Bouteflika-Rajoy

L’Espagne est le 3e investisseur européen dans notre pays : Rajoy à Alger pour disputer le marché algérien

À défaut d’un partenariat algéro-européen qui bat de l’aile, sinon loin de son meilleur niveau, les pays de la rive Nord ont tendance à revenir aux accords bilatéraux.

Après la France, l’Italie, la Belgique et la Roumanie, l’Espagne vise à protéger son assise économique avec l’Algérie. Se trouvant depuis hier à Alger, son chef du gouvernement, Mariano Rajoy Brey, à la tête d’une imposante délégation ministérielle et d’hommes d’affaires, semble même concéder sur les exigences de l’accord UE-Algérie. À priori, il y a à comprendre, par la déferlante série de visites de chefs de gouvernements européens, une exigence d’agenda. En témoigne, la tenue de la 7e session de la réunion bilatérale de Haut niveau algéro-espagnole, qui s’est soldée par la signature de 8 mémorandums d’entente dans les secteurs des assurances agricoles, de l’industrie et des mines, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et la recherche, des postes, des télécommunications et du numérique, et de la protection civile. Ainsi, en termes d’échanges commerciaux, aux deux premiers mois de l’année 2018, l’Espagne occupe la position de premier client de l’Algérie alors qu’elle se plaçait en troisième position en 2017. Une année, lors de laquelle l’Algérie a exporté vers l’Espagne un volume de 4,1 milliards de dollars et en a importé pour 3,1 milliards USD. Malgré un échange plus ou moins équilibré entre les deux pays, où la tendance est plutôt favorable à l’Algérie, le Premier ministre Ouyahia note un niveau faible des investissements espagnols hors-hydrocarbures dans le pays. «La présence économique espagnole en Algérie demeure encore modeste avec 47 partenariats seulement conclus en 15 années pour un montant de moins de 2 milliards d’euros. Certes, nous avons enregistré aussi la venue de plus de 500 entreprises espagnoles depuis l’année 2000, mais elles étaient là pour des contrats de réalisation. D’ailleurs, elles sont reparties une fois que leurs chantiers avaient été achevés», a-t-il observé en marge de la tenue du forum d’affaire algéro-espagnol où quelque 700 participants, parmi algériens et espagnols, issus d’organismes institutionnels et économiques. Dans son fond, la visite du chef du gouvernement espagnol reste indissociable de la conjoncture économique difficile en cours en Algérie. Depuis le gel à l’importation de quelque 850 produits vers le pays, en effet, l’Espagne a subi de plein fouet la décision, qui lui a fait perdre des rentrées d’argents, pour une mesure prise tout de même dans l’intérêt de l’économie algérienne. D’ailleurs, depuis l’entrée en vigueur de cette interdiction au 1e janvier 2018, les autorités espagnoles n’ont cessé de se plaindre sur une problématique qui revient, aujourd’hui, au débat à l’occasion de la visite de Rajoy. Saisissant le message du gouvernement espagnol, Ouyahia attend un geste de «compréhension» de la part des partenaires traditionnels de l’Algérie surtout que ce gel des importations est annoncé temporaire. C’est-à-dire, le temps de redresser la barre des équilibres financiers de l’économie nationale. D’ailleurs, cette période de grâce voudrait qu’elle soit profitable aux investissements productifs générateurs d’une plus-value et par conséquence faire émerger le produit local comme substitut à celui gelé à l’importation.

Le Président Bouteflika reçoit Mariano Rajoy
Après ses entretiens avec les hauts représentants du gouvernement, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy Brey, a été reçu, hier en audience, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en présence du Premier ministre Ahmed Ouyahia, ainsi que les responsables des ministères régaliens de l’État. Il s’agit du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, et du général de Corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.
Farid Guellil