Libye, Constitution et autres urgences de Tebboune et de l’Exécutif

La diplomatie est toujours à la Une de l’actualité, Libye oblige. Elle ravit difficilement la vedette à l’information nationale, où la révision de la Constitution et les consultations de la présidence se bousculent avec les questions économiques, sociales, éducatives, de harga, d’accidents de la route et même telluriques qui interpellent également l’Éxécutif. Les ministres s’activent comme on l’a rarement vu faire auparavant, à cause aussi des prix de la pomme de terre, des accidents de la route et des saisies permanentes de quintaux de drogue, ainsi que le phénomène de la corruption, autant de problèmes nécessitant aussi des solutions urgentes.
Alors que la conférence de Berlin sur la Libye a entériné un accord sur un programme a minima en vue d’imposer un cessez-le-feu permanent à la place de la fragile trêve actuelle, l’Algérie a accueilli une rencontre importante, si ce n’est capitale. En effet, jeudi passé, notre ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a réuni les ministres de la diplomatie des pays voisins de la Libye et de l’Union africaine (UA) en vue de participer à la résolution de la crise qui ravage ce pays frère depuis 2011. La responsabilité de notre pays est entière et c’est la première fois depuis la mort du président Kadhafi que l’Algérie semble aussi sérieusement impliquée pour mettre un terme à la souffrance des Libyens mais aussi aux répercussions gravissimes que la crise a sur ses voisins et le Sahel. Il est indéniable que ce pays est devenu le foyer de propagation du terrorisme, de la migration clandestine, du trafic de drogue et d’armes, en plus d’abriter toutes sortes de mercenaires et agents troubles.
« Une solution politique pacifique inter-libyenne avec l’appui de la communauté internationale demeure la seule solution à la crise libyenne », a soutenu M. Boukadoum, précisant que « l’Algérie saluera toute partie mue par la volonté de contribuer à l’instauration de la paix dans un État voisin et frère ». Franc, il n’a pas manqué d’asséner : « Les pays voisins doivent consentir davantage d’efforts pour mettre fin à cette tragédie qui nous touche directement ». Il n’y a pas de doute que la rencontre d’Alger a permis de mettre chaque pays frontalier devant ses responsabilités,
Ainsi donc, c’est « en prônant la sagesse et la retenue et en écartant la solution armée », dixit Boukadoum, que les démarches entreprises par l’Algérie et les pays voisins peuvent répondre au vœu du peuple libyen et celui de ses voisins, car le dialogue des armes sera catastrophique pour, les libyens et aussi pour tous les pays de la région, dont le destin est lié. C’est dans ce sens que notre chef de la diplomatie a assuré que l’Algérie « poursuivra ses efforts pour resserrer les rangs du peuple libyen », mais il n’a pas manqué de préciser que notre pays élèvera sa voix, lorsque nécessaire. En effet, il est de son droit et de son devoir d’être ferme dans une affaire qui nous concerne de près, puisqu’il y va non seulement de l’intérêt de la Libye mais de l’Algérie et de la région. Il est à espérer que les pays qui s’y sont ingérés se plient désormais aux règles de neutralité et s’acquittent de leur devoir de bons offices. Une diplomatie algérienne qui allie fermeté et volonté nous réconcilie avec une période de prestige qui ne peut être définitivement révolue.
A.E.T.