Mouvement anti-gaz de schiste d’In Salah : la rumeur contrecarrée

Le communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN), rendu public, mercredi dernier, n’a pas fait état d’un ultimatum pour la levée du sit-in des opposants au gaz de schiste à In Salah, lors de la rencontre entre le commandant de la 6e Région militaire avec les représentants des citoyens et les notables de la région. Il a été question durant cette rencontre, sur « l’instance » du responsable militaire, «de la nécessité d’éviter toute forme de provocation ou d’affrontements avec les forces de maintien de l’ordre » est-il précisé dans le communiqué du MDN, et aussi « de lever le sit-in pacifiquement ». En l’absence de toute information ou annonce, dans ledit document du MDN, fixant une date, une échéance ou bien un ultimatum pour qu’il soit mis fin au sit-in dans la ville d’In Salah, cela n’a pas empêché certains médias nationaux, d’annoncer le contraire. En se basant, en effet sur des «sources locales». L’opinion nationale en général, et celle d’In Salah en particulier ont été du moins destinataires d’une information qui n’en est pas une. Celle-ci a porté, pour rappel, sur la journée de demain, lundi, jour J de l’ultimatum pour lever le sit-in à In-Salah, qu’aurait donné le commandant de la 6e Région militaire lors de sa rencontre avec les représentants des citoyens et les notables de la région. Information d’une teneur et de portée non moindre au regard de la situation à In Salah notamment après les affrontements de samedi et dimanche derniers, entre manifestants et forces de l’ordre. Situation de tension et de violence qui a vu l’armée intervenir en la personne du commandant de la 6ème Région militaire, qui a organisé une rencontre avec les représentants des citoyens et les notables d’In Salah, en vue de garantir le retour au calme. Comme toute information n’est pas anodine, celle relative à l’ultimatum en question qui a été une rumeur, faut-il le rappeler non pas une information, suscitent des interrogations et des inquiétudes notamment. Pourquoi cette rumeur, alors que les conclusions et la teneur de la réunion du Commandant de la 6ème Région militaire avec les représentants des citoyens et les notables de la région n’ont pas porté sur cette question ? Quelle ont été les visées escomptées par les promoteurs de cette rumeur ?
Laquelle rumeur ayant été répandue a été médiatisée, non pas comme une rumeur ayant pris de l’ampleur mais comme « information et de source locale » ont rapporté des médias nationaux. Le timing, la nature et la portée de cette rumeur semblent largement à eux seuls de dégager les réponses quant aux visés escomptées par cette machination. À savoir susciter davantage d’inquiétudes parmi les citoyens d’In Salah opposés au gaz de schiste, après la portée de la rencontre entre le responsable militaire précité et les représentants de la société civile de cette ville. Et aussi faire porter l’attention sur les attentes de ce qui va charrier le jour J de l’ultimatum en question, qui n’en est pas un et dont ses promoteurs s’apprêtaient à lancer une autre manœuvre, le jour j, portant un préjudice en premier lieu au mouvement de mobilisation pacifique de plus de deux mois des manifestants, hommes et femmes anti-gaz de schiste. À ces derniers, le représentant de l’armée leur a demandé à travers les délégués qu’il a rencontré la semaine dernière «de lever le sit-in pacifiquement», sans leur signifier un ultimatum, lequel n’est pas mentionné, faut-il le rappeler, dans le dit communiqué du MDN. Le chef de la 6e Région militaire a mis en avant, mardi dernier, l’importance pour les manifestants de répondre aux appels au calme pour «assurer la stabilité» dans cette région du pays.
La maturité dont ont fait preuve, à ce jour, les citoyens d’In Salah dans leur mobilisation pacifique contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste a fait échec aux promoteurs de la rumeur précitée, qui à la veille du jour j, voient le cours des évènements contraire à ce qu’ils espéraient. N’étant pas altérés par plus de 67 jours de protestations pacifiques, contre le gaz de schiste, les habitants de cette région du pays s’apprêtent à entamer une nouvelle étape dans leur mouvement. Déterminés leur refus au gaz non-conventionnel, que même les experts, pour rappel, à travers le monde sont divisés entre pro et anti- gaz de schiste, les manifestants d’In Salah se donnent du temps dans l’attente d’une réponse du chef de l’État à leur demande relative au moratoire.
Doléance qui a été encore une fois exprimée lors de la rencontre avec le commandant de la 6ème Région militaire, lequel les a assurés de transmettre leurs doléances à son premier responsable dans l’institution militaire qui à son tour la remettra au président de la République. En attendant la réponse escomptée par les manifestants, ces derniers s’apprêtent à lever leur sit-in, et à permettre la réouverture de l’administration notamment les écoles. Il est également question du maintien de la cadence des débats et des échanges sur le gaz de schiste dont la fracturation hydraulique, en dehors des heures du travail, à l’intérieur des tentes qui ne seront pas démontées.
Karima Bennour

Une délégation de la CNLTD aujourd’hui à In-Salah
La Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) a décidé d’envoyer une délégation à In Salah pour apporter son soutien au mouvement pacifique des anti-gaz de schiste. Une délégation de la CNLTD à sa tête Sofiane Djilali, président du Jil Jadid, a pris le vol hier soir d’Alger en direction d’Adrar pour arriver aujourd’hui dans la ville d’In Salah. Cette démarche est selon ses initiateurs une «mission de soutien » aux citoyens des régions du sud du pays en général et ceux d’In Salah en particulier contre le gaz non-conventionnel. Pour le président de Jil Jadid, cette action s’inscrit dans la continuité de l’engagement de la CNLTD de soutenir «par tous les moyens pacifiques les «anti-gaz de schiste».
K.B.

Un commentaire

  1. Un pouvoir illégitime considère toujours que ce qu’il fait est juste et n’a de compte à rendre personne, dans le cas présent, les gens du sud, que j’appuie au passage dans ce combat, protestent énergiquement contre l’exploitation du gaz schiste. Le pouvoir doit renoncer à hypothéquer l’avenir de notre pays par l’exploitation de ce gaz qui apportera la désolation sur tout le pays, les nappes phréatiques seront polluées à jamais,c’est pour vous dire que les risques sont immenses si nous continuions à laisser ce pouvoir prendre des décisions sans prendre en compte les aspirations du peuple algérien: l’Algérie n’est pas une terre d’expérimentation pour les pays riches, nous devons avant tout penser à nos enfants et leur laisser une eau non polluée.

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