AKRAM EL KEBIR ROMANCIE copie

Littérature : «Vivement septembre» un roman d’Akram El Kebir

L’écrivain et journaliste Akram El Kebir a présenté son nouveau roman, «Vivement septembre», samedi, lors d’une séance de vente-dédicace à la librairie Livres, art et culture.
Le jeune et talentueux romancier (32 ans) a profité de cette rencontre avec ses lecteurs, une assistance composée notamment de passionnés, mais aussi de proches et d’amis, pour parler de l’ambiance dans laquelle il a écrit son nouveau livre. «J’ai écrit ce livre très rapidement et j’en ai même profité pour glisser un autre roman à l’intérieur de cette même histoire», a-t-il fait savoir, en soulignant qu’il ne s’agit pas d’une autobiographie ni d’une auto-fiction.En effet, avec ce deuxième roman, Akram raconte l’histoire de Wahid, un jeune à la limite de la névrose, déchiré par un amour et une personnalité aux facettes multiples. Bien qu’il le nie, ceux qui connaissent Akram retrouve une partie de lui dans le personnage, ne serait-ce qu’à travers l’amour de Wahid pour le cinéma. Autrement, Akram n’aurait pas entamé la première partie de son histoire avec une citation de Woody Allen, un cinéaste qu’il admire et dont l’humour se rapproche du sien.Justement, le lectorat qui a l’habitude de suivre le jeune romancier à travers son compte facebook, est habitué à un humour fin, poussé, parfois noir mais ne manquant guère de profondeur et toujours donnant à réfléchir.Ce n’est pas ce qu’on retrouve dans Vivement septembre, qui raconte l’histoire d’un écorché vif et dont l’amie, Yasmina, fait tout pour le pousser à l’écriture. C’est en effet ainsi qu’Akram se rattrape d’avoir mis douze ans pour publier un deuxième roman en responsabilisant son personnage, lui confiant le deuxième roman à l’intérieur du roman.«C’était un texte que je n’ai pas assumé et j’ai pu le glisser ainsi», résume-t-il, tout en rappelant qu’il ne cesse jamais d’écrire, c’est juste qu’il ne publie pas forcément. Mais la générosité du jeune auteur est certainement ailleurs que dans la construction des histoires et des personnages. Il s’agit de sa capacité à nous décrire l’actuelle ville d’Oran, avec ses détails et ses spécificités qu’on a tendance à négliger. Il revalorise tout ce qui a de l’intérêt aujourd’hui, et balaie la nostalgie d’un Oran des années soixante-dix ou quatre-vingt pour nous faire réaliser qu’El Bahia est le théâtre des plus belles romances et retient les pires des tragédies. Il décrit les rues de tous les jours, les bistrots et les salles de cinéma, comme pour rappeler qu’elles résistent à notre déni. Il décrit les gens comme des personnes et non pas des personnages, ce qui crée des liens au-delà du texte et de la fiction.