Intemperies

Les temps pluvieux, un cauchemar et une peur bleue pour les plus vulnérables : Effondrements de maisons, glissements de terrain, routes coupées, des situations récurrentes

Les pluies torrentielles qui se sont abattues, ces derniers jours, sur Alger et d’autres wilayas du pays, font craindre le pire, pour bon nombre de citoyens, exposés à des situations critiques, telles les familles habitant des maisons vétustes et même des écoliers et leurs encadreurs, enseignants et personnel administratif, à cause de la vétusté d’établissements scolaires.

L’hiver n’est qu’à ses débuts, que déjà des effondrements sont signalés ici et là, à travers le pays, qu’il s’agisse de mur d’habitations comme ce fut le cas, vendredi et mercredi derniers, à la Casbah, à Alger, ou non loin, le glissement de terrain à Bologhine, la fermeture du CEM Allam-Mensour, à Sétif, ou sur les hauteurs d’Alger, où un autre glissement de terrain à Zeghara près de la basilique Notre-Dame d’Afrique sur les hauteurs d’Alger, a été enregistré, vendredi dernier. Heureusement que les accidents précités et d’autres, dont certains ont été rapportés dans le bilan de la Protection civile, n’ont pas fait de victimes. La crainte d’être face à l’irréparable rythme le quotidien des familles et citoyens les plus vulnérables, aux conséquences des Bulletins météo Spéciaux (BMS), annonçant un temps non clément. Si le glissement de terrain, survenu à la rue Omar Gherdis, dans la commune de Bologhnine, Alger, vendredi dernier, a endommagé 11 véhicules stationnés , dans la matinée de vendredi dernier, les habitants et les passants de la Basse-Casbah d’Alger,précisément à la rue Tamgilt, face à la Grande Mosquée Ketchawa, ont vécu une peur bleue outre qu’ils ont été replongés dans le douloureux souvenir de la perte de leurs voisins, la famille Maldji, de cinq membres, dont un bébé et un garçon, le 22 avril dernier. Ensevelis, suite à l’effondrement, en cette date, de l’immeuble vétuste, de la rue Tamgilt, le déversement en un laps de temps record, dans la matinée de vendredi dernier, des décombres restant, depuis à ce jour, à l’intérieur de l’immeuble qui n’a gardé que sa façade extérieure, a créé une panique général et un fort sentiment que le pire a été évité de justesse. Les décombres qui se sont brusquement déversées,à l’extérieur, sur la chaussée en raison des pluies qui se sont incrustées, à l’intérieur, ces derniers jours d’averses et d’intempéries, auraient pu être fatal s’il était survenu un jour de semaine. À quelques pas de là, deux établissements scolaires s’y trouvent, et des dizaines d’écoliers du cycle primaire, ne prenant pas garde aux multiples dangers qui les guettent, traversent, de dimanche à jeudi, la Rue Tamglit pour rejoindre ou de provenance de leurs classes des Établissements Tarek Ibn Zyad, et Abdelkader Bouabaya.

«Heureusement y a pas école aujourd’hui, un drame a été évité»
«Heureusement y a pas école aujourd’hui, c’est vendredi et pas de marché aussi, sinon on aurait vécu l’irréparable» lançait  un habitant du quartier, stupéfié sur ce qui vient d’arriver et outré par le laxisme des responsables de la commune de la Casbah et de la wilaya d’Alger, qui n’ont pas, à ce jour, déblayé l’immeuble des débris des murs et des plafonds qui se sont effondrés sur la famille  Maldji. À la vue de cette catastrophe, un autre son d’alarme vient encore une fois d’être lancé, sur les risques d’effondrement, demeurant majeurs, dans la Casbah, en l’absence d’un rythme soutenu des travaux de réfection et de relogement des habitants des maisons vétustes. Pour rappel, le drame de l’immeuble effondré, avril dernier, a causé la mort à cinq victimes d’une même famille, le jeune Adlane Maldji et Rayane son petit garçon, Mustapha, le frère d’Adlane et sa femme et leur bébé. Mercredi dernier, un autre accident est survenu, sur les hauteurs de la Casbah, à Bir Djebbah, ne faisant heureusement pas de victimes, suite à l’effondrement d’une vieille bâtisse, à la rue père et fils Boudries, à Bir Djebbah. La Maison inhabitée qui s’est totalement éboulée à l’aube, en raison des pluies, n’a pas causé, heureusements de victimes, mais a toutefois foudroyé, par son effet surprise, les habitants du quartier, de peur et de panique. Les habitants de Bir Djebbah craignent «l’effet domino» selon l’expression d’un habitant, rencontré lors de notre déplacement sur les lieux, pour voir de près, nous déclare-t-il, la gorge serrée : «l’ancienne Médina est sensée être dotée d’un plan permanent de sauvetage et de sauvegarde de la part des autorités, toute une histoire est en train de partir, petit à petit avec l’effondrement des bâtisses de la Casbah». Alors que des propriétaires ont et réussissent, tant bien que mal, «à réhabiliter et opérer des travaux de réfection», nous lance un autre, «des maisons mitoyennes délaissées par les autorités locales et de la wilaya et aussi de leurs propriétaires qui ont quitté les ruelles de la Casbah, menacent ruine et risquent d’emporter, avec elles, nos habitations rénovées» nous dira un habitant, rencontré sur les lieux, mercredi dernier, concluant que «le risque d’effondrement est permanent ici, dans toute la Casbah» déplorant le fait que ce joyaux de la Capitale et de l’Algérie continue de subir les aléas du temps et de voir ces murs et ces maisons s’écrouler, à chaque formation de gros nuage gris dans le ciel bleu qui l’enveloppe, depuis des lustres.
Mohamed Amrouni