Partenariat algéro-espagnol : les ambitions revues à la hausse

Les relations économiques et commerciales, déjà assez denses entre Alger et Madrid, viennent d’enregistrer un nouvel élan, par la signature, hier, dans la capitale espagnole, de nouveaux accords de coopération entre les deux pays. Ces accords signés concernent les secteurs de la jeunesse, l’agriculture, du développement rural et de l’élevage, de la pêche et l’aquaculture, l’enseignement supérieur, l’éducation, la santé, du transport et, enfin, les archives.
C’est au terme de la visite de travail qu’a effectuée le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, hier, en Espagne, notamment à l’occasion de la tenue des travaux de la 6e réunion bilatérale de Haut niveau algéro-espagnole, que la coopération entre les deux pays s’est consolidée par la signature des neuf accords précités. Il est question, à ce propos, de trois programmes exécutifs, quatre mémorandums d’entente, un programme d’application et un calendrier de coopération dans le domaine sportif, en application du mémorandum signé, pour rappel, en 2013, entre Alger et Madrid. Aux réunions exclusivement consacrées aux questions économiques, les responsables des deux pays ont abordé, notamment à cette occasion, les questions politiques, telles que la lutte contre le terrorisme, la paix et la sécurité dans le monde, et la promotion du Droit international dans le règlement des conflits. Avant de s’entretenir avec son homologue espagnol, Mariano Rajoy, au siège de la présidence du gouvernement espagnol et co-présidé avec lui la 6e réunion de Haut niveau entre Alger et Madrid, Abdelmalek Sellal a été reçu par le roi d’Espagne, Felipe VI, au palais de la Zarzuela, rencontre à laquelle était présent le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra.

Pour une coopération économique «plus importante»
Pour l’année passée, le volume global des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne a atteint près de 14,7 milliards de dollars ($), dont 9,7 milliards $ en exportation. Notons que l’Espagne représente 15% des exportations algériennes à l’étranger, et l’Algérie couvre 55,2% des besoins espagnols en gaz naturel, soit 25% des exportations de notre pays en gaz vont vers l’Espagne, plaçant, ainsi, l’Algérie premier fournisseur de l’Espagne, pour l’année 2014, en ce produit. Pour rappel, ceci a été possible grâce aux deux gazoducs qui relient Alger à Madrid, le Medgaz et le gazoduc Maghreb-Europe (GME). Secouées par la crise économico-financière, les économies occidentales, dont celle de l’Espagne, demeurent sous les impacts de cette crise, qui perdure, faut-il le noter, bloquant, à ce jour, le décollage de la croissance dans ces pays. Ce qui est à l’origine de la motivation exprimée par des responsables espagnols de booster les voies, en vue de hisser et d’élargir la coopération économique avec l’Algérie, détentrice d’atouts considérables, que nul n’ignore. C’est pourquoi, de son côté, Alger attend une plus grande «implication» des entreprises espagnoles, notamment dans l’investissement effectif en Algérie et aussi dans le transfert des technologies. D’autant plus que la phase actuelle est marquée par la volonté affichée des responsables algériens d’aller vers la diversification de notre économie, en vue de la création des richesses par l’activité économique productive, pour sortir, enfin, de la dépendance des recettes des hydrocarbures, lesquelles dépendent de l’humeur des rapports internationaux et du marché mondial, lesqu’elles sont en pleines mutations. Intervenant, lundi, devant le forum algéro-espagnol tenu à Madrid, la veille de la visite d’Abdelmalek Sellal, dans la capitale ibérique, le ministre de l’Industrie et des Mines Abdessalem Bouchouareb, a déclaré que «les nouveaux Groupes industriels sont en condition d’être autonomisés, et atteindre la taille critique pour l’avantage concurrentiel», avant d’ajouter, «et nouer des partenariats avec des acteurs privés, voire, à terme, ouvrir leur capital à des entreprises privées nationales et étrangères». Le forum de Madrid, tenu lundi dernier, a été l’occasion pour les deux parties de nouer des contacts en vue de rehausser le partenariat et la coopération entre Alger et Madrid, notamment dans le secteur de l’industrie. À ce propos, il faut noter que 40 projets d’investissement espagnols seulement ont été déclarés à l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi), dont 30 ont été réalisés, ce qui est en deçà des potentialités du marché. Avec les conclaves tenus à Madrid entre les responsables des deux pays et entre les acteurs économiques d’Algérie et de l’Espagne, l’ambition d’impulser un nouveau souffle au partenariat entre les deux pays pour le hisser au niveau des attentes et des besoins, dans l’intérêt mutuel, s’est fortement manifestée, au regard notamment des déclarations de part et d’autre. Pour Sellal, «avec un volume global d’échanges commerciaux qui a avoisiné, ces deux dernières années, les 15 milliards de dollars», les deux pays «se positionnent, désormais, comme des partenaires économiques importants», a-t-il affirmé, dans son allocution à l’ouverture, hie des travaux de la 6e réunion de Haut niveau algéro-espagnole. Soulignant dans en ce sens qu’il «existe entre nos deux pays un vaste gisement de potentialités à exploiter en commun, hors l’énergie», a précisé Sellal, avant de dire, plus loin, qu’il constate «avec satisfaction» que la coopération « s’est raffermie de manière appréciable». Indiquant à ce propos, à travers une présence «accrue» des entreprises espagnoles dans divers secteurs, citant les travaux publics et infrastructures, les transports, les ressources en eau et la PME/PMI. Et d’exprimer le «vœu que les deux pays s’impliquent résolument dans l’établissement d’une coopération encore plus ouverte», a-t-il souhaité, à même de donner «toute l’ampleur d’expression au patrimoine culturel que nous avons en partage», a-t-il souligné. La veille, dans le cadre de la tenue, lundi, du forum des hommes d’affaires algéro-espagnol, les secteurs retenus en priorité, pour traduire cette ambition, les énergies renouvelables, l’industrie agroalimentaire et la construction. C’est dans ce type d’activités et de créneaux que le savoir-faire espagnol s’est distingué, notamment dans les énergies renouvelables, étant donné que l’Espagne possède le quatrième parc éolien le plus important au monde, derrière la Chine, les États-Unis et l’Allemagne.

Les questions politiques
Même si la visite de travail du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en Espagne, a été marquée par le volet économique entre Alger et Madrid, avec la tenue de la 6e réunion bilatérale de Haut niveau algéro-espagnole, les questions politiques étaient aussi présentes, notamment lors des entretiens qu’a eus Sellal avec les responsables espagnols, et lors de la conférence de presse qu’il a animée conjointement avec son homologue espagnol, Mariano Rajoy. Un échange de vues sur les questions régionales et internationales d’intérêt ont ponctué les entretiens qu’a eus Sellal avec son homologue espagnol et les autres responsables des deux pays. L’occasion de rappeler l’expérience algérienne dans sa lutte contre le terrorisme et sa contribution par le rôle qu’elle joue sur le plan international, en matière de législation -convention-, relatif à la lutte contre le terrorisme. Phénomène couplé au crime transfrontalier organisé, plus particulièrement au trafic de drogue, le terrorisme constitue une menace grave à la stabilité et à la sécurité des pays, notamment ceux qui sont les plus touchés par ces crimes barbares. Des efforts à consentir davantage sur le plan régional et international, sans que la lutte contre le terrorisme soit un prétexte pour plonger les pays dans le chaos, pour des fins inavouées, comme ce fut le cas, en Afghanistan et l’Irak, et que le terrorisme freine lourdement les efforts de développement, dans les pays les plus touchés. Pour ce qui du règlement des crises et des conflits, Sellal a réitéré la vision et les principes fondamentaux de la politique étrangères de l’Algérie. Sur la question du conflit opposant le Front Polisario au Maroc sur le Sahara occidental, l’application du Droit international pour une question de décolonisation inscrite à l’ONU est incontournable, permettant, ainsi, au peuple sahraoui de bénéficier de son droit légitime à un référendum d’autodétermination.
Karima Bennour

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