CJUE

LES TERRITOIRES SAHRAOUIS EXCLUS DE L’ACCORD DE PÊCHE UE – MAROC : Rabat reçoit une autre gifle de la CJUE

Le Maroc continue de compter,  chaque jour un peu plus, ses revers diplomatiques. C’est ainsi qu’après le scandale des diplomates de son ambassade en Colombie, dépouillés par des prostituées, ou encore les images montrant le commandeur des croyants ivre-mort en pleine rue, ou encore les échecs de son ministre des Affaires étrangères à rallier la cause, coloniale de son pays, de nouveaux soutiens,  la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), vient de lui infliger une nouvelle gifle en excluant les territoires sahraouis, de l’accord de pêche conclu avec des pays européens et entré en vigueur le 28 février 2007.

C’est un véritable succès diplomatique qui pourrait faire avancer la cause du peuple sahraoui dans sa lutte pour la reconnaissance du droit de son peuple à l’autodétermination.
Il faut rappeler dans ce cadre que cet arrêt de la  CJUE intervient après un premier verdict prononcé, le 19 septembre 2021 par le tribunal de l’UE qui avait statué sur une plainte déposée par l’ONG Western Sahara campaign auprès de la Haute cour britannique. Cette dernière avait sollicité l’avis du tribunal européen qui avait promulgué un arrêt excluant les territoires sahraouis de cet accord de pêche entre le Maroc et certains pays européens. La CJUE n’a fait que confirmer une décision déjà rendue et qui oblige les entreprises européennes à s’y conformer pour ne pas subir les sanctions prévues par le parlement européen de Bruxelles.
Il faut préciser dans ce cadre que c’est un véritable coup à l’économie marocaine, notamment les entreprises activant dans le domaine de la pêche qui se livraient, depuis 2007, à une véritable mise à sac des richesses halieutiques du littoral de la RASD. L’accord entre le Maroc et des pays européens prévoyait des prises des cotes sahraouies, à hauteur de 90% des quantités fixées par cet accord. Il faut savoir ainsi que le Maroc devra renégocier des accords de pêche ne concernant que ses cotes et son plateau continental, ce qui ne représente que 10% des volumes adoptés dans le cadre de l’accord.
Cette situation va pousser le Maroc a ruser et à recourir au savoir-faire de son nouvel acolyte Israël passé maître dans l’art de contourner les restrictions imposées aux produits agricoles issus des territoires palestiniens occupés et interdits de vente dans l’espace européen. Israël fait voyager son Orange produite à Jaffa, dans les territoires occupés pour l’estampiller produite  Chypre ou en Espagne et ainsi pouvoir la mettre sur les marchés européens. Certains pays, ont éventé la ruse st exigent aujourd’hui une meilleure traçabilité des produits importés d’Israël.
Le Maroc pourrait recourir à cette « tromperie» pour continuer à vendre les produits de mer pêchés dans le littoral de la RASD. Et c’est là l’essence de la nouvelle bataille juridique et politique que s’apprête à mener le Front Polisario et les dirigeants de la République sahraouie. Et en attendant, malgré le soutien d‘Israël, de la France et de certains pays membres du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’Onu est décidé à garder en vie, le processus onusien de paix qui reconnait le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Slimane B.