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LE PR. MOHAMED BOUDJELAL, MEMBRE DU HCI, AU « COURRIER D’ALGÉRIE » : «Un amendement de lois a été proposé par le HCI pour développer la finance islamique»

Membre du Haut conseil islamique (HCI), le Pr. Mohamed Boudjelal a révélé, dans cet entretien qu’il nous a accordé, que le Haut conseil islamique (HCI) a préparé un projet sur l’amendement des lois permettant d’accélérer le développement de la finance islamique en Algérie.

Selon lui, ce projet a été remis à la Présidence de la République depuis près d’une année maintenant. Spécialiste de la finance islamique, notre interlocuteur nous a fait savoir, également, que le projet en question concerne des propositions pour l’amendement de la loi sur la monnaie et le crédit.

-Le Courrier D’Algérie : On remarque que la finance islamique peine à gagner du terrain en Algérie. Quel est votre constat sur la question ?
-Le Pr. Mohamed Boudjelal : La finance islamique existe déjà par le biais de la création de la banque «Al Baraka» en 1991 et de «Essalam Bank» en 2008. Elle existe sur le terrain mais sur le plan juridique elle n’a pas eu encore son ancrage. Faut-il signaler également que la loi sur la monnaie et le crédit ne prévoit pas, explicitement, la commercialisation de produits bancaires islamiques. Il fallait juste aménager cette loi, en introduisant la possibilité pour les banques de commercialiser les produits «Shariah Compliant » et les produits de transactions financières conformes à la Shariah «Mourabaha», «Le Salam», «Istisn’aâ» etc…

-Vous plaidez pour une adaptation juridique de la finance islamique. Pensez-vous qu’il y a quelque chose qui se prépare pour développer ce mode de financement dans le pays?
-Le HCI a proposé des amendements de lois pour développer la finance islamique en Algérie. Le projet a été déposé auprès de la Présidence de la République depuis près d’une année maintenant. à présent, nous sommes en effet dans l’attente de la promulgation de ce nouveau règlement.

-Les banques islamiques en activité dans notre pays opèrent dans un environnement juridique qui n’est pas forcément favorable à ce genre d’activités. Qu’en dites-vous ?
-Oui, c’est la raison pour laquelle nous voulons adopter l’arsenal juridique comme cela se fait dans d’autres pays, parmi ceux qui veulent vraiment développer cette finance. Je vous donne l’exemple de l’Angleterre (un pays non musulman) et Singapour. Ces deux pays qui ont adopté le cadre juridique à la finance islamique ont pu développer ce domaine.
En Algérie, il y a des initiatives et des propositions et je pense que les choses vont «bouger petit-à-petit». J’espère qu’on atteindra cet objectif un jour et on aura bien notre arsenal juridique qui sera capable d’encadrer et de gérer cette finance.

- Êtes-vous donc optimiste pour l’avenir de ce secteur en Algérie ?
-Je suis optimiste et je considère que ce secteur contribuera énormément au développement et à la croissance de l’économie nationale. On l’a bien remarqué, il y a de la demande pour ces produits islamiques en Algérie.

-Quels sont les objectifs attendus par la finance islamique en Algérie ?
-La finance islamique a pour objectif de répondre à un besoin culturel et éthique pour des gens qui ne veulent et qui sont en légitime droit de ne pas recourir aux produits conventionnels «ribabiste».

-Et qu’en est-il de la part de ce marché financier au niveau national ?
-La finance islamique représente seulement 3% du marché bancaire algérien et - 20% du marché bancaire privé.
Entretien réalisé par : Mehdi Isikioune