L’intervention militaire, en Libye, sur la table du Conseil de sécurité

Plus de 60 pays prennent part, depuis hier soir, à Washington, à la Conférence internationale sur «L’Extrémisme violent». Initiée par la Maison-Blanche, il est sera question, durant deux jours, de la tenue d’une réunion restreinte, de près de 30 pays, consacrée à la question «des combattants étrangers», ouverte par le secrétaire d’État américain, John Kerry, et son collègue à la justice, Eric Folder, et d’une conférence au niveau ministériel des pays participants, prévue au deuxième jour, au cours de laquelle, le président Obama prononcera un discours. Le Conclave de Washington autour du thème retenu par l’oncle Sam, à savoir «L’Extrémisme violent», intervient après et au cours d’une série d’évènements survenus, et qui se sont succédé, notamment depuis janvier dernier, sur la scène internationale. Le bilan de six mois des frappes aériennes de la Coalition internationale, conduite par les États-Unis, contre les positions des groupes terroristes de Daech, en Irak et en Syrie, et les nouvelles donnes induites par les derniers évènements. Il s’agit des attentats du 7 janvier, en France, puis la marche de Paris, du 11 de ce même mois, l’assassinat odieux par Daech du pilote jordanien et, plus récemment, le massacre abject des 21 Égyptiens, dimanche dernier, par Daech en Libye, et quelques heures après la mise en exécution de la décision du président Es-Sissi, de mener des raids militaires, contre les positions de Daech, à Derna, en Libye. À cela, s’ajoute aussi la portée et la teneur de l’Accord Misk II, sur la crise ukrainienne, adopté, avec le concours de Moscou, Berlin et Paris, entre Kiev, soutenue par les États-Unis et leurs alliés, les Occidentaux, et les rebelles qui bénéficient du soutien de la Russie. Cet Accord signé porte sur un cessez-le-feu, et un document de 13 points pour le règlement politique et sécuritaire du conflit. C’est sur fond, notamment de ces donnes précitées, que se tient la Conférence internationale de Washington, autour de «L’extrémisme violent», comme ordre du jour. Les pertes importantes qu’ont subi les groupes de Daech, en Irak et en Syrie, notamment en l’espace géographique, ont été possibles, non par les frappes de la Coalition, mais par la mobilisation de l’armée et le peuple, irakiens, ce qui a été aussi le cas en Syrie.
Par ailleurs, il est utile de noter qu’au moment où se tient la Conférence de Washington, le Conseil de sécurité des Nations unies sera, lui aussi, en conclave pour se pencher sur la demande de l’intervention étrangère en Libye, requête formulée par le président égyptien, lequel a appelé à «travailler ensemble pour vaincre le terrorisme». L’évolution de la situation en Libye, depuis notamment l’assassinat abject des 21 Égyptiens par Daech, suscite des interrogations à plus d’un titre, au regard des conséquences induites par ce crime barbare, dont le retour en force d’une éventuelle intervention militaire étrangère en Libye. Après que cette perspective a été mise en stand by, ouvrant l’amorce, en janvier dernier, du dialogue interlibyen, sous l’égide de l’ONU, et le dernier round, mercredi dernier, à Ghadamès, en Libye, voilà que l’acte terroriste en Libye de Daech, a propulsé la voie de l’intervention étrangère dans ce pays. Approche sur laquelle le Conseil de sécurité s’y penche, promue notamment par le président françai, dans sa communication téléphonique avec son homologue égyptien, après les frappes de l’aviation militaire égyptienne contre les positions de Daech en Libye. Ils ont souligné au cours de cet entretien téléphonique» l’importance que le Conseil de sécurité se réunisse et que la communauté internationale prenne de nouvelles mesures» sur la Libye. Après la précipitation de l’ex-président français, Nicolas Sarkosy, dans sa demande d’intervenir en Libye, pour des «raisons humanitaires», dès le début de la crise, février 2011, traduite en mars, un mois après, par l’intervention de l’Otan, voilà que son successeur à la tête de la Présidence française, François Hollande, lui emboîte le pas, quatre ans après, pour demander l’intervention étrangère en Libye. Sauf que, cette fois-ci, la crise économico-financière, toujours en cours, les frais de toutes opérations militaires, en Libye, obligent davantage l’adoption de la voie de l’élargissement de la Coalition internationale, dont l’objectif visé par la Conférence en question de Washington. Nul n’ignore, par ailleurs, que depuis l’invasion par les États-Unis de l’Afghanistan, en 2001, pour déloger les talibans du pouvoir et mener une lutte contre le terrorisme, à ce jour, ce pays continue d’être le théâtre d’actes d’attentats terroristes. Paris, qui au lendemain de l’attentat contre le journal satirique «Charlie Hebdo», a organisé une marche contre le terrorisme, à laquelle ont pris part des présidents et chef de gouvernements de nombreux pays, ce même jour, une réunion entre le ministre de la Justice américain, Eric Folder, et les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, a eu lieu, dans la capitale française. Ministre américain de la Justice, qui a été aussi désigné avec son collègue, John Kerry, à l’ouverture des travaux de la Conférence internationale de Washington, autour du thème susmentionné. Faut-il noter, par ailleurs, que le rôle que jouent, notamment la Turquie et le Qatar, en Libye, pour maintenir le chaos dans ce pays, dont font état des observateurs, des experts et des professionnels de médias internationaux, n’est pas pointé du doigt par les fervents des va en-guerre, dont la France ? L’assèchement des ressources financières, le contrôle et la fermeture des voies de transit, des moyens militaires et des djihadistes, en Syrie, Libye, Irak et ailleurs aux groupes terroristes, dont Daech. N’est pas sur ces questions prioritaires que la communauté internationale est appelée à prendre des mesures plus pertinentes et des positions plus tranchantes, à même de réduire les capacités des groupes terroristes jusqu’à l’asphyxie ?
Karima Bennour

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