Libye

ONU-LIBYE : Résolution contraignante pour appuyer le cessez-le-feu

Le Conseil de sécurité de l’ONU devait voter et adopter hier mercredi une résolution contraignante appuyant le cessez-le-feu en Libye.

C’est la première résolution contraignante qui sera adoptée depuis le déclenchement du conflit. Le vote a été demandé par le Royaume-Uni, rédacteur du texte, qui a fait l’objet de discussions depuis plus de trois semaines. Le projet de résolution « affirme la nécessité d’un cessez-le-feu durable en Libye, à la première occasion et sans pré-conditions ». Dans ce texte, le Conseil de sécurité se déclare «préoccupé» par « l’implication croissante de mercenaires en Libye ». Cette mention avait été à l’origine la semaine dernière d’un blocage des négociations par la Russie, Moscou réclamant de remplacer le mot «mercenaires» par « combattants terroristes étrangers ». La position de la Russie, dotée d’un droit de veto comme membre permanent, peut évoluer vers le vote positif ou l’abstention pour ne pas faire échouer les négociations visant à instaurer un cessez-le-feu, préalable au dialogue inclusif et la mise en place d’un début de règlement négocié entre Libyens de la crise qui secoue leur pays. Au début des négociations, les États-Unis avaient réclamé que « les mercenaires russes du groupe Wagner » soient clairement identifiés dans le texte. Washington avait ensuite atténué sa position, en acceptant le simple mot de « mercenaires ». La Russie est accusée, depuis plusieurs mois, d’avoir soutenu l’acheminement en Libye de plusieurs milliers de mercenaires du groupe privé Wagner réputé proche de la présidence russe, au profit du maréchal Khalifa Haftar, qui cherche depuis début avril à s’emparer militairement de Tripoli. Moscou a nié toute implication. Le projet de résolution britannique « invite » par ailleurs les organisations régionales, « notamment l’Union africaine, la Ligue des États arabes et l’Union européenne », à voir comment elles « pourraient soutenir l’ONU » dans ses missions politiques et d’éventuelle supervision d’un cessez-le-feu en Libye. Une demande à laquelle l’Union africaine, a travers son conseil de paix et sécurité, a répondu favorablement .Le projet de résolution réclame la poursuite des négociations de la commission militaire conjointe créée fin janvier, dans laquelle sont représentés les deux camps, pour aboutir à un « cessez-le-feu permanent » incluant un mécanisme de contrôle, une séparation des forces et des mesures de confiance. Réunie à Genève, cette commission s’est séparée sans parvenir à un accord de cessez-le-feu, mais l’ONU a proposé une reprise des discussions à partir du 18 février. Le projet de résolution demande au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de lui soumettre des propositions sur le contrôle d’un cessez-le-feu « aussitôt que possible, une fois (que celui-ci) sera décidé par les parties libyennes ».

La position de l’Algérie est claire envers tous les frères Libyens et non seulement ceux de Tripoli et de Benghazi
À Alger , Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, est revenu sur son voyage à Benghazi et a réaffirmé que « le peuple libyen est le seul habilité à choisir qui le représente », infirmant « un quelconque mécontentement » du Gouvernement légitime en Libye en raison de sa dernière rencontre avec le maréchal Khalifa Haftar. « Les choses se sont bien passées lors de ma dernière visite en Libye, il n’y a eu aucun problème. Nous ne faisons aucune différence entre toutes les parties libyennes, car seul le peuple libyen est habilité à choisir qui le représente », a déclaré le ministre à la presse en marge d’une plénière de l’APN consacrée à la présentation et au débat du Plan d’action du gouvernement. Infirmant « un quelconque mécontentement » du Gouvernement légitime en Libye suite à sa dernière rencontre avec le maréchal Khalifa Haftar. M. Boukadoum a précisé avoir rencontré le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Taher Siala et « cette question n’a pas été soulevée ». Pour sa partet lors du Forum du Courrier d’Algérie , le politologue et professeur Mihand Berkouk a estimé que « La position de l’Algérie est claire envers tous les frères libyens et non seulement ceux de Tripoli et de Benghazi ». Il s’est dit, par ailleurs, confiant en l’apport de la diplomatie algérienne et sa capacité à résoudre le conflit dans le pays voisin pour de multiples raisons qui font de notre pays un des acteurs incontournables capable de trouver une solution consensuelle entre les parties libyennes. «Nous avons de l’expertise dans le dossier libyen, un savoir-faire mais aussi des relations historiques et humaines avec les Libyens», a assuré Berkouk, ajoutant que « notre pays a connu récemment un défilement de diplomates étrangers, dont des Libyens, des Italiens et Turcs en rapport avec la question libyenne.
M. Bendib