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LES ALGÉRIENS ONT MANIFESTÉ PACIFIQUEMENT À TRAVERS PLUSIEURS WILAYAS : La marche ratée des intégristes

En réponse à un appel anonyme, fort propagé ces derniers jours sur les réseaux sociaux, des milliers de citoyens sont descendus hier dans les rues, à travers plusieurs régions du pays, pour marcher pacifiquement et exprimer leur colère et indignation, à moins de deux mois de la tenue de l’élection présidentielle.

Ainsi, les wilayas d’Annaba, Sétif, Boumerdès, Tizi Ouzou, Relizane, Béjaïa, Bouira, Tiaret, Oran, Sidi Bel Abbès…- pour ne citer que quelques régions où les manifestants ont laissé forte impression- ont connu des marches pacifiques où les protestataires brandissaient des slogans hostiles à un «cinquième mandat de Bouteflika», comme mot d’ordre donné à ces actions.
Jusque-là interdite à toute manifestation publique non-soumise à autorisation des autorités, la capitale, Alger, a été secouée par plusieurs marches dans l’après midi de cette journée. D’ailleurs, tôt dans la matinée de ce vendredi, un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé sur les importantes ruelles, boulevards, quartiers et places publiques de la Capitale. Les autorités publiques ont fait appel aussi à la surveillance aérienne. En effet, durant toute la journée d’hier, deux hélicoptères de la police et de la gendarmerie ont survolé le ciel algérois. Comme incidence immédiate, la circulation routière a connu une paralysie, alors que le Métro d’Alger a été suspendu au trafic durant l’après-midi. À leur sortie de plusieurs mosquées, et rejoints par des partisans, des centaines de citoyens ont battu le bavé de la Place du 1er Mai, comme point de chute et rendez-vous des manifs, en empruntant le boulevard Hassiba Ben Bouali pour finir au boulevard Amirouche. De L’autre côté d’Alger-centre, plusieurs manifestants, criant à gorge déployée leur rejet d’un «cinquième mandat», ont sillonné les artères du quartier populaire et mythique de Bab El Oued. Un peu vers les hauteurs d’Alger, des jeunes marcheurs munis de banderoles et brandissant des slogans «anti-cinquième mandat» ont réussi à faire une percée parmi les colonnes de policiers et des camions anti-émeute déployés, pour aller en direction du Palais présidentiel d’El-Mouradia. Les éléments des forces de l’ordre ont dissuadé les manifestants par le moyen d’un canon à eau mais sans incidents majeurs à signaler. Au plan sécuritaire justement, quelques escarmouches ont éclaté ça et là, à Alger notamment. Mais de façon générale, ces actions se sont déroulées dans le calme, du moins jusqu’à 17H00 de cette journée. Politiquement maintenant, on distingue un gagnant, le peuple à savoir, qui refuse toute forme de manipulation, dont les partisans du chaos structuré ont fait actionner les cellules dormantes post-décennie noire du terrorisme. C’est ce même islamisme radical qui a mis en péril la sécurité de l’Algérie durant les années 90 qui tente, aujourd’hui, de réclamer la paternité de ces marches, du fait qu’elles se sont tenues après la prière de vendredi. Oublieux que les fidèles qui sortent de la mosquée sont avant tout des Algériens qui, donc, ne sont pas tous issus de tel ou tel autre courant politique. En somme, des Algériens qui, après avoir fait la prière, et ayant été rejoints par d’autres compatriotes, sont descendus dans la rue pour crier leur ras-le-bol.
Farid Guellil

MARCHES PACIFIQUES À BOUMERDÈS
Impressionnant dispositif sécuritaire
En dépit des menaces, des prêches guidés dans des mosquées et des dispositifs sécuritaires très impressionnants mis en place, de nombreux citoyens composés en grande partie de jeunes sont sortis  hier dans les rues à travers toutes les localités de la wilaya en signe d’opposition à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour briguer un 5ème mandat. Les manifestants ont sillonné les grandes artères des villes pour crier leur opposition. Défiant, les dispositifs de sécurité mis en place depuis la veille, les manifestants ont répondu massivement aux appels lancés à travers Facebook. Ainsi, des marches ont été organisées à travers plusieurs localités pour ne citer en exemple que Boumerdès, Bordj-Ménaiel, Boudouaou, Naciria, les Issers où la société dans toutes ses composantes est sortie dans les rues pour manifester pacifiquement contre la mal-vie, la hogra, la mauvaise gouvernance, la corruption, la dilapidation des biens publics et autres fléaux, lesquels «sont générés par le système », dénoncent les manifestants. « Ya Bouteflika Makach el Ouhda el khamsa ! », « FLN dégage ! »,  «Pouvoir assassin !»,  «Y en à marre de ce système !», sont entre autres des slogans qui ont été scandés par les nombreux manifestants qui ont participé aux marches organisées à travers les agglomérations de la wilaya. Saluant le caractère pacifique des protestations, des manifestants à Boumerdès et à Boudouaou ont assimilé cette journée à celle de l’indépendance ou le peuple est sorti comme un seul homme pour dire non «à la mafia et au système» qui sont responsables de cette situation de décadence du pays dans tous les domaines.
B. Khider

BOUIRA
Les citoyens de plusieurs localités répondent à l’appel
À l’instar de plusieurs régions d’Algérie, plusieurs marches populaires qui ont drainé les centaines de citoyens ont eu lieu à travers des localités de la wilaya de Bouira pour exiger le changement du système mais aussi afficher leur refus pour la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat. En effet, à M’chedallah comme à Lakhdaria, Aomar gare et aussi au chef-lieu de la wilaya, plusieurs centaines de citoyens à majorité jeune sont descendus dans la rue pour exiger le changement du système en place. Les marches populaires en question ont été encadrées par des centaines de policiers en tenue et en civil. Les hommes de la sécurité se sont contentés d’encadrer les manifestations de loin. Ils étaient postés non loin des itinéraires des marches et prêts a intervenir pour éviter tout débordement. Les manifestants ont opté pour des marches pacifiques le long des itinéraires où ils se sont contentés de crier des slogans hostiles au cinquième mandat et réclamaient le changement du système en place. Si dans les petites localités à l’image de M’chedallah, Aomar gare et Lakhdaria les marches populaires n’ont duré que quelques quarts d’heure, au chef-lieu de la wilaya, la marche qui a débuté aux environs de 14h continue toujours au moment ou nous mettions sous presse ; soit près de trois heures. Les manifestants ont sillonné plusieurs quartiers de la ville sous les regards attentifs des services de sécurité postés non loin des lieux. Il importe de souligner qu’aucun incident majeur n’est a signaler durant ces manifestations qui étaient pacifiques. Le calme semble revenir dans les localités qui ont connu des manifestations mis à part le chef-lieu de la wilaya où la grande marche populaire continue au moment où nous mettions sous presse.
Omar Soualah