Luttre contre la contrebande : un implacable étau aux frontières ouest

L’étau se resserre de plus en plus aux frontières ouest du pays sur les trafiquants et contrebandiers, qui se trouvent devant un implacable dispositif de sécurité de la Gendarmerie nationale. De l’avis de connaisseurs du dossier, le phénomène de la contrebande ayant pris une ampleur inquiétante dans les dernières années, est à bout de souffle dans la bande frontalière ouest, notamment sur le territoire de la wilaya de Tlemcen, devant la batterie de mesures et de dispositifs mis en place par la Gendarmerie nationale, à travers les garde-frontières, en 2014, dans le cadre de la lutte contre ce dangereux fléau, portant atteinte à la santé publique et à l’économie nationale. Selon le commandant du 2e département régional d’Oran des garde-frontières, le colonel Abdelkrim Remli, 2014 aura été une année décisive en matière de lutte contre la contrebande eu égard aux importants dispositifs opérationnels mis en place et au développement de la stratégie de lutte qui commence à donner des fruits, illustrés par les données chiffrées et les statistiques de cette année.

La baisse du nombre de véhicules saisis cette année (172 seulement contre plus de 711 en 2013) prouve que ce phénomène est dans une courbe descendante et renseigne, selon le colonel Remli, sur la difficulté de franchir la bande frontalière ouest où la sécurité a été renforcée par d’importants équipements, dont des tranchées et des barrières qui soutiennent les opérations de lutte et dissuadent les contrebandiers. Les véhicules, aux immatriculations souvent falsifiées, sont utilisés pour être revendus sur le sol algérien, pour introduire du kif du Maroc en Algérie, ou pour acheminer du carburant hors de frontières, a-t-on souligné. Les équipements ont été installés sur la bande frontalière ouest, notamment sur le territoire contrôlé par le 2e groupement régional de la Gendarmerie nationale (englobant les wilayas de Tlemcen et Naâma) suivant une conception prenant en considération la topographie et la position géographique des agglomérations frontalières, a-t-on expliqué.
Le même responsable a indiqué, dans ce sens, que les études et les enquêtes menées par la Gendarmerie nationale, dans le cadre de la lutte contre le crime organisé transfrontalier et la contrebande, ont révélé que les trafiquants profitaient de la nature du terrain, ce qui a nécessité de creuser des tranchées, d’installer des barrières et de multiplier les patrouilles pédestres et montées pour maîtriser leurs mouvements. Pour sa part, le responsable de la communication au Commandement de la Gendarmerie nationale, le lieutenant-colonel Abdelhamid Kerroud, a affirmé que la stratégie de lutte contre le crime transfrontalier et la contrebande, renforcée en moyens humains et matériels importants, a prouvé son efficacité sur le terrain, soulignant qu’il est devenu, par conséquent et devant les tactiques étudiées de ce corps de sécurité, trop risqué pour les trafiquants et les contrebandiers de s’aventurer sur la bande frontalière ouest.
Le bilan des activités des services relevant du 2e commandement régional d’Oran de la Gendarmerie nationale affirme que la capacité de manœuvre des contrebandiers est « nettement réduite » suite à l’immobilité d’utilisation de véhicules, remplacés par des baudets, signalant, dans ce sens que les unités des gardes-frontières ont intercepté, en 2014 dans les wilayas de Tlemcen et Naâma, 2 374 de ces bêtes de somme transportant du carburant et de la drogue, contre seulement 450 en 2013. Mieux encore, les unités des garde-frontières ont mobilisé d’importants moyens et adopté un judicieux déploiement pour annihiler toute tentative de destruction d’embûches ou d’utilisations de passerelles en bois ou en fer par les trafiquants les contraignant à se replier.

Les saisies de carburant ont doublé
Les quantités de carburant, destinées à la contrebande vers le Maroc et saisies ont doublé passant de 450 000 en 2013 à 900 000 litres cette année, selon le bilan du 2e commandement régional de la Gendarmerie nationale. Cette hausse des quantités saisies démontre que les tentatives de contrebande du carburant trouvent en face une grande vigilance et un dispositif de sécurité draconien, à tel point que les « hallaba », qui utilisaient auparavant des véhicules qu’ils conduisaient eux-mêmes, recourent aujourd’hui aux baudets dressés, utilisés en caravanes nocturnes. Des informations révèlent que les mesures et les dispositifs dissuasifs dans les frontières ouest du pays ont contribué, en 2014, à un approvisionnement en carburant stable dans la région.
Les réseaux de trafic de drogue (kif en provenance du Maroc) voient, pour leur part, leurs tentatives d’introduction de ces poisons en Algérie vouées à l’échec. Plus de 60 tonnes de kif ont été saisies, en 2014, dans la bande frontalière ouest sur un total de 80 tonnes dans le territoire de la compétence du 2e commandement régional de la Gendarmerie nationale. Selon des données, les trafiquants traqués aux frontières ouest recourent à d’autres méthodes et voies d’acheminement de cette drogue, en se tournant vers le sud du pays et la mer.

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