On peut tout dire sur la lutte contre les grosses affaires de corruption menée par la justice algérienne depuis 2019. On peut même critiquer le volet relatif à la récupération des avoirs détournés à l’étranger par les grosses têtes de la « Issaba » parce que la démarche aurait pris du temps. On peut palabrer matin, midi et soir sur le sujet. Mais on ne peut pas contester les faits. Aujourd’hui, les chiffres sont là. Et ils ne mentent pas, dit-on. Après le montant astronomique de 30 milliards de dollars représentant les avoirs et les biens spoliés récupérés par l’État – un bilan établi courant de l’année 2025 – l’Algérie a réussi à se faire restituer, auprès de la Suisse, un fonds détourné de plus de 110 millions de dollars. C’est dire que la démarche relative au recouvrement de l’argent volé au peuple algérien va bon train. Les demandes introduites, il y a longtemps, auprès de partenaires, européens surtout, commencent à donner leurs fruits. Le gouvernement a donné, ce dimanche en Conseil des ministres, le dernier bilan de l’opération. Pour le cas de la Suisse, 33 commissions rogatoires ont été adressées à ce pays, dont 20 dossiers ont été examinés et acceptés. Résultat des courses : 4 dossiers liés aux fonds détournés et gelés ont été définitivement traités. La démarche menée par l’Algérie auprès de l’Espagne a aussi donné des résultats concrets. Il faut rappeler, par exemple, la restitution, fin 2025, à l’Algérie, de l’hôtel « El Palace » de Barcelone, un prestigieux établissement 5 étoiles. En revanche, la France, qui est concernée pourtant par 61 commissions rogatoires, refuse de coopérer pour la récupération de fonds appartenant, de surcroît, au peuple algérien. Au total, pour n’en rappeler que le bilan donné en juillet dernier par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, la justice algérienne a introduit 335 demandes d’entraide judiciaire internationale à 32 pays. Il s’agit de demandes émises sous forme de commissions rogatoires internationales qui concernaient les efforts visant à tracer, geler et confisquer les revenus criminels. L’Algérie avait également adressé 53 demandes pour la récupération d’avoir auprès de 11 pays, dont un pays situé dans le continent africain. Aujourd’hui, la récupération des fonds détournés à l’étranger devient une réalité tangible. La démarche de la justice est qualifiée d’audacieuse et d’un acquis stratégique pour l’Algérie.
Farid Guellil






































