic de drogue

Abdelkader Taleb Omar, ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique à Alger,  a affirmé que le Maroc « est désormais isolé après les échecs et les crises diplomatiques en série », qu’il a suscitées.

Le diplomate sahraoui a également révélé    »sa corrélation avec le crime organisé à travers le trafic de drogue finançant le terrorisme ».
Intervenant aux travaux d’une Journée d’études sur le terrorisme au Sahel organisée au Cercle national de l’Armée par l’Institut national des études stratégiques globales (INESG), M. Taleb Omar a précisé que le Maroc est en conflit avec toute l’Afrique et non seulement avec le Sahara occidental et l’Algérie ou avec l’Espagne, l’Allemagne et l’Union européenne (UE) en général.
Rabat a tenté d’exercer une pression sur l’Europe à travers l’émigration clandestine mais sans parvenir à réaliser son objectif en menant l’UE à emboîter le pas de l’ancien président américain, Donald Trump, qui a accordé une prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental occupé. Une décision au demeurant qui n’a pas été avalisée ni par le Président Biden et ni encore moins le Congrès.
« Rabat est allée au point de faire des promesses pour la réalisation de projets fictifs dans certains États africains   et « tend à nouveau la  main » à l’Espagne après la grave crise qu’elle a provoquée et le « lâchage » de milliers de marocains jeunes en majorité sur une enclave espagnole.
Le Maroc a adhéré à l’UA, poursuit le diplomate sahraoui, mais « il refuse que le règlement de la cause sahraouie soit panafricain ou onusien. Pis encore, il tergiverse quant à la désignation d’un envoyé onusien au Sahara occidental ». « Or, le peuple sahraoui parviendra à l’indépendance grâce à sa volonté et sa résistance, et l’atermoiement ou encore la tentative d’empêchement du processus référendaire signifient que le Maroc sait que les résultats seront en faveur des Sahraouis », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, il a salué le rôle de l’Algérie dans la lutte antiterroriste « émanant d’une vision globale qui dépasse les aspects sécuritaire et militaire, aux volets socio-économique, culturel et extérieur », soulignant, pour ce faire, la nécessaire « collaboration de tous en vue de lutter contre ce fléau et instaurer la sécurité et la paix ». »Le ministre des Affaires étrangères algérien , Ramtane Lamamra, a insufflé un nouveau souffle au processus de paix qui franchit des pas », a-t-il précisé, citant, entre autres, la réunion des pays du voisinage libyen, ouverte hier lundi à Alger , mais aussi les  visites du chef de la diplomatie algérienne , effectuées à Tunis, en Égypte, au Soudan et en Ethiopie dans le cadre de la crise du  Barrage de la Renaissance ».
« Cela permet à l’Algérie de jouer, à nouveau, son rôle fondamental dans l’instauration de la paix dans son voisinage et en Afrique sur la base de la justice et la fraternité entre les peuples contrairement au trublion régime du Makhzen qui se base  sur l’expansionnisme, l’espionnage et la production à grande échelle de la  drogue ».
Un intervenant a  présenté une approche établissant un parallèle sur les situations au  Sahara occidental et en Palestine.
Pour cet intervenant  les questions palestinienne et sahraouie « représentent les mêmes orientations vu la méthode suivie, soulignant qu’Israël et le Maroc, adoptent les mêmes stratégies à travers « la spoliation des territoires et le déplacement des populations pour y installer des colons ». Ces deux conflits ne sauraient prendre fin qu’à travers « la révolution armée et la résistance », a-t-il dit.
À l’occasion  de cette rencontre,  deux analystes politiques, Ahmed Adhimi et Mustapha Saidj, ont présenté leurs nouveaux ouvrages sur le Sahara occidental dans lesquels ils ont étudié  la cause sahraouie depuis la colonisation espagnole jusqu’a ce jour.
M.B.