Accueil ACTUALITÉ Le MO Béjaïa continue son aventure africaine et sauve sa saison

Le MO Béjaïa continue son aventure africaine et sauve sa saison

0

À combien étaient évaluées les chances des enfants de Yemma Gouraya à l’appel du très contesté et contestable referée égyptien, M.Grisha. Du 50-50 pouvait-on au mieux espérer. Il n’en restait vraiment pas beaucoup quand, et juste avant la 1ère demi-heure de jeu (à la 28e mn exactement), le centre avant local, Chalali, invitera le keeper algérien, Rahmani, à aller chercher le cuir du fond de ses filets.

Par Azouaou Aghiles

Avant le coup d’envoi d’une partie qu’on savait plus que difficile et où il était demandé à la bande à Amrani pas moins qu’un exploit pour espérer décrocher le droit de disputer la phase de poules, le coach mobiste, en homme d’expérience et connaissant au mieux la manière de contrer un des plus redoutables, sinon une des plus illustres des formations à l’échelle continentale en raison évidemment de son parcours et de son histoire, déclarait, à qui voulait l’entendre, que le nul blanc (0-0) du match « aller » ne les « qualifiait pas, en même temps qu’il ne les éliminait pas», le résultat en lui-même étant considéré, à forte raison d’ailleurs, comme une arme à double tranchant. Le match piège par excellence. Le MO Bejaia, une équipe en prise au doute en championnat national et en passe de tout perdre. En crise latente même, au double niveau administratif et technique, des informations insistantes faisant état d’une lutte au sommet de la direction et des démissions en chaîne à attendre parmi ses plus importants responsables. En plus, et c’est l’heure du mercato d’été, une envie « palpable » de nombreux cadres à changer d’air à l’arrivée d’un exercice à mettre aux oubliettes, les milliers de «Crabes» n’étant pas enclins à pardonner à leurs favoris de les avoir déçus après une saison 2014-2015 en tous points positive, avec une deuxième place sur le podium et une éclatante victoire finale en Coupe d’Algérie. Un zéro-zéro qui tient à un fil lorsque les «sang et or» bénéficieront d’un penalty généreux. Suivra un ratage et un petit sursis pour une défense algérienne qui ne tardera pas à céder à la pression et mettre un genou à terre avec l’ouverture de la marque et le doute qui s’installe, les chances de revenir au pays avec le sésame pour la suite de l’aventure africaine et la réconciliation avec le public s’éloignant un peu plus. Se réduisant notablement. Une mission qui se complique et l’exploit qu’il faut se préparer à oublier. Avant que N’doye, décidément dans tous les bons coups, n’en décide autrement, quatre minutes plus tard (32e mn) en étant là au bon endroit et au bon moment, quand il profitera d’une grossière bourde du dernier rempart adverse, le pourtant très expérimenté Bencherifa qui relâchera malencontreusement le ballon dans les pieds du Béjaoui qui ne se fera pas prier pour rétablir l’équilibre au tableau d’affichage et avancer sur un invraisemblable exploit plus que jamais dans les cordes. Avec la précision que Zerdab et ses coéquipiers, qu’on pensait en petite forme, se devaient de resserrer encore plus les rangs et s’attendre à un véritable siège dans leurs derniers retranchements.
Ils plieront souvent mais sans jamais rompre malgré une terrible pression durant le reste de la rencontre (un peu moins d’une heure, soit 58mn) où il fallait du cœur, un marquage de tous les instants sur le porteur du ballon adverse, et compter également et surtout avec l’arbitrage vicieux d’un officiel au comportement suspect. Une égalisation venue certes contre le cours du jeu au vu de la domination tunisoise mais aussi la confirmation que le représentant algérien, échaudé par son expérience malheureuse en Champions league avait retenu la leçon et investi dans ce «reversement» en ne se présentant pas à Radès dans la peau d’une victime expiatoire, Amrani, rappelant à qui voulait l’entendre que le 0-0 de Béjaïa les maintenait en vie. Restait malgré tout une petite fenêtre ouverte sur les rôles principaux quand bien même l’adversaire, précédé d’une grosse réputation de cador d’Afrique, se présentait en favori en recevant dans son jardin. Qui se fera très vite à l’idée, une égalisation peut-être heureuse mais qu’ils digèreront très mal, en perdant petit à petit de leur superbe en dépit d’une domination de tous les instants. Des plus stériles toutefois. Qui ne suffira pas à déstabiliser un bloc défensif « vert et noir » bien sûr ses jambes et qui ne se laissera jamais conter, le groupe, le moral gonflé à bloc, solidaire comme jamais et qui saura préserver la parité à la marque avant d’aller à la pause citron, la moitié du chemin accompli. Avec un petit ascendant psychologique. Une demi-victoire aux points. D’autant plus certainement qu’ils reviendront sur le terrain avec la nette envie de préserver leur acquis en contraignant les joueurs de Souyah, qui n’arriveront que rarement à sortir de leur moitié de terrain, à user de balles aériennes au grand bonheur d’une arrière garde algérienne qui fera par ailleurs valoir un bel état d’esprit. En mettant, comme le reste du groupe, énormément de cœur à l’ouvrage après avoir bénéficié d’un coup de pouce du destin et d’un cadeau inattendu du portier ententiste auteur d’une faute d’inattention qui aura finalement lourdement pesé dans la suite des évènements, les Baouali, Yaya et autres Mebarakou ou Lakhdari revenant très vite dans la partie, se chargeant par la suite de bien gérer la pression, en gardant constamment leur sang froid en privant notamment leurs vis-à-vis d’espaces.
Une bonne intelligence dans le jeu et cette impression que les Mobistes, quelque peu transparents en Ligue1 «Mobilis» (ils ont perdu tout espoir de jouer directement un ticket africain en s’éloignant définitivement du podium) ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont mis en difficulté. Une sacrée performance (une 1ère participation historique à la phase de groupes de la CAF) qui nous rappelle le parcours formidable réalisé la saison dernière lorsque le MOB, que personne n’attendait à pareille fête, sauf peut-être ses bruyants inconditionnels, mettra l’habit de grand local en damant le pion aux traditionnelles grosses cylindrées en charmant l’auguste dame qui le leur rendra si bien en acceptant d’accomplir le pèlerinage de Yemma Gouraya, avant de terminer en dauphin de l’ES Sétif qui lui donnera la main en signant, il y a quelques jours à peine, une place dans la prestigieuse Ligue des champions où elle compte à nouveau s’imposer en leader. Qui a dit alors que le MO Béjaia était en crise ? On en reparlera dans une de nos prochaines éditions.
A. A.

Article précédent7e édition des Journées de la Mode en Algérie
Article suivantColonisation marocaine au Sahara occidental : la responsabilité de Paris et Madrid pointée du doigt