MUSTAPHA

MUSTAPHA ZEBDI, PRÉSIDENT DE L’APOCE : « Il faut sauver le pouvoir d’achat »

C’est un vrai cri de détresse qu’a lancé le président de l’Organisation algérienne pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, quant au pouvoir d’achat « en continuelle érosion ».

«Il ne s’agit pas uniquement de le relever, mais carrément de le sauver », a tonné M. Zebdi qui a été, hier, l’invité du Forum d’El Moudjahid. Et, entre autres mécanismes à même d’aider à le faire, le conférencier a cité « le plafonnement des marges bénéficiaires » des produits alimentaires et autres produits de large consommation.
La diminution des taxes, dont beaucoup ont été revues à la hausse dans le cadre de la dernière Loi des finances, est l’autre solution que l’APOCE a proposée. L’association a, dans la même perspective, demandé aux autorités – ce qui n’est pas, rappelons-le, une nouveauté – de revoir la composante, les prérogatives ainsi que les missions et les attributions du Conseil de la concurrence. « Il est aussi question, insiste M. Zebdi, d’ouvrir une (des) enquête(s) sur tous les dossiers que ce même Conseil a eu à étudier ».
Les autorités, de l’avis de M. Zebdi, devraient aussi mettre, au plus vite, les mécanismes adéquats pour un contrôle optimal de l’activité commerciale. « Aujourd’hui, dira-t-il, nous avons quelque 10 000 agents pour 3 millions de commerçants. Leurs efforts sont, sans doute, à saluer, mais leur nombre reste insignifiant en comparaison avec la complexité de la tâche ».

Une cinquantaine de grands dossiers
Outre le « sauvetage » du pouvoir d’achat qui « constitue une réelle urgence », le président de l’APOCE s’est a donné à une énumération interminable des dossiers sur lesquels le nouveau Gouvernement devrait se pencher. « Ce sont pas moins de 50 grands dossiers que nous mettrons sur la table d’une vingtaine de ministères », dira-t-il, assurant que beaucoup de ces dossiers n’ont besoin que d’un semblant de volonté politique pour un règlement définitif.
Il citera, en guise d’exemple, la « portabilité du numéro de téléphone », qui est, pour précisions, la possibilité pour un client de changer d’opérateur téléphonique tout en gardant son numéro. « En dépit que la loi somme les opérateurs d’assurer ce service, aucun texte d’application relatif à la question n’est encore promulgué. Ça ne relève pourtant que d’une simple décision », dira M. Zebdi qui reviendra longuement sur la médiocrité – sempiternel casse-tête des Algériens – du service Internet.
L’APOCE se demande, en outre, pourquoi le commerce électronique tarde à être mis en place. « Ça laisse la voie ouverte à toutes les arnaques », dira M. Zebdi qui explique les répercussions de ce retard en ces termes : « en l’absence d’une activité commerciale régulée, les consommateurs algériens se tournent vers les réseaux sociaux. Et souvent, l’on fait de mauvaises affaires sans pour autant pouvoir désigner de coupable. C’est le cas, par exemple, de ces corticoïdes qui, en plus de faire grossir, fragilisent le système osseux ».

Importation des véhicules de moins de 3 ans
Le chiffre « 50 » avancé par l’APOCE peut, à vue d’oeil, paraître exagéré, mais à écouter le président de cette association en faire une liste – non exhaustive, ça va de soi –, l’on se rend compte de la situation non enviable qui est celle du consommateur algérien. Il (le consommateur) n’arrive plus – ou difficilement – à se procurer un véhicule, vu les nouvelles lois qui régissent l’importation et cette imposture d’une production nationale. « Il faut lever toutes les entraves qui compliquent l’importation des véhicules de moins de 3 ans », dira M. Zebdi. Et d’ajouter : « nous avons reçu beaucoup de requêtes concernant la question. Et pas uniquement des particuliers. Des entreprises économiques et même des établissements sanitaires n’arrivent pas à se doter du matériel routant nécessaire à leurs activités ». Le conférencier s’étalera également sur la cherté des soins et les sommes dérisoires que la Sécurité sociale rembourse. Aussi sur les problèmes des transports : l’état déplorable de beaucoup de bus et de taxis en service, l’état des routes, le comportement des opérateurs… Aussi sur la question des OGM (Organismes génétiquement modifiés). « On a importé des aliments de bétail à base d’OGM », dira M. Zebdi qui a rassuré – seule bonne nouvelle – quant à la qualité du poulet commercialisé en dépit du fait que « 80% des producteurs échappent au contrôle ».
Hamid Fekhart

MYSTÉRIEUSE AFFAIRE D’INTOXICATION AU PLOMB
Le wali d’Alger saisi de l’affaire
Le président de l’APOCE, Mustapha Zebdi, qui intervenait hier au Forum d’El Moudjahid, a révélé  une mystérieuse affaire d’intoxication au plomb qui toucherait trois communes d’Alger.  Sans vouloir entrer dans les détails en dépit de l’insistance des journalistes, M. Zebdi dira également que des travailleurs d’une unité de production de batteries en seraient touchés. « Nous avons des soupçons quant à la source de cette intoxication», dira le conférencier qui a ajouté : « Une lettre a été adressée au wali d’Alger pour demander de mettre plus de lumière sur cette histoire. Nous avons aussi demandé une enquête épidémiologique qui tarde à être menée». Affaire à suivre.
H. F.