Amiante

Le personnel éducatif se révolte à Béjaïa : Alerte à l’amiante dans les écoles

De l’amiante dans les écoles ! Ça peut paraitre ahurissant, mais ça existe bel et bien en Algérie. C’est le cas à Béjaïa, où le personnel du CEM Emir-Abdelkader à Aokas compte entrer dès aujourd’hui dans une grève illimitée, pour protester contre la présence d’une construction préfabriquée contenant de l’amiante.

Selon les syndicats activant dans la wilaya de Béjaïa, le CEM Emir-Abdelkader est loin d’être un cas isolé. En effet, ils révèlent que l’amiante est présente dans plusieurs écoles, à l’instar du CEM Tiniri à Akfadou. Le personnel, ainsi que les élèves sont exposés, depuis plusieurs années aux dangers de ce matériau réputé pour être cancérigène. Pour eux, la seule solution est de recourir à la grève pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur cet état de fait. Pour Boualem Amoura, secrétaire général du SATEF « plusieurs établissements scolaires à travers le territoire national contiennent toujours de l’amiante ». Affirmant que le personnel de certains établissements n’arrive pas à lancer des actions de protestation comme le cas du CEM Emir-Abdelkader, le syndicaliste a précisé que « cela ne change en rien l’amère réalité ». Pour sa part, le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie (Cla), Idir Achour, a affirmé que quatre établissements au niveau de la wilaya de Béjaïa contiennent toujours ce matériau. Néanmoins, il a assuré que le déblocage des projets de réalisation des écoles permettra d’y remédier. «Cela risque de prendre du temps, mais le dossier est sur la voie d’être traité», a-t-il rassuré, indiquant que la réalisation de nouvelles infrastructures permettra d’y remédier. Le caractère cancérogène de l’amiante est connu depuis les années 50. Interdit en France depuis les années 70, il aura fallu attendre jusqu’à 2009, en Algérie pour que les autorités réagissent pour éviter une catastrophe sanitaire. En effet, le gouvernement avait en 2009 interdit la fabrication, l’importation et la commercialisation de tout type de fibre d’amiante et des produits qui en dérivent ou en contiennent. Mais malgré cette décision, plusieurs élèves sont toujours scolarisés dans des établissements contenant ce matériau. Suite à cette décision, les quatre cimenteries, implantées à Gué-de- Constantine, dans la périphérie d’Alger, à Zahana (ouest algérien),  Bordj Bou-Arréridj (Est) et Meftah (Centre), qui étaient spécialisées dans la transformation de l’amiante importée, ont été fermées. Reste à identifier les infrastructures ayant été construites avec cette substance en vue de leur destruction. Bien que les chiffres exactes ne sont jamais communiqués à ce sujet, il convient de rappeler que la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit a, d’ores et déjà, été interpelée par le député du parti Taj Abdelghani Ouicher sur ce dossier. Ce dernier avait exposé le problème dans la wilaya de Bouira, où plusieurs établissements dans les communes d’Ath Laâziz et de Souk Lekhmis sont concernés. Ce n’est pas tout, puisque, en 2015 le ministère de l’Éducation nationale avait assuré de la destruction de neuf établissements scolaires contenant ce matériau au niveau de la wilaya de Constantine. Idem à Tissemssilt où les autorités locales de la wilaya avaient ordonné la démolition du lycée Sardo construit en préfabriqué à Bordj-Bounaâma et du Technicum El Wancharissi.
Lamia Boufassa