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ONZE CANDIDATS ONT PASSÉ LA PHASE FINALE : Quel vaccin pour l’Algérie ?

En plein feu de la pandémie de Coronavirus, plusieurs laboratoires à travers le monde se sont lancés dans une véritable course contre la montre à l’effet de mettre au jour un vaccin contre la Covid-19.

Il est clair que l’Algérie, à l’instar de tous les pays, part en quête de l’antidote. Pour l’heure, onze candidats vaccins en phase III des tests cliniques sont déclarés en ce novembre avec un coût et une efficacité propre à chaque produit. Dès lors, à s’interroger sur quel marque de vaccin l’Algérie jettera son dévolu. Ce que l’on sait, à priori, c’est que nos autorités se sont engagées à acquérir l’antidote à n’importe quel coût ! Autrement dit, la santé du citoyen « n’a pas de prix », pour reprendre le ministre de la Santé Benbouzid. Ainsi le vaccin russe Spoutnik V, et à se fier aux résultats préliminaires obtenus sur des volontaires 42 jours après l’injection de la première dose serait efficace à 95%, selon un communiqué du ministère russe de la Santé et le Fonds souverain russe. Quant au prix, il sera cédé sur le marché international à moins de 10 dollars » (environ 8,5 euros) », a annoncé le Fonds souverain russe.
Autre concurrent et pas des moindre : l’américain Pfizer associé à l’allemand BioNtech a annoncé un vaccin efficace à 90%. Seulement les conditions de sa conservation sont plutôt drastiques par rapport aux autres vaccins concurrents, en raison de sa composante. Le vaccin doit être impérativement maintenu à température constante de -70 degrés. Ce qui exige des infrastructures de stockage et une logistique importante.
Et bizarrement d’autres vaccins reposant exactement sur la même technologie ne nécessitent pas de telles conditions de stockage d’où la question est-ce un excès de précaution ou véritable nécessité ? Mais quoi que l’on dise, reste que l’antidote américain a d’autres mérites. C’est qu’il est le premier à avoir été développé en si peu de temps, et le premier à utiliser aussi la technologie de l’ARN messager, plutôt que les méthodes immunologiques plus courantes dans nos vaccins actuels, dont le développement et l’industrialisation prennent visiblement plus de temps.

La guerre des prix
Rapport prix, ce que l’on sait c’est que les États-Unis, avaient précommandé cent (100) millions de doses, du vaccin Pfizer et BioNTech. Un contrat dont l’administration américaine n’a pas gardé le prix en secret : ce sera presque deux milliards de dollars, soit un coût unitaire de 19,50$ la dose. À raison de deux doses par patient, cela mettrait le coût de la vaccination à 39 dollars, soit 33 euros environ.  Dès l’annonce de Pfizer, Moderna, un autre laboratoire pharmaceutique américain,  a surenchéri dans un communiqué du 16 novembre, indiquant que son vaccin à ARN (comme celui de Pfizer) montrait 94,5% d’efficacité au cours des essais de phase 3 menés sur plus de 30 000 Américains dont 42% à risque élevé de l’infection. Moderna assure que son candidat vaccin « reste stable entre 2 et 8 degrés Celsius sur 30 jours ». Mais pour assurer une conservation jusqu’à six mois, la température doit être maintenue à -20°C.
S’agissant du prix, Moderna compte demander aux gouvernements entre 25 et 37 dollars par dose de son vaccin candidat contre le coronavirus (Covid-19) en fonction de la quantité commandée, a déclaré ce dimanche 22 novembre 2020 le directeur général Stephane Bancel à l’hebdomadaire allemand Welt am Sonntag. La fièvre de l’exploit ne s’arrête pas à ces deux laboratoires américains puisque le français Sanofi a annoncé le 15 novembre à la télévision que son vaccin serait disponible en juin.
Le prix de vente de ce produit est plutôt abordable à croire Olivier Bogillot, président de Sanofi France. «  Ce n’est pas tout à fait défini encore» mais ce sera « à moins de 10 euros» la dose. Sauf que le groupe pharmaceutique a quelque peu nuancé le propos en affirmant simplement que : « Le vaccin sera à un prix abordable ». De son côté, le laboratoire anglais Astrazeneca avait annoncé le lundi 23 novembre dernier avoir obtenu 70% d’efficacité en moyenne avec son candidat-vaccin. Comme il est facile de le constater l’antidote anglait/Oxford est moins efficace que celui développé par Moderna ou le tandem Pfizer/BioNTech, mais il présente de nombreux avantages en termes de coût et d’accessibilité.
En effet, ce vaccin utilise d’abord une technologie plus traditionnelle que ses deux concurrents, et par conséquent moins coûteux et plus facile à stocker- entre 2 et 8 degrés Celsius-. Il peut donc être conservé dans des réfrigérateurs et ne requiert pas la très basse température comme c’est le cas pour les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna. La caractéristique du vaccin britannique fait qu’« il sera beaucoup plus facile à distribuer ». La dose de vaccin du laboratoire britannique coûtera environ 3 livres sterling, soit cinq fois moins que celui de Pfizer/BioNTech et plus de huit fois moins que celui de Moderna (25 livres sterling), selon la BBC. Plusieurs autres vaccins sont à des stades avancés comme l’autre américain  Johnson & Johnson, alors qu’en Chine, il y en a également au moins quatre qui en sont au même stade à savoir (CanSino, Sinovac, et deux par le groupe Sinopharm).
Brahim Oubellil

LE PROFESSEUR MUSTAPHA KHIATI :
« Il n’y a eu aucune publication scientifique sur les vaccins »
Le Pr Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem) a, dans une déclaration au site d’informations TSA, assuré que l’Algérie achètera le vaccin contre la Covid-19 quel que soit son prix.
« Le discours politique a été clair dès le départ : l’Algérie acquerira le vaccin le plus tôt possible quel que soit le coût », a noté Pr Khiati en évoquant l’achat du vaccin une fois mis sur le marché. Toutefois, tempère l’intervenant, si cette question est clairement tranchée par les autorités du pays, il n’en demeure pas moins que, s’agissant de la validation du vaccin ou des vaccins, la problématique reste posée. C’est que, explique Pr Khiati et contrairement aux pays disposant de leurs propres organismes de certification (la FDA aux USA, Agence européenne des médicaments, ndlr), d’autres États dont l’Algérie devront attendre la validation de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Il y a d’un autre côté, ajoute la même source, un autre souci auquel nous devrons faire face et qui a trait au vaccin lui-même. « Personne ne parle du problème des effets secondaires. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune publication scientifique sur les vaccins. Tout ce qu’on a ce sont les déclarations ou des communiqués des laboratoires qui les (vaccins, ndlr) fabriquent », a fait remarquer le Pr Khiati, affirmant que les laboratoires auraient signifié qu’ils dégageaient toute responsabilité quant aux effets secondaires éventuels de leurs vaccins respectifs.
B. O.