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Politique économique du Gouvernement : Ouyahia dévoile les chiffres de 2017

Taux du chômage, industrie automobile, investissements, inflation, produits interdits à l’importation, politique des subventions sont, entre autres, les principaux points économiques abordés, hier, par Ahmed Ouyahia lors de sa toute première conférence de presse animée en sa qualité de Premier ministre depuis son retour au gouvernement il y a huit mois jour pour jour. Celui qui est à la tête du gouvernement depuis près de 8 mois a adopté un esprit communicatif lors de la présentation du bilan du gouvernement pour l’exercice 2017. En effet, égal à lui-même, le Premier ministre n’est pas allé avec le dos de la cuillère, pour apporter des réponses claires sur des questions qui font agiter l’opinion publique, ces derniers jours, notamment celles inhérentes aux dossiers économiques lourds. Défendant, comme à son accoutumée, le bilan de l’exécutif, Ouyahia a reconnu que « l’année 2017 était une année difficile sur le plan économique pour l’Algérie», jugeant, néanmoins les résultats de «respectables». On y apprend que, malgré la crise économique due à la baisse des cours du pétrole, l’économie a « enregistré des investissements de 3500 milliards de dinars et une croissance, en dehors des hydrocarbures, de 3,7%, tandis que la croissance globale était de 2,2%». «Nous pouvons rajouter à ce montant (3 500 milliards DA) et sans exagération, 50% de plus, provenant des investissements directs et de l’économie parallèle », a-t-il précisé. Ainsi, les nouvelles mesures protectionnistes ne semblent pas avoir découragé les partenaires économiques. Autre chiffre significatif est le taux de chômage. Même si Ouyahia a noté une légère hausse de celui-ci en s’établissant à 11,7% en 2017, il n’en demeure pas moins qu’un total de 563 000 postes d’emplois a été créé. Concernant la liste des produits interdits à l’importation, longtemps critiquée par les opérateurs économiques, il dira que celle-ci sera révisée tous les trois ou six mois, reconnaissant l’existence d’erreurs dans le décret initial. «On a même trouvé des intrants alors que le but était d’interdire les produits finis», a reconnu Ouyahia.

Baisse des prix des voitures d’ici deux ans
Interrogé, quant aux prix des voitures montées localement, Ouyahia s’est montré optimiste en prévoyant une baisse dans les deux années à venir. « D’ici une période de deux ans, vous allez remarquer que les prix vont baisser. La concurrence va se relancer et les usines de montage fonctionneront à plein régime» a-t-il dit, avant de poursuivre : «Nous allons atteindre une production de 250 mille véhicules/an ce qui permettra de relancer la concurrence». Plus loin, le locataire du Palais docteur Sâadane, a défendu l’interdiction d’importation des véhicules neufs en Algérie. « Les importation étaient de 600 000 véhicules neufs par an. C’est une aberration ! Dieu merci, le gouvernement a arrêté ces importations », a-t-il rajouté.

Révision de la politique de subventions : Oui mais pas en 2018
Quant à l’épineux dossier des subventions, le chef de l’exécutif a confirmé la volonté du gouvernement de revoir sa copie en veillant à préserver les couches vulnérables. « La politique de subventions publiques est à corriger. Les couches défavorisées ne seront pas victimes de cette révision », a-t-il rassuré, avant de préciser qu’un recensement économique de tous les Algériens sera établi. «Sur la base de ce recensement, nous allons déterminer qui a besoin de subvention et à quel niveau», dit-il, avant de noter que ce travail nécessite du temps. «Cette année il n’y aura aucun changement dans la politique de subventions», a-t-il affirmé.

L’inflation en baisse
Pour ce qui est de l’inflation, le chef de l’exécutif a affirmé que le recours au financement non conventionnel ne s’est pas fait sentir sur le taux de celle-ci, contrairement aux pronostics de certains experts. « Beaucoup a été dit par les experts, qui avaient estimé que le financement non conventionnel allait entrainer de l’inflation, mais Dieu merci, les statistiques démontrent que l’inflation qui était de 6% en octobre 2017, de 5,6 % en décembre 2017 et de 5,2% en janvier 2018 est passée à 4,9% en février 2018. Cela signifie et contrairement à ce qui a été dit, que l’inflation est en train de baisser un peu», a-t-il argué pour défendre ce choix. Dans l’ensemble, Ouyahia s’est montré optimiste quant aux prévisions de 2018, en affirmant que celle-ci sera «sans aucun doute meilleure» sur les plans économique et social.
Lamia Boufassa