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LE SG DU FRONT POLISARIO, PRÉSIDENT DE LA RASD, BRAHIM GHALI : « Rabat suscite des tensions pour faciliter une intervention étrangère éhontée dans la région»

Le secrétaire général du Front Polisario, président de la république sahraouie,  Brahim Ghali, a condamné les assassinats par le Maroc, de citoyens civils, indiquant que «  les opérations terroristes lâches de l’occupant marocain  à l’encontre de civils, sahraouis, algériens et mauritaniens » visent à créer une « nouvelle réalité de tension et de chaos, dans la région, en vue de « faciliter une intervention étrangère éhontée » servant les dessins des agents coloniaux.

Dans son allocution d’ouverture lors de la supervision, de la 5e session ordinaire du secrétariat national du Front Polisario, le Président sahraoui, Brahim Ghali saluant vendredi, «tous les amis et alliés de par le monde du combat libérateur du peuple sahraoui » a réaffirmé « la solidité » des relations de fraternité et de bon voisinage entre la République sahraouie et la République algérienne. Faisant part de son estime et de sa reconnaissance pour « la position de principe ancrée de l’Algérie, peuple et gouvernement, sous la direction du Président, Abdelmadjid Tebboune, aux côtés du peuple sahraoui et sa cause », il a salué également «  l’engagement de l’Union africaine (UA) quant aux respect des principes de son acte constitutif », en mettant en valeur les positions exprimées par plusieurs pays africain, à leur tête la République de l’Afrique du Sud. Réaffirmant que le peuple sahraoui, qui prônera toujours la paix juste et durable, « a décidé souverainement d’intensifier son combat légitime de libération » avec tous les moyens légaux, a-t-il poursuivi,  «à leur tête, la lutte armée jusqu’au parachèvement de la souveraineté de la République sahraouie sur l’ensemble de son territoire national ». Soulignant que toute démarche des Nations unies (ONU) «ne visant pas le parachèvement du règlement convenu, par la mise en œuvre de la tâche de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) » sera un contournement, poursuit le SG du Front Polisario «honteux de l’engagement conjoint, une conspiration et un manquement non seulement pour le peuple sahraoui pacifiste, mais également à l’égard de la légalité internationale en général ». Les déclarations du responsable sahraoui interviennent à moins d’un mois après l’entrée en fonction, le 1er novembre dernier, du nouveau envoyé spécial du SG de l’Onu pour le Sahara occidental, stafan De Mistura , après plus de deux ans de vacance de ce poste, suite à la démission de l’allemand Horts Köhler et un an après la violation, le 13  novembre 2020 par le Maroc du cessez-le-feu de 1991, conclu sous l’égide de l’ONU avec le Front Polisario, et l’envoi de la Minurso pour la tenue du référendum, qui n’a pas eu lieu ce jour, en raison du désengagement marocain et l’immobilisme du Conseil de sécurité à faire valoir la force du droit, par le parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental. Poursuivant son allocution d’ouverture de supervisions de la 5e session ordinaire du secrétariat national du Front Polisario, qui s’est tenu, au lendemain d’une année depuis la reprise de la lutté armée de libération du peuple sahraoui, le président Brahim Ghali a salué « avec fierté et estime » les combattants de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS), ainsi que « la montée » et la mobilisation « du militantisme héroïque du peuple sahraoui sur le front du territoire occupé et au sud du Maroc » , et ce, dira le SG du Front Polisario,  «en dépit de l’intensification par l’occupant marocain de ses procédés de répression brutale contre les sahraouis». Ce qui l’amène à leur adresser un message de « salutations et de soutien » notamment à la militante Sultana Khaya et à sa famille, qui sont sous le coup, depuis un an, d’un blocus inhumain et de diverses pratiques répressives et d’intimidations des autorités coloniales marocaines, citant « de torture, de menaces et d’atteintes à la dignité humaines et violations des droits de l’homme ».

La justesse de la cause sahraouie lui fait gagner les batailles sur tous les fronts de la lutte pour l’indépendance
À cette occasion, le président sahraoui a adressé « ses sincères salutations et un message de solidarité et de soutien à la militante Sultana Khaya et à sa famille, qui souffrent depuis un (1) an d’un blocus imposé par le Maroc et de diverses formes d’intimidations, de torture, de menaces et de pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine ». Sur un autre front de combat du peuple sahraoui pour ses droits légitimes, outre avec l’arme à la main, depuis le 13 novembre 2020, contre l’armée de l’occupation, le SG du Front Polisario a évoqué, à cette occasion, les autres acquis que la cause sahraouie enregistre, à divers niveaux, notamment dans les batailles diplomatiques et juridiques au niveau internationale, contre le Maroc et ses soutiens, principalement, l’entité sioniste et un des membres du Conseil de sécurité, la France, en l’occurrence. Des combats qui consacrent davantage la justesse de la cause sahraouie, que l’occupant marocain manœuvre en vain pour imposer le fait accompli au Sahara occidental. Le président Brahim Ghali a souligné, en effet, « la présence sans précédent de la cause sahraouie » à travers, notamment cite-t-il «  le renforcement du statut de l’État sahraoui au sein de l’Union africaine (UA) », en sus d’autres acquis importants enregistrés dans le domaine juridique. Il citera à ce propos, la dernière décision de la Cour de justice de l’Union européenne (UE), rendant caduc les Accords Maroc-UE, car incluant, en violation des lois européennes et la légalité internationale, le Sahara occidental, territoire autonome inscrit aux Nations unies et soumis à un processus de décolonisation, le dernier qui devrait, faut-il l rappeler, se traduire sur le continent africain mais qui est bloqué, en raison de l’inertie du Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et ses engagements, en matière de paix et sécurité international et de respect et l’application des textes de la Charte et des résolutions de l’ONU, pour une question de décolonisation, inscrite, depuis le début des années 60, sur son agenda.

 « Le Conseil de sécurité choisit la gestion de la crise au lieu de la résoudre »
Le président sahraoui a estimé que la dernière résolution 2602 (2021) du Conseil de sécurité de l’ONU traduisait « une tendance dangereuse » visant à contourner la légalité internationale, en adoptant, affirme-t-il «  la gestion de la crise au lieu de sa résolution », en ouvrant, poursuit-il, « à déformer le cadre juridique de la solution, de sorte qu’elle passe de sa formule simple et claire », consacrée dans la Charte et les résolutions onusiennes, à savoir la décolonisation du Sahara occidental et l’autodétermination du peuple sahraoui, « à un labyrinthe de concepts et de terminologies ». ,tendance, a-t-il souligné, est « une restriction complète » du travail de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, car dépassant l’essence du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO). Qui, en conséquence, poursuit le SG du Front Polisario «  se transforme en un simple moyen de violation du droit international », à travers « le maintien du statu quo de l’occupation militaire marocaine illégale de certaines parties des territoires de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », précise le président Brahim Ghali. M. Ghali, a par ailleurs, rappelé que le Front Polisario et le Royaume du Maroc, parties du conflit au Sahara occidental, et les Nations unies et son partenaire l’UA, « sont tous liés par un seul accord signé par les deux parties et entériné par le Conseil de sécurité », à savoir le plan de règlement ONU-Afrique de 1991, soulignant qu’ «au nom du peuple sahraoui, le Front Polisario ne peut s’engager dans aucune coopération en dehors du cadre juridique convenu» a-t-il précisé. Dans ce sillage, il s’est étonné du «mutisme international qui garantit une protection à l’occupation marocaine et l’encourage à persister dans son arrogance et son agression », et aussi « de l’incapacité de la MINURSO à protéger les civils sahraouis sans défense contre l’oppression de l’occupant marocain », voire même, souligne le SG du Front Polisario «  à surveiller ou élaborer des rapports sur la situation des droits de l’homme » dans un système politique colonial et d’occupation que nul n’ignore, est la négation même des droits de l’homme.
Karima Bennour