Malaoui

MILITANTES INTERPELLÉES ET DESHABILLÉES DANS UN COMMISSARIAT À BARAKI (ALGER) : Le SNAPAP condamne un «acte de grande violence»

Le président de Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), Rachid Malaoui, a condamné fermement, et a regretté amèrement l’interpellation de militantes du MDS et de Raj, à Alger, et l’humiliation et le déshabillement dont elles ont fait l’objet, dans un commissariat de police à Baraki (Alger).
Invité au Forum du Courrier d’Algérie, hier, Malaoui s’est dit, en revanche, s’attendre à de tels comportements et le recours à « la grande violence » envers ces militantes, qui se sont rassemblées, dimanche, devant la Grande-poste, où des manifestations se tiennent quotidiennement pour protester contre le système en place. « On s’attendait à cela, la tentation répressive qui vise à casser le mouvement. Mais il faut continuer et maintenir la mobilisation. Il faut consentir des sacrifices, panser la plaie, supporter et résister», a-t-il déclaré, en réponse à une question sur cette affaire qui a choqué l’opinion publique.
En effet, interpellées et embarquées par la Police nationale, quatre militantes et six militants du MDS et RAJ ont été conduits au commissariat de Baraki (sud-est d’Alger). Les femmes militantes ont été soumises à des fouilles corporelles avec déshabillement par une policière, selon leurs témoignages. Considérant ces pratiques de déshabillement «pas du tout adaptées à ce genre d’interpellations », Raj et le MDS ont condamné avec force ces « comportements d’un autre âge » et qui « portent atteinte à la dignité de la personne humaine ».

Le procureur général «doit se saisir» des révélations sur les forces anticonstitutionnelles
Appelant ouvertement au départ du gouvernement Bédoui, comme réclamé aussi par le peuple, Malaoui a vigoureusement critiqué le nouvel Exécutif l’accusant de vouloir s’imposer par le biais de forces extraconstitutionnelles. «Quand on voit Chihab Seddik du RND déclarer que depuis six ou sept ans, ce sont des forces extraconstitutionnelles qui géraient le pays, normalement le procureur général doit ouvrir une enquête et convoquer Chihab Seddik pour voir ses preuves », a interpellé Malaoui. « Quand on gère le pays par des forces extraconstitutionnelles, il s’agit de la haute trahison. Et la Justice doit se mêler, mais elle ne l’a pas fait. Donc, ces gens-là sont toujours là (…) Est-ce que quelque chose a changé en Algérie depuis le Hirak ? C’est toujours la même direction au gouvernement. Ce sont aussi les mêmes SG aux ministères. Les mêmes walis», a-t-il ajouté. Malaoui a adressé aussi des critiques contre le recours à de telles pratiques, en évoquant la démarche dont la Présidence par la voix du chef de l’État par intérim a voulu gérer la transition après la démission du président Bouteflika. Il se réfère à la supposée rencontre du 30 mars, révélée par le chef d’état-major de l’ANP, et laquelle a rassemblé «un groupe d’individus» accusés par Gaïd Salah de comploter «contre le peuple et l’armée», et où il était question d’une instance de transition gérée par l’ancien président, Liamine Zeroual, selon les révélations de ce dernier. « Comment expliquer le fait que Toufik va chez Zeroual et lui fait part d’un accord convenu avec (Saïd Bouteflika, frère et conseiller de Bouteflika, NDLR) et non pas avec Bouteflika ? Bouteflika est une institution légale, même s’il est illégitime. Mais un accord convenu avec Saïd c’est anticonstitutionnel car c’est un conseiller et non pas un décideur », dénonce le président du Snapap.

Mise en garde contre les appels anonymes à la grève
Le président du SNAPAP a rejeté aussi les appels anonymes circulant sur les réseaux sociaux pour des grèves générales, depuis notamment le début de la mobilisation citoyenne du 22 Février. «Un appel à une grève doit émaner par un syndicat structuré et connu, en concertation avec les autres syndicats professionnels. Lancer des grèves anonymement ne vise qu’a casser le mouvement et l’objectif de la grève », a-t-il condamné ce qu’il appelle « un abus d’appels à la grève». Il reconnaît toutefois que des citoyens ont répondu « de bonne intention» à certains de ces appels, avant d’appeler à la vigilance en précisant que le SNAPAP se prépare à lancer, en concertation avec différents syndicats et collectifs, une « journée de grève générale politique », touchant à tous les secteurs d’activité. Il a, par la même occasion, appelé toutes les organisations syndicales qui avaient soutenu le système et le cinquième mandat, mais qui tentent aujourd’hui de monter la vague du mouvement citoyen, à « se retirer de la scène ».
Hamid Mecheri