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Les dirigeants du Sommet de l’UE sur la migration aboutissent à un accord au forceps : Évacuation de la raison principale du flux migratoire

C’est au bout de la nuit de jeudi à vendredi, que les dirigeants de l’Union Européenne ont fini par s’entendre sur un texte, mais non des réponses concrètes, au flux des migrants, qui est un souci, pour la côte nord de la Méditerranée, mais une profonde douleur et détresse humaine, pour les milliers de familles de pays africains émetteurs, et une mort certaine pour d’autres milliers d’africains à la recherche d’une vie meilleure.

Les dirigeants de l’UE sont arrivés, à s’entendre sur un document, dans lequel il ont inscrit les grandes lignes et les bases de la discussion, dépassant ainsi les divergences ayant rythmé le débat européen, ces dernières semaines, sur la question de la migration, notamment entre Paris et Rome. Alors que la question de la migration illégale bat son plein dans l’actualité internationale, des États-Unis, à l’Europe et notamment en Afrique, le volet politique liée à ce phénomène est souvent occulté, dans l’espace politico-médiatique, lequel met en lumière que les nombreuses noyades dramatiques de migrants, à bord d’un navire de fortune, ou des opérations de secours, après que des pays comme la France et l’Italie, se disputaient récemment sur la place de celui qui ne les accueillera pas, sans se soucier de l’état dans lequel sont les migrants, jeunes, femmes et enfants, après de longues heures d’une traversée, qui dans la plupart des cas, finit par un drame. . Dépassant un peut soit-il leurs divergences, pour sortir avec un message commun, après l’échec de leur rencontre précédente sur cette même question, le texte comprend quelques principes, dont le plus important est la solidarité de l’ensemble des pays de l’UE, à l’Italie, après que Rome a menacé de faire échec au Sommet de l’UE sur la migration. Pour le secrétaire d’État belge à l’Asile et à la Migration, Théo Francken, «Des avancées ont été enregistrées dans les grandes lignes», a-t-il déclaré, sur le conclave des dirigeants de l’UE, avant d’ajouter, que «les grandes lignes sont positives, mais pour le reste on n’y est pas encore» a-t-il dit, sans manquer de souligner que «la priorité, désormais est de conclure des accords avec les pays africains» selon ses propos. Les pays riches de l’espace européen subissent la croissante pression migratoire des pays classés dans la catégorie pauvre, outre que l’effondrement des institutions en Libye a plongé plus d’un million d’africains, travaillant dans ce pays, sur la voie de l’appauvrissement par la perte de leur emploi, ainsi que leurs familles dont celles restées dans leurs pays d’origine. Le Sommet de l’UE s’est penché sur les conséquences de longues années d’un système économique mondial, qui dans le monde a permis à une minorité restreinte d’accumuler la richesse aux dépens de la majorité croissante, dont notamment des pays africains pourvoyeurs de ce flux migratoire, que les réseaux mafieux gèrent et génèrent des sommes colossales, par son exploitation cette détresse humaine. Laquelle main d’œuvre, si elle parvient à atteindre l’espace européen, tombe dans une autre exploitation, comme c’est le cas pour ceux qui sont employés dans les champs de récolte et d’agriculture, en Italie et en Espagne, pour ne citer que ces pays de l’UE. Certains observateurs avancent que plus de cent compagnies occidentales, cotées à la Bourse de Londres, exploitent dans 37 pays de l’Afrique sub-saharienne des ressources minières d’une valeur de plus de 1 000 milliards de dollars. La France, selon eux, contrôle le système monétaire de 14 de ces ex-colonies africaines, par le biais du Franc CFA (à l’origine acronyme, pour rappel, de «Colonies Françaises d’Afrique», renommée, en «Communauté Financière Africaine», pour conserver la parité avec l’euro, et ces 14 pays africains doivent verser au Trésor français, la moitié de leurs réserves monétaires. Un système qui permet, par la même occasion à ces pays riches de peser sur le cours de la vie politico-économique dans ces pays, notamment par des choix ne favorisant pas l’émergence d’une économie productive favorisant tout développement socio-économique durable du pays.
Des conséquences sociales sont dévastatrices, au fil des années, et en Afrique sub-saharienne, où la population dépassant le milliard, se compose de 60 % d’enfants et de jeunes, âgés, moins de 24 ans, et environ, selon des observateurs et chercheurs universitaires, les deux tiers des habitants vivent dans la pauvreté et parmi ceux-ci, environ 40 %, soit 400 millions dans des conditions de pauvreté extrême. Alors il est plus judicieux pour les pays de l’espace de l’UE, de se pencher sur les raisons profondes ayant poussé des milliers de jeunes à se lancer sur la voie de la mort, pour tenter de vivre, d’autant plus que la politique du tout sécuritaire a montré ses limites, et ce n’est pas avec les centres de regroupements de ces migrants dans l’espace africain, notamment dans sa partie nord, que le problème touchera à sa fin.
Karima Bennour

L’Organisation internationale pour les migrations contre les centres d’accueil hors-UE
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence onusienne basée à Genève, s’est prononcée vendredi contre l’idée de création de centres d’accueil de migrants, lancée par les dirigeants de l’Union européenne en dehors de l’UE. Toute solution à la problématique liée à la gestion migratoire « doit être une solution européenne », a affirmé un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle, lors d’un point de presse. Le porte-parole a fait observer à cet égard que l’organisation internationale « ne parle pas de centres de traitement des demandeurs d’asile à l’étranger, c’est un point crucial », relevant que « ces centres devraient être en Europe ». L’OIM, a-t-il dit, a fait part de sa préoccupation concernant notamment l’ouverture de « plateformes de débarquement » en Libye du fait de l’insécurité qui y règne. M. Doyle a expliqué à cet égard que « l’essentiel du débat sur les migrations est grandement disproportionné par rapport à l’ampleur réelle du problème ».