Une table ronde consacrée à l’action syndicale, aux ressources naturelles et aux mécanismes du droit international et des droits de l’Homme s’est tenue mercredi, à l’occasion de la Journée nationale des travailleurs et du 52e anniversaire de l’opération de dynamitage de la ceinture de phosphate, menée le 20 octobre 1974. Organisée par l’Union des travailleurs de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro, cette rencontre a réuni des représentants de la présidence de la République sahraouie, du ministère des Territoires occupés et des Communautés, ainsi que des unions des agriculteurs et des juristes. Les participants ont abordé les différents aspects de la lutte nationale sahraouie, notamment sur les plans juridiques et des droits de l’homme, en mettant l’accent sur les efforts déployés pour défendre les droits du peuple sahraoui. Ils ont également évoqué les acquis enregistrés dans ces domaines, dans la perspective de la réalisation de l’objectif fondamental du peuple sahraoui : la liberté, l’indépendance et le rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire national, par voie terrestre, maritime et aérienne.
Les décisions judiciaires comme levier de défense des droits sahraouis
Intervenant lors de cette rencontre, mardi, le conseiller du président de la République sahraouie chargé des ressources naturelles et des questions juridiques, Abi Béchraï El-Bachir, a souligné l’importance de la bataille autour des richesses naturelles dans la défense de la souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire et la concrétisation de son droit à l’autodétermination, qu’il a présenté comme la seule solution juste à la question sahraouie. Selon lui, les acquis obtenus dans ce domaine ont contribué à renforcer l’arsenal juridique défendant la cause sahraouie, considérée comme une question de décolonisation dont le règlement passe, a-t-il insisté, par la garantie du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Abi Béchraï El-Bachir a notamment mis en avant les décisions de la justice européenne, affirmant qu’elles établissent clairement que le Maroc et le Sahara occidental constituent deux territoires distincts et séparés. Il a également rappelé que le Front Polisario dispose d’une personnalité juridique en tant que représentant légitime et unique du peuple sahraoui. Il a, par ailleurs, souligné que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la souveraineté sur ses ressources naturelles a également été affirmé par la justice africaine.
L’exploitation des ressources contestée au regard du droit international
Pour le responsable sahraoui, la poursuite de la bataille juridique, en s’appuyant sur les acquis déjà enregistrés, doit contribuer à fragiliser l’économie de l’occupation, qu’il considère comme un facteur essentiel de son maintien. Cette démarche doit également, selon lui, favoriser la mobilisation solidaire et renforcer la visibilité internationale de la cause sahraouie. Il a ajouté que l’arsenal juridique reconnaissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la souveraineté sur son territoire et ses ressources constitue un outil important pour renforcer les démarches judiciaires et poursuivre les acteurs impliqués dans l’exploitation de ces richesses.
Abi Béchraï El-Bachir a estimé que les ressources naturelles du Sahara occidental figurent parmi les facteurs expliquant la persistance de l’occupation.
Il a ainsi souligné la complémentarité entre le combat juridique et l’action diplomatique, appelant à intensifier la mobilisation et les démarches de plaidoyer. Il a enfin affirmé que les tentatives du Maroc et de ses alliés visant à contourner le droit international et à priver le peuple sahraoui de ses droits se sont heurtées aux décisions judiciaires existantes. Selon lui, le Maroc ne dispose pas de souveraineté sur le Sahara occidental et toute exploitation de ses ressources naturelles menée sans consultation du peuple sahraoui et de son représentant légitime, le Front Polisario, est illégale et constitue une violation du droit international.
M. Seghilani

