CONSEIL CONSTITUTIONNEL

OPÉRATION DE COLLECTE DES PARRAINAGES : La course contre la montre a commencé

À quelques encablures de l’expiration du délai légal pour le dépôt des dossiers de candidature pour la Présidentielle du 18 avril prochain auprès du Conseil constitutionnel, les prétendants à la magistrature suprême et leurs représentants sillonnent, depuis plus d’un mois, les quatre coins du pays en quête des précieuses signatures.

Certains ont, d’ores et déjà réussi à collecter les 60 000 signatures à travers plus de 25 wilayas, comme exigences de la loi électorale, tandis que d’autres n’ont toujours pas pris la décision de participer ou pas aux élections. Ainsi, les prétendants au Palais d’El Mouradia s’activent pour parachever leurs préparatifs pour être au rendez-vous électoral. En effet, le dernier délai pour déposer le dossier auprès du Conseil constitutionnel est arrêté pour le 4 mars prochain. Ce Conseil, dirigé par Tayeb Belaïz statuera sur la validité des dossiers déposés, au plus tard dans un délai de dix (10) jours après l’expiration de ce délai (14 mars prochain, Ndlr). Il est évident que certains candidats ne trouvent pas de difficultés à rassembler ces signatures nécessaires, mais il n’en demeure pas moins que d’autres crient à des «pratiques malsaines». Pour le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, l’opération n’est qu’un simple jeu d’enfant. En effet, les partis de l’Alliance présidentielle sont à pied d’œuvre pour collecter un maximum de signatures. Ils affirment pouvoir rassembler plus de 2 millions de formulaires signés avant la date buttoir. Pour ce qui est des autres postulants, l’opération est plus compliquée que prévue. C’est le cas du général à la retraite, Ali Ghediri, qui a déjà dénoncé des « provocations contre ses délégués chargés de collecter des signatures ». Malgré ce, certaines sources au sein de la direction de la communication du candidat libre affirment qu’il a pu collecter plus de 82 000 signatures.
De son côté, le MSP a affirmé avoir parachevé l’opération en vue de valider le dossier de candidature de son président Abderrazak Makri. Sans donner le chiffre exact du nombre de signatures collectées, Makri a annoncé, lundi dernier, que son parti « a achevé la collecte des signatures des élus et des citoyens ». Pour sa part, le président du Front El Moustakbal, Abdelaziz Belaïd, a dénoncé, hier à El-Eulma (Sétif), ce qu’il qualifie de pratiques «non démocratiques», voire «immorales» exercées notamment sur des élus dans la majorité des wilayas lors de cette opération.
Pour ce qui est des candidats n’ayant pas pris de décision définitive quant à la participation ou pas aux élections, ils affirment qu’ils ont commencé à collecter ces fameuses signatures. C’est le cas d’Ali Benflis, président du parti Talaie El Hourriyet, dont un membre de son bureau politique a certifié qu’ils « vont rassembler à la fois les 60 000 signatures d’électeurs et les 600 parrainages individuels des élus nécessaires à la validation de la candidature d’Ali Benflis par le Conseil constitutionnel ». Idem pour Louisa Hanoune, qui n’a pas tranché encore sur sa participation, mais dont sa formation, le Parti des travailleurs, a décidé de retirer les formulaires de souscription, en attendant que le Comité central rende sa décision le 1er mars prochain.
Sur un autre plan, il est clair que certains partis ont dénoncé le « marchandage » dans la collecte de signatures, mais la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), chargée d’assurer des élections transparentes, se contente de dire qu’il n’y a pas des preuves qui confirment les faits, sinon les cas soulevés. En effet, Abdelwahab Derbal, président de la HIISE, avait affirmé qu’il « n’a pas de preuve pour accuser qui que ce soit de monnayer contre signatures pour le dossier de candidature à la présidentielle ». «J’ai entendu parler de rumeurs, mais je n’ai aucune preuve pour accuser telle personne ou tel parti d’acheter des signatures pour le dossier de candidature à la présidentielle», avait déclaré Derbal, selon lequel l’instance qu’il dirige travaille sur la base de preuves tangibles. Une chose est sûre, les prétendants à la course à El Mouradia n’ont plus que quelques jours pour pouvoir déposer les dossiers de candidature. Autrement, la course contre la montre est déjà déclenchée. Plus que quelques jours nous séparent pour connaître la liste définitive des candidats à la Présidentielle de 2019.
Lamia Boufassa