Le lait en sachet plus disponible que la semaine passée : Retour graduel à la normale ?

Quand le lait en sachet est en pénurie, il y a sans doute les prémices d’une crise qui fait plonger la population dans l’appréhension sachant que l’Algérien est le plus grand consommateur de cette denrée au Maghreb, à raison de 110 litres par personne/an, le Tunisien en consomme entre 80 et 85 et le Marocain entre 70 et 75 litres/an.

Ainsi, depuis le premier jour où la pénurie a commencé à se faire sentir, les ménages ont tellement eu peur qu’ils s’en approvisionnent à profusion. Un état de fait qui a créé une certaine désorganisation dans la chaîne de distribution, même si cette situation n’a fait qu’aggraver une pénurie, qui, à vrai dire, était «opérée volontairement» par des spéculateurs. Du coup, la forte demande sur le lait a laissé place à un réel phénomène qui à son tour donc, contribue à la persistance de la pénurie. Dans la matinée d’hier, le point de vente du complexe laitier Giplait de Birkhadem, à Alger, qui couvre une grande partie des besoins de la capitale en lait en sachet, a enregistré une forte affluence des consommateurs. Alors que les lève-tôt ont été servis, à peine 10 heure passée, les retardataires devront attendre l’après-midi, pour pouvoir s’offrir le lait en sachet. Autrement, revenir bredouille chez soi ! Dès lors, plusieurs questions taraudent l’esprit. À quelle heure commence la vente, et quelle quantité est destinée aux ménages ? Le quota du besoin réel est-il disponible ?
Mourad, l’un des agents vendeurs sur place s’est montré disposé à expliquer cette situation d’anarchie. «La vente en détail commence à 7 heures du matin pour accueillir et faire face aux immenses chaînes humaines qui sont presque interminables», a-t-il présenté d’emblée la situation avant d’ajouter que lui et ses collègues «veillent à ce que les files d’attente soient organisées». Un souci qu’il faut vite évacuer pour permettre à tout le monde de revenir chez lui avec la provision.
À propos du quota, qui était à ce moment là déjà épuisé, le vendeur a évoqué une quantité écoulée de 5000 litres de lait en sachet de 25 DA. «Comme les ménages ont peur de manquer de lait en sachet, ils en achètent en quantités. Donc, ils s’organisent en bons prévisionnistes qu’ils sont», tente-t-il d’expliquer encore. «Certains refont même la queue et prennent jusqu’à 15 à 20 litres», a témoigné notre interlocuteur, alors que d’autres parmi les moins chanceux ont patienté jusqu’à 14 heures pour s’en procurer. Interrogé au sujet du niveau de disponibilité du sachet en lait, un peu plus d’une semaine après la pénurie ressentie dans plusieurs régions du pays, Mourad a du constater une baisse de la tension chez les consommateurs. «La tension de la pénurie a nettement baissé par rapport aux débuts de la disette. Mais, les distributeurs devront tout de même faire attention», a-t-il mis en garde. À vrai dire, il y a quelques jours, le ministre de l’Agriculture a réagi énergiquement pour dénoncer des spéculateurs à l’origine, selon lui, d’une pénurie provoquée volontairement dans le but de trouver un prétexte pour augmenter les prix du lait. Ce qui est hors de question pour le ministre Abdelkader Bouazghi, qui a rassuré du maintien du prix de 25 DA le sachet de lait alors qu’il a révélé la fermeture de 4 laiteries accusées de détournement de la matière première subventionnée par l’État à d’autres fins que la fabrication de ce produit vital. Sur ce, justement, «les travailleurs au sein du complexe ont été chargés d’établir le nombre des quotas partagés afin de déterminer la traçabilité et de s’assurer que les distributeurs ne détournent ce lait subventionné par l’État», a confirmé notre interlocuteur.
Mohamed Amrouni