Visa

Macron accorde des facilitations de visas à trois catégories d’Algériens : «Des instructions à l’ambassade de France en faveur des journalistes, des hommes d’affaires et des écrivains»

On spéculera encore longtemps sur la journée «spéciale Algérie» livrée hier, par le président français Emanuel Macron aux médias.

D’abord, on supputera sur la rencontre au sommet entre Macron et Rebrab, le patron de Cevital qui avait inauguré, hier, un projet industriel à Charleville-Mézières, générateur de 1000 emplois. Le président français était-il par hasard dans la région pour aller rencontrer l’homme d’affaires algérien ? Bien sûr que non. La rencontre, très médiatisée en Algérie même par le biais de deux canaux de télévision algériens privés présents sur place, avait été préparée avec la rigueur d’un métronome. En précisant en fin d’après-midi, que la visite de Macron à l’usine de Rebrab a été ajoutée à l’agenda présidentiel en dernière minute, l’Elysée s’excuse presque.
Il est vrai que Issad Rebrab allait investir 250 millions d’euros dans ce site de 15 ha qui va abriter, à terme, cinq usines, et c’était quelque chose d’intéressant pour une économie française en perte de vitesse, en plus des enjeux souterrains que cela pouvait induire. Faisant patienter un important Conseil des ministres, Emmanuel Macron est allé donner le coup d’envoi à ce projet initié par Issad Rebrab : « J’ai préféré venir tôt pour inaugurer cette usine […]. Je tiens beaucoup à cet homme d’affaires algérien pour aller au Conseil des ministres », a déclaré le président français devant Issad Rebrab. « C’est un beau projet qui a vocation de créer, à court terme, des dizaines d’emplois », a commenté l’Elysée, en précisant que l’État travaillait «depuis plusieurs mois avec Cevital afin de concrétiser un investissement dans le bassin d’emplois de Charleville-Mézières». On peut supputer aussi sur la présence sur les lieux de deux médias algériens, qui ont répercuté aussitôt l’annonce et les premières images en Algérie. Mais on s’attardera encore sur les annonces concernant l’octroi des visas pour les intellectuels et les hommes d’affaires algériens. Le président français a affirmé que les autorités françaises ont instruit les consulats de France en Algérie de faire preuve de «flexibilité» dans l’étude des demandes de visa introduites par les Algériens. «Nous avons donné des instructions à l’ambassade de France à Alger de faciliter l’établissement des visas pour les journalistes, les hommes d’affaires et les écrivains», a assuré Emmanuel Macron au quotidien arabophone El-Bilad, en marge de l’inauguration d’une usine du groupe Cevital.
«Nous avons demandé à notre ambassade de faire en sorte que les demandes émanant des ressortissants algériens soient étudiées avec plus de pragmatisme qu’avant», ajoutant qu’il attendait «une invitation du président Bouteflika pour se rendre à nouveau en Algérie». Emmanuel Macron a expliqué qu’il tenait, à travers ses instructions, à «maintenir le bon niveau des relations» entre l’Algérie et la France.
I.M. Amine